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Tout, tout, tout, vous saurez tout sur les Pessi

Par Quentin Ballue

Actifs depuis 2020, les Pessi ont retrouvé la lumière ces derniers jours en débarquant sur LinkedIn et en recevant les éloges du streamer star AmineMaTue. Les autoproclamés « GOAT de Twitter », représentés par un Messi chauve, brillent par leur absurdité et leur pouvoir de nuisance. Des présentations s'imposent.

Tout, tout, tout, vous saurez tout sur les Pessi

Lionel Messi a provoqué une levée de boucliers à Hong Kong en restant spectateur d’un match amical où le public voulait absolument le voir en action. Depuis quelques jours, les utilisateurs de LinkedIn s’arrachent aussi les cheveux à cause de lui. Enfin, presque. Une armée de Messi chauves a débarqué sur le réseau social professionnel. Leur nom : les Pessi. Un certain « Onion » aurait ouvert la voie et ainsi « chamboulé l’histoire de Twitter » en août 2020. Son Messi version boule de billard est repris en photo de profil par d’autres Twittos. Le mouvement prend peu à peu de l’ampleur sous l’étiquette des Pessi. Un nom issu de la contraction de Messi et penalty, à l’origine pour se moquer de ses pénos ratés (31 échecs sur 140 tentatives en carrière, NDLR), sur le modèle de l’illustre Penaldo. Mais sur ce terrain encore, l’Argentin a dépassé son meilleur ennemi.

Rock’n troll

La première fois qu’il a croisé des Pessi, @Grocrane reconnaît volontiers qu’il a eu du mal à accrocher. « Je les trouvais très agaçants avec leur copier-coller débile sous Actu Foot. » Il a fini par monter à bord du train en 2021 en voyant la solidarité de la communauté, comme « quand un Pessi se faisait insulter et qu’une centaine d’autres arrivaient pour le défendre ». « Les Pessi sont très soudés entre eux et il y a beaucoup de bons délires entre nous. On se connaît quasiment tous, on a notre façon de communiquer, de se taquiner… On s’entraide comme on peut. C’est comme si c’était une famille en quelque sorte. » Il a lui-même réalisé quelque 1200 photos de profil de Pessi, en y consacrant parfois plusieurs heures par jour. Des passes décisives en veux-tu en voilà, normal pour des disciples de La Pulga.

@PessiBdh, lui, a pris sa licence l’an dernier. « J’ai rejoint cette communauté pour son palmarès. Être un Pessi, c’est une ferveur. J’ai l’impression d’avoir une deuxième famille. Pour moi, personne ne rivalise avec les Pessi », confie l’adolescent, âgé de 16 ans. Comme le suggèrent les plateformes où ils se réunissent (Twitter, Discord) et leur manière de s’exprimer, les Pessi sont jeunes, parfois même mineurs. Outre l’inévitable montage du Messi au crâne dégarni, ils se manifestent par un flot de messages plus ou moins compréhensibles d’un point de vue extérieur. « Être Pessi, c’est surtout troller et faire le toxique sous les comptes actus comme Actu Foot, Mediavenir, résume @Grocrane. C’est parler avec un vocabulaire absurde, […] faire le gamin sur Twitter à base de “feur”, “chiale”, “ratio”, “miaule”, etc. » De même, ils remplacent souvent la première lettre des mots par un « p », pour faire l’apologie de Pionel Pessi ou semer la zizanie sur Pwitter. Tantôt marrant, tantôt agaçant, toujours déroutant.

Elon Musk, Ouïghours et cassoulet

Les Pessi ont utilisé leur force collective à des fins totalement loufoques, par exemple pour demander à Elon Musk d’envoyer l’un d’eux sur Mars. En 2021, « le compte d’Elon Musk a été bombardé de plus de 56 000 tweets, une vraie masterclass », souligne @Grocrane. Mais les actions pessianiques sont parfois destinées à défendre des causes. Toujours avec le même procédé, « cibler des personnalités frauduleuses de Twitter et les noyer de commentaires ». Il y a trois ans, ils ont mené un raid sur les comptes de Pierre Ménès et Gérald Darmanin, accusés d’agression sexuelle. Ils ont également visé l’ambassade de Chine pour dénoncer le traitement des Ouïghours, envoyant alors le hashtag #RaidPourLesOuïghours en tendance, et pris la défense des ouvriers travaillant à la construction des stades de la Coupe du monde au Qatar avec le hashtag #PessiVSQatar2022, lui aussi arrivé dans les tendances du réseau. @PessiBdh revendique fièrement d’avoir « organisé le second plus grand raid de l’histoire des Pessi, sur deux jours, en décembre, contre Cyril Hanouna. Il avait tenu des propos politiques absolument inadmissibles sur la guerre israélo-palestinienne. Au total, on a posté près de 70 000 commentaires. »

Les cibles sont souvent dépourvues de solutions. Le polémiste d’extrême droite Jean Messiha, totalement dépassé, avait directement appelé ses followers au secours pour éviter de couler : « J’ai besoin de vous ! À 19h, les Pessi vont polluer mes postes avec des milliers de messages à la con. Il s’agit d’une armée de trolls antinationaux. Atomisez-les en les signalant massivement ! » La ministre Marlène Schiappa, elle, avait momentanément mis son compte en privé et déposé plainte. L’élue Renaissance Sandrine Le Feur en a fait de même en ce début d’année. La députée du Finistère a reçu des milliers de messages, non pas pour la critiquer, mais en raison… de son patronyme. Sur LinkedIn, elle a ainsi expliqué : « J’ai la malchance d’avoir le mot Feur dans mon nom, qui se trouve être apparemment leur commentaire de ralliement. » Les Pessi ont en effet pris l’habitude de répondre « feur » à tous les « quoi » – une blague qui faisait fureur dans les cours de récré il y a une quinzaine d’années. Le mot est devenu une marque de fabrique des Pessi. Des commentaires absurdes, et à la limite du cyberharcèlement.

Un Pessi, mineur, avait d’ailleurs été placé en garde à vue dans le cadre d’un raid contre le pass sanitaire en 2021. Il avait copié-collé 300 fois la recette du cassoulet sous un tweet d’Emmanuel Macron. « Nos raids sont considérés comme du harcèlement de masse, mais ce n’est pas ce que nous recherchons. De plus, il n’y a aucune insulte, juste des messages qui n’ont aucun sens », répond @Grocrane. « Soyons objectifs, les Pessi ne sont pas parfaits et ont fait des erreurs quelques fois, c’est la vérité », admet @PessiBdh. En dépit de l’image controversée de la communauté, les Pessi projettent « d’envahir encore plus de réseaux, ou même de se faire connaître dans le monde entier ». Qui sait, Pionel Pessi soulèvera peut-être un jour le Pallon d’or. À condition de ne pas prendre de carton rouge, car comme le rappelle justement l’article 3 du règlement de la communauté, « un Pessi qui menace, insulte ou harcèle est un Pessi finito ».

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