S’abonner au mag
  • Ligue 1
  • J1
  • PSG-Caen

Symphonie pastorienne

Par Mathieu Faure
3' 3 minutes
59 Réactions
Symphonie pastorienne

Javier Pastore, qui a rejoint la Roma cet été, va être honoré par le Parc des Princes avant la rencontre face à Caen. Sept saisons au PSG, 269 matchs joués, mais toujours le même sentiment : celui d’un gâchis.

Décembre 1995, premier conseil de classe de la 5e C du collège Marais de Villiers, à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Madame Juan, professeur de français et prof principale de la classe, synthétise l’appréciation sur le bulletin scolaire : « Malgré des grandes capacités, a trop tendance à faire le strict minimum. Se repose trop sur ses lauriers. » Une appréciation qui collerait parfaitement avec la carrière de Javier Pastore, de retour au Parc des Princes ce dimanche soir pour y être célébré, lui qui a rejoint la Roma au cours de l’été. Pastore, 29 ans, 269 matchs et 19 titres remportés avec le PSG, n’aura finalement jamais été le patron de l’équipe parisienne. Pourtant, c’était lui le premier « crack » recruté par les Qataris en 2011, pour un transfert de 42 millions (un deal il est vrai gonflé à l’époque par la venue de Sirigu) en provenance de Palerme.

Un septennat sous le maillot parisien entre 22 et 29 ans, soit les plus belles années d’un footballeur, pour un savant mélange de coups d’éclat sans lendemain, de blessures, de méformes, de spleen, de déceptions, le tout entrecoupé de trop rares promesses d’un lendemain meilleur. Sept saisons, une seule pleine (2014-2015) et un rendement rarement décisif sur la totalité d’un match à enjeux. Une action de génie contre Chelsea en fin de match, une première période à Mestalla, un récital au Nou Camp, une partition de costaud à Stamford Bridge, voilà tout.

Intermittent du spectacle

L’intermittent du spectacle a fait à Paris ce qu’il faisait déjà à Huracán et Palerme : briller quand on commençait à douter de lui. Ou s’endormir quand on s’imaginait bâtir l’équipe autour de son extérieur du pied, c’est selon. Pastore au PSG, c’est l’histoire d’un rendez-vous manqué. L’art permanent du contre-pied, ce qui sied plutôt bien à son jeu, au fond. On peut aussi évoquer la sélection argentine où malgré une trentaine de sélections, l’ancien numéro 27 de la capitale n’aura jamais pesé sur un grand tournoi (dans les 23 pour le Mondial 2010, pas convoqué en 2014 et 2018) à l’exception de la Copa América 2015 (qui coïncide avec sa meilleure saison au PSG), où il s’est incliné en finale et a inscrit son premier but en compétition officielle avec l’Albiceleste lors de la demi-finale contre le Paraguay. Finalement, Pastore n’aura jamais vraiment été un élément de premier plan de l’équipe nationale. Juste un éclair.

À bientôt 30 ans, El Flaco n’a plus de temps à perdre. Le génie, il l’a toujours eu. Mais pour le moment, l’homme de Córdoba suit la trajectoire de Juan Román Riquelme, Mathieu Bodmer ou Hatem Ben Arfa. À savoir des joueurs au talent unique, fabuleux, délicieux, mais qui, par manque de chance-travail-continuité-mental-amour, sont passés à côté d’une immense carrière. Ces garçons avaient tout pour dominer leur sport et être les meneurs de leurs équipes, des MVP en puissance. Ils ne l’auront fait que par intermittence, laissant bien souvent traîner les regrets derrière leur passage. Dans un Parc des Princes qui avait rapidement fait de lui sa coqueluche, Javier Pastore va recevoir de l’amour. Il sera sans doute ému. Peut-être va-t-il pleurer tant il marqua le club à sa manière. Mais dans 20 ans, quand on se repassera ses exploits sur YouTube, on ne pourra pas s’empêcher de se dire à haute voix : « et si… » Mine de rien, Javier Pastore va faire sa carrière sur ce sentiment. Il aura fait une belle carrière, c’est certain, mais il avait le talent pour en faire une tout autre. On aurait tellement aimé lui décerner les félicitations à chaque trimestre…

Pourquoi Deschamps est le candidat parfait pour retaper l’Italie

Par Mathieu Faure

À lire aussi
cdm-removebg-preview
January 28, 2026, Lisbon, Lisbon, Portugal: Anatoliy Trubin of SL Benfica celebrates a goal during the UEFA Champions League 2025/26 League Phase MD8 match between SL Benfica and Real Madrid C.F. at Estadio do Sport Lisboa e Benfica on January 28, 2026 in Lisbon, Portugal. (Credit Image: © Irina R. Hipolito/AFP7 via ZUMA Press Wire)   - Photo by Icon Sport
January 28, 2026, Lisbon, Lisbon, Portugal: Anatoliy Trubin of SL Benfica celebrates a goal during the UEFA Champions League 2025/26 League Phase MD8 match between SL Benfica and Real Madrid C.F. at Estadio do Sport Lisboa e Benfica on January 28, 2026 in Lisbon, Portugal. (Credit Image: © Irina R. Hipolito/AFP7 via ZUMA Press Wire) - Photo by Icon Sport
  • Mondial 2026
Le XI des joueurs qui vont rater le Mondial

Le XI des joueurs qui vont rater le Mondial

Le XI des joueurs qui vont rater le Mondial
Les grands récits de Society: Daft Punk's Not Dead
  • Légende
Les grands récits de Society: Daft Punk's Not Dead

Les grands récits de Society: Daft Punk's Not Dead

Alors que Thomas Bangalter est partout, du nouveau film de Cédric Jimenez au nouvel album d'Orelsan en passant par la fête de fermeture du Centre Pompidou, c'est le moment de relire notre grand récit sur la fin de Daft Punk !

Les grands récits de Society: Daft Punk's Not Dead
Articles en tendances

Votre avis sur cet article

Les avis de nos lecteurs:

C'est une putain de bonne question !

L'Italie doit-elle arrêter le foot ?

Oui
Non
Fin Dans 2j
146
60

Nos partenaires

  • #Trashtalk: les vrais coulisses de la NBA.
  • Maillots, équipement, lifestyle - Degaine.
  • Magazine trimestriel de Mode, Culture et Société pour les vrais parents sur les vrais enfants.