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On a maté Italie-Croatie à Rome

Par Lucas Duvernet-Coppola, à Rome
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On a maté Italie-Croatie à Rome

Pour le deuxième match de poule de la Nazionale depuis Rome, sofoot.com a choisi San Lorenzo. À savoir le quartier de Rome étudiant collé à Termini, historiquement antifasciste et romaniste.

Le patron du petit bar situé derrière l’église principale de San Lorenzo a autre chose à faire que de servir les clients : « Putain, y a l’Italie qui joue, là ! » Ce sont donc les deux serveuses qu’il emploie qui se chargent de rassasier la soixantaine de personnes présentes dans son établissement en alcool. Le patron a les bras tatoués, un T-shirt rouge et la langue percée. Il s’appelle Demetrio. Demetrio a la quarantaine, un début de ventre et l’a promis à ses serveuses, il ne va pas faire le con aujourd’hui : « Vous inquiétez pas, je vais rester à l’eau. » Puis arrive la composition de l’Italie : « Putain, mais Prandelli a rien changé ! Ils font chier, putain ! » Alors, Demetrio se sert une bière : « Ça va, c’est juste une pinte. »
San Lorenzo est un quartier qui se transforme au fil de la journée. L’après-midi, le coin a l’allure d’un petit village de province, avec des anciens qui font leurs courses et parlent des choses de la vie sur des bancs. Le soir, les étudiants envahissent l’espace et remplissent les terrasses qui fleurissent comme par enchantement. Le match étant à 18h, le bar était rempli d’un joli mélange d’anciens et d’étudiants. Le point commun : personne ne chante l’hymne italien, seulement ponctué d’applaudissements. C’est que, comme le clame tout fort un homme d’une soixantaine d’années, « la vraie nation, c’est Rome » . Pourtant, lorsque l’arbitre siffle le coup d’envoi, il n’y a rien à faire, il n’y a rien à commander, l’Italie joue, et malgré tout, on la supporte et l’encourage. Ne pas croire, toutefois, que l’ambiance est festive. En fait, c’est tout le contraire. Un match de la Nazionale n’est pas une kermesse, c’est une souffrance. Les anciens regardent leur onze favori taquiner le cuir en silence, concentrés et attentifs. Les mains parlent plus que les bouches. Parfois, la Madone ou Dieu sont invoqués, le plus souvent en l’insultant – les fameux blasphèmes dont les Italiens ont le secret. Les jeunes, plus portés sur l’alcool, sont plus véhéments. Demetrio, lui, offre une tournée de shots à son équipe (ses deux serveuses et lui) avant le premier quart d’heure de jeu. Le but de Pirlo libère tout le monde. « Prenons-nous un autre putain de shot » , balance, hilare, le patron, dont le verre d’eau trône près de la caisse, encore rempli.
Hélas, entre le but de Pirlo et la fin du match, il y a eu l’égalisation de la Croatie. Comme dans toutes les histoires qui sentent la déception et ressemblent aux défaites, il fallait trouver un bouc émissaire. Dans ce bar de San Lorenzo, c’est Giaccherini qui a pris. « C’est pas un joueur, c’est un ouvrier, faites-lui construire des FIAT » , hurle un trentenaire en romain, à l’adresse du joueur de la Juventus. « Mais c’est qui, ce Giaccherini, putain ? » , demande un vieux monsieur. « Un des sept nains de Blanche-Neige » , lui répond, au fond du bar, un type accoudé au comptoir. « C’est bien ce que je me disais » , renchérit l’homme aux cheveux blancs. Lequel voit tout rouge quand Prandelli décide de faire sortir Balotelli, et non pas Cassano. « De toute façon, sans Sivori, ça va être compliqué » , énonce-t-il de façon définitive. La dizaine d’amis qui l’entoure approuve en hochant la tête en silence. De fait, l’Italie n’arrivera pas à reprendre l’avantage. Demetrio invite un potentiel consommateur à commander sa boisson aux serveuses, lui étant trop occupé. Un autre blasphème, une autre tournée de shots et un verdict : « On est dans la merde. »

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