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Qu’est-ce qui attend Achraf Hakimi dans son procès pour viol ?

Accusé de viol, Achraf Hakimi passera devant la cour criminelle. Ce genre d’affaires est complexe et, dans la majorité des cas, classé sans suite. Que se passera-t-il pour Hakimi ?
« c très grave », « on va le dépouiller », « il me viole », « il m’a attrapé la bouche », « Je v le bz » sont des messages envoyés par une jeune femme à son amie la nuit du 25 février 2023. Celui dont elle parle, c’est Achraf Hakimi.
Toujours présumé innocent, le joueur du Paris Saint-Germain est aujourd’hui envoyé en procès pour viol. Depuis le 27 février 2023, le Marocain est visé par une enquête préliminaire en raison d’accusations portées contre lui. La jeune femme raconte avoir tissé des liens avec le joueur sur Instagram, qu’elle s’est rendue chez lui à Boulogne-Billancourt et que Hakimi aurait commis des attouchements avant de la violer. Hakimi, quant à lui, dément et accuse cette femme de vouloir l’extorquer. En août dernier, le parquet de Nanterre a rendu son réquisitoire définitif demandant un procès. Le Ballon d’or africain passera finalement devant la cour criminelle. Une décision qu’il conteste sur son compte X : « Aujourd’hui, une accusation de viol suffit à justifier un procès, alors même que je la conteste et que tout démontre qu’elle est fausse. C’est aussi injuste pour les innocents que pour les victimes sincères. J’attends avec calme ce procès qui permettra que la vérité éclate publiquement. »
Aujourd’hui une accusation de viol suffit à justifier un procès alors même que je la conteste et que tout démontre qu’elle est fausse. C’est aussi injuste pour les innocents que pour les victimes sincères. J’attends avec calme ce procès qui permettra que la vérité éclate…
— Achraf Hakimi (@AchrafHakimi) February 24, 2026
Pourtant, la juge d’instruction a bel et bien décidé d’envoyer Hakimi devant la cour criminelle. Maître Marion Berthe, avocate au barreau de Paris en pénal, estime que si la juge n’a pas donné de non-lieu, c’est parce qu’elle avait assez d’éléments à charge contre le joueur. Rappelons qu’en 2024, une étude de l’Institut des politiques publiques estimait que dans les affaires de violences sexuelles, le taux de classement sans suite était compris entre 86% et 94% des cas. Hakimi passera donc devant la cour criminelle, « une juridiction créée pour les crimes punis de 15 à 20 ans de réclusion criminelle, les viols sans circonstances aggravantes sont concernés », explique l’avocate. D’ici là, le joueur reste libre, mais Me Berthe suppose qu’il sera sous contrôle judiciaire tout de même. « Lors de son jugement, Hakimi doit être jugé comme tout le monde », rappelle-t-elle, évoquant le principe d’égalité devant la loi.
Quelles conséquences pour Hakimi ?
À la suite du procès, il y a plusieurs issues possibles pour Hakimi. « Soit il est acquitté, ce qui veut dire que la cour constitutionnelle considère qu’il n’y a pas assez d’éléments pour entrer en voie de condamnation ; soit il va être déclaré coupable et condamné à encourir une peine maximale de 15 ans. Il peut aussi faire appel, mais alors il sera jugé devant la cour d’assises », explique l’avocate avant d’ajouter que « s’il est déclaré coupable, ensuite, il peut soit avoir une peine avec sursis soit avoir une peine ferme ». Et là, tout dépend de ce qu’il se passera pendant le procès qui, si la plaignante le demande, pourrait se passer à huis clos, puisqu’il s’agit d’une affaire de viol.
D’expérience, ce sont des dossiers extrêmement compliqués parce que, bien souvent, c’est la parole de l’un contre celle de l’autre.
« S’il est coupable, il sera automatiquement inscrit au FIJAIS, un fichier qui répertorie les délinquants sexuels. » Mais comment prouve-t-on cela ? Me Berthe explique que ce genre de procès est difficile : « D’expérience, ce sont des dossiers extrêmement compliqués parce que, bien souvent, c’est la parole de l’un contre celle de l’autre. Ce qui est très rarement contesté, c’est le rapport. Tout le débat repose souvent sur le consentement de celui-ci. » Ici, Hakimi conteste le rapport sexuel et, dans sa version, indique qu’il a eu des étreintes mutuelles et des échanges de baisers consentis. La plaignante, elle, indique qu’il y a eu pénétration. Comme le dit l’entraîneur du PSG, Luis Enrique, maintenant « c’est entre les mains de la justice ».
Désiré Doué ne s’est pas senti concerné par les reproches d’Ousmane DembéléPar Ethan Ameloot
Propos de Me Berthe recueillis par EA.





















































