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  • Euro 2012
  • Luxembourg/Bosnie (0-3)

On était à Luxembourg-Bosnie

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On était à Luxembourg-Bosnie

Une fanfare, des torses nus, une dame aux cheveux de feu. Un Luxembourg-Bosnie, ça se vit dans l'enfer du stade Josy-Barthel et nulle part ailleurs.

Paraît que ceux qui aiment vraiment le football ne prennent pas la peine de se déplacer pour voir jouer la sélection luxembourgeoise. C’est marrant, pourtant ; ils devraient. Ne serait-ce que pour écouter des tubes de dancefloor d’il y a deux ans pendant qu’ils intègrent les tribunes ou se demander à quoi sert vraiment le lion rouge couronné qui fait office de mascotte. Hier, en tout cas, le stade Josy-Barthel a attiré 7327 courageux. Faut dire qu’il y avait une motivation de taille. Pas les supportrices bosniaques qui compensent leur mec bourré et leur chapeau ridicule par un physique intelligent, non. Plutôt une fanfare hors du commun qui compte parmi ses membres une rouquine derrière une trompette et le sosie capillaire de Bill de Tokyo Hotel au bout d’un saxo.

C’est devant cet orchestre de rêve que les équipes font leur entrée. La vraie. Pas celle d’il y a 15 minutes où les joueurs sont venus faire des jongles devant les cages pour montrer leur nouveau survêt Jako. A gauche, caché derrière les enfants bosniaques, le Luxembourg. Et à droite, la Bosnie, donc. Dont Pjanic, qui partage sa nationalité et une partie de son passé avec les Luxembourgeois, et ça se voit dans sa carrure d’homme de quatorze ans. Un supporter leader d’opinion n’en a rien à foutre qu’il fasse 8 degrés et se met torse nu, sur un poteau, dos à la pelouse. Normal. Face à lui, ça fredonne un peu. Le speaker annonce un truc en luxembourgeois. Un mélange d’Allemand et de Paul-Loup Sulitzer. Place au spectacle.

La plaquette de beurre

Au théâtre, on tape trois coups ; en foot bosniaque, on claque trois buts (Idricic, Pjanic, Dzeko). Étalés volontairement sur seize minutes, histoire que les supporters n’aient pas fait le déplacement pour rien. Ensuite, les hommes de Safet Susic calquent leur rythme de jeu sur celui de leurs adversaires : lent. A tel point qu’à la 56ème minute, Spahic se permettra de refaire ses lacets en défense centrale dans son camp alors que pas très loin, le milieu luxembourgeois, Gerson, évolue avec le ballon et le fol espoir que ça aboutisse à quelque chose.

Les Roud Leiwen, eux, jouent comme d’habitude, en 4-5-1 cerise griotte. A la seule différence que depuis la récente arrivée du sélectionneur Luc Holtz, ils forment un bloc beaucoup trop haut, laissant ainsi suffisamment de boulevards entre les lignes pour que la défense devienne aussi solide qu’une plaquette de beurre esseulée à l’extérieur d’un frigo. Et puis en attaque, l’efficacité n’est pas ce qui prime non plus. Hasagic, le gardien bosniaque a prévu le coup et en a profité pour venir avec son plus beau polo rose poudré, convaincu qu’il ne craindrait rien. 0-3, au revoir.

Après le match de football qui a duré un quart d’heure plus une minute, les Bosniaques, grands seigneurs, ont partagé pendant soixante-quatorze minutes l’un de leurs entrainements avec les joueurs du Luxembourg. Sympa. Ça permet de faire croire aux hôtes qu’ils n’ont pas été si dominés que ça et de s’économiser entre deux tacles secs en vue de la rencontre de mardi contre les Bleus. Ah, au fait, Safet Susic pense que son équipe n’en est pas une grande mais surtout que la France, elle, si. Au terme de la rencontre, il avouera même que son 4-2-3-1, qui comprend une part de risques trop importante, a peu de chances d’être reconduit mardi. On ne pourra pas le vérifier, car mardi, il est hors de question qu’on aille à Sarajevo.

Noémie Pennacino

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