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Ruben Paz : « Ça va être difficile de nous battre »

Propos recueillis par Aquiles Furlone
Ruben Paz : «<span style="font-size:50%">&nbsp;</span>Ça va être difficile de nous battre<span style="font-size:50%">&nbsp;</span>»

Idole du football uruguayen, ancien du Matra Racing et élu meilleur joueur sud-américain en 1988, l’ancien international uruguayen, Ruben Paz connaît Óscar Tabárez depuis plus de 30 ans. Et il en est persuadé, « El Maestro » de la Celeste va encore faire des miracles en Russie.

Quel regard portez-vous sur l’Uruguay ? La Celeste a réalisé de bonnes performances ces dernières années. C’est une équipe expérimentée et jeune à la fois, il y a des cadres comme Muslera, Godín, Cáceres, Suárez ou Cavani, mais aussi des jeunes qui n’ont jamais disputé un Mondial. Le fait qu’Óscar Tabárez soit en place depuis des années constitue un avantage par rapport aux autres sélections ? Sans aucun doute. Lors de sa première étape (en 1989-1990) en tant que sélectionneur, il m’avait convoqué plusieurs fois, mais l’équipe n’était pas aussi compétitive qu’aujourd’hui.

Regardez les Argentins, ils ont des bonnes individualités, mais ils n’ont jamais compris où voulait en venir Sampaoli.

On sortait d’une période très instable qui me rappelle ce qu’est en train de vivre actuellement la sélection argentine. Les coachs défilaient, et le projet sportif avait du mal à se mettre en place. Lorsqu’il a repris de nouveau la sélection en 2006, Tabárez est revenu avec un plan précis, des certitudes qu’il a transmises à tout le football uruguayen. Désormais, tous les joueurs de la Celeste ont les idées claires. Il n’y a plus de place pour l’improvisation, et ça, c’est quand même un énorme avantage. Regardez les Argentins, ils ont des bonnes individualités, mais ils n’ont jamais compris où voulait en venir Sampaoli. El Maestro Tabárez est une garantie pour nous. En plus il dispose d’un très bon groupe. On a des joueurs expérimentés, des stars, des combattants, des techniciens et des jeunes qui ont envie de tout donner pour la Celeste. Tous les Uruguayens ont vraiment confiance en ce groupe de joueurs.

Vous avez disputé deux Coupes du monde avec l’Uruguay, dont une sous les ordres de Tabárez (1990). Il existe une grande différence entre votre génération et celle de 2018 ? C’est incomparable. Aujourd’hui, tout est mieux organisé en sélection. Il y a un projet sérieux, respecté de tous. Tabárez a redonné une véritable identité à la Celeste. Le centre d’entraînement est magnifique, et logistiquement, tout est carré. À l’époque, je me souviens que l’équipe ne savait même pas où elle allait dormir, chaque déplacement était une galère, donc forcément, ça avait un impact direct sur les résultats…

Tabárez a beaucoup changé depuis 1990 ? C’était un entraîneur jeune, mais déjà très compétent. En 1987, il avait remporté la Copa Libertadores avec Peñarol. Après la finale de Copa América 1989 (défaite contre le Brésil) et le Mondial en Italie, il a entraîné en Europe, où il a acquis de l’expérience, appris des nouvelles choses. Toute cette expérience accumulée depuis 30 ans fait de lui un sage. Ça a toujours été un type tranquille, serein et pédagogue. Il a aussi compris que son métier avait changé et il s’est adapté. Avant, les sélectionneurs pouvaient travailler un mois entier avec leurs joueurs, plus aujourd’hui. Lorsqu’il est revenu en 2006, il avait en tête un projet global de réforme, une feuille de route pour toutes les sélections uruguayennes. Aujourd’hui, par exemple, la sélection des U15 suit la même méthodologie que l’équipe qui dispute le Mondial en Russie. Au-delà de ça, Tabárez a permis aux footballeurs uruguayens d’être respectés dans le monde entier et de redorer le blason de la Celeste. Pour notre football, El Maestro a été fondamental.

Même si l’Uruguay reste une équipe accrocheuse, est-ce que l’on peut dire que la garra charrúa fait partie du passé ?

La garra charrúa aujourd’hui, je dirais que c’est plus une sorte d’énergie qu’autre chose. C’est un truc quasi mystique qui permet aux joueurs d’avoir un regain de fierté lorsqu’il faut puiser au fond de soi dans les moments difficiles.

La garra fait partie de notre ADN, de notre histoire. Elle est encore très ancrée chez le footballeur uruguayen, mais on ne se repose plus que sur ça, c’est clair. La Celeste joue plus au ballon aujourd’hui. Les joueurs continuent de s’arracher au duel, mais être agressif ne garantit plus de gagner des matchs. Pour l’emporter, il faut jouer au ballon. Si tu ne traites pas bien le ballon, tu ne peux pas gagner, c’est impossible. La garra charrúa aujourd’hui, je dirais que c’est plus une sorte d’énergie qu’autre chose. C’est un truc quasi mystique qui permet aux joueurs d’avoir un regain de fierté lorsqu’il faut puiser au fond de soi dans les moments difficiles. Avec cette Garra, cette énergie, on peut gagner un match, mais pour aller loin dans une compétition ça ne suffit pas. Si l’Uruguay a atteint les demi-finales du Mondial 2010, c’est parce qu’il y avait des bons joueurs, une bonne attitude collective, du jeu et évidemment de la garra. Ce sont tous ces facteurs-là réunis qui font la différence. Les Uruguayens ont faim de triomphe. On est un petit pays de trois millions d’habitants, mais on a vu que l’on pouvait rivaliser avec tous les pays. Ça va être difficile de nous battre.

Vous pensez que cette équipe peut faire encore mieux qu’en 2010 (quatrième place) ? Mieux, je ne sais pas. En revanche, je suis sûr qu’on a ce qu’il faut pour finir dans le dernier carré de la compétition.


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Propos recueillis par Aquiles Furlone

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