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Oleksandr Karavayev, la lumière du Dynamo Kiev

Par Quentin Ballue
Oleksandr Karavayev, la lumière du Dynamo Kiev

Si le Dynamo Kiev peut encore espérer atteindre la phase de poules de la C1, c’est en grande partie grâce à Oleksandr Karavayev. Buteur contre Fenerbahçe puis face à Graz, le couteau suisse de Mircea Lucescu s'est rappelé au bon souvenir du temps où, tout jeune, il jouait attaquant. L'occasion de braquer les projecteurs sur un joueur respecté mais souvent sous-estimé, déterminé à franchir les barrages. Pour son club et pour son pays.

À la surprise générale, après quatre matchs cette saison, le meilleur buteur du Dynamo Kiev ne s’appelle ni Artem Besyedin, ni Viktor Tsyhankov, mais bien Oleksandr Karavayev. Buteur seulement deux fois lors de ses 101 premiers matchs avec les Bilo-syni, l’international ukrainien a sorti les siens d’un bien mauvais pas contre Fenerbahçe en marquant, en sortie de banc, le but de la qualification lors du deuxième tour préliminaire de la Ligue des champions. Propulsé titulaire contre le Sturm Graz le match suivant « grâce » à la blessure de Vyktor Tsygankov à l’échauffement, le numéro 20 a une nouvelle fois fait mouche en venant couper un centre dans la surface. Mircea Lucescu n’en attendait pas tant, même si Karavayev est habitué à répondre présent. À tout moment, malgré son statut d’intermittent.

100% pastèque, 0% melon

Largement chamboulée par l’invasion russe, l’année 2022 du Dynamo Kiev se résume jusqu’à présent à quatre matchs officiels, et des amicaux à la pelle. Dans le cadre de sa tournée pour la paix, le club a pu se frotter à sept adversaires entre avril et mai (dont Galatasaray, Cluj, Bâle et Dortmund), avant d’attaquer la préparation de la nouvelle saison en jouant Berne, Sion ou encore Lyon. Des oppositions qui pallient difficilement sept mois sans aucune compétition quand on aspire à un parcours en Ligue des champions. D’autant que le Dynamo se retrouve privé de son stade et contraint de jouer « à domicile » au cœur de la Pologne, à Łódź, à 800 kilomètres de Kiev. Et si Karavayev rend de fiers services à son équipe sur le terrain, le garçon originaire de Kherson doit vivre en sachant que sa ville, où habitent encore ses parents, est toujours sous administration russe. Au mois d’avril, le joueur est aperçu à Bucarest avec son coéquipier Denys Boyko lors d’une manifestation de soutien à l’Ukraine. Quelques jours plus tard, alors que les combats font rage dans le Donbass et sur le front sud, il quitte une conférence de presse en larmes.

« J’ai essayé de leur envoyer des médicaments, mais nous avons entendu dire que les Russes confisquent tout ce qui a de la valeur. Ils sont près de la mer et entendent des tirs tous les jours en direction d’Odessa et de Mykolaiv », racontait-il au Time en mai. « Il joue pour sa famille et pour l’Ukraine, abonde Andrew Todos, journaliste fondateur du média Zorya Londonsk. Depuis le début de la guerre, il a vraiment été très performant, comme si le contexte lui donnait un surplus d’inspiration et de motivation. » Sur les réseaux sociaux, son affiliation à Kherson lui a valu d’être associé à… la pastèque, fruit emblématique de cette région de l’Ukraine. Chaque année, la tradition veut qu’un bateau rempli de pastèques quitte la ville sur le fleuve Dniepr pour rallier la capitale Kiev. Et comme le fruit à chair rouge en plein été, Karavayev semble arrivé à maturité.

À la James Milner

Formé au Shakhtar, où il n’a jamais eu sa chance en équipe première, Karavayev a dû s’aguerrir en D3 avec la réserve du club de Donetsk, puis en D2 à Sebastopol. Il a ensuite explosé au Zorya Louhansk, « où il était probablement l’un des meilleurs joueurs du pays » dixit Andrew Todos. Si sa pige à Fenerbahçe s’est avérée infructueuse, son retour à Louhansk lui a permis de vite remettre le pied à l’étrier, de claquer 10 buts en 2018-2019 et de rejoindre le Dynamo Kiev dans la foulée. Solidement installé en sélection depuis 2017, il a disputé tous les matchs du dernier Euro comme titulaire. L’aboutissement d’une sacrée aventure pour l’Ukraine, qui avait quelques mois plus tôt tenu en respect le Portugal de Cristiano Ronaldo. Karavayev a d’ailleurs demandé plusieurs fois au capitaine de la Seleção d’échanger leurs maillots, sans recevoir de réponse favorable. Peut-être parce que la Sbirna et son latéral ont sacrément embêté la star en lui prenant quatre points sur la route de l’Euro. Ou peut-être parce que l’Ukrainien a « toujours regardé Lionel Messi jouer », observant « comment il se déplace sur le terrain, comment il agit avec et sans ballon, comment il frappe ». Ce qui explique en partie que Karavayev ait distribué 13 caviars en 45 capes et soit déjà le deuxième meilleur passeur de l’histoire de sa sélection.

Paradoxalement, le jeune trentenaire est un titulaire indiscutable avec la Sbirna au poste de latéral droit, quand il est baladé un peu partout en club, et plus souvent remplaçant que débutant. « Il joue latéral droit depuis longtemps avec l’Ukraine et il s’est montré plutôt fiable. En plus, son duo avec Andriy Yarmolenko fonctionne bien sur le côté. Quand ils jouent ensemble, on dirait qu’ils sont en télépathie, analyse Andrew Todos. Au Dynamo, c’est un peu étrange. Lucescu est assez têtu et il préfère Tomasz Kędziora au poste de latéral droit, Karavayev est un peu unutility player, une sorte de James Milner. Il peut évoluer partout. Il a joué latéral gauche pas mal de fois, il peut jouer latéral droit ou ailier des deux côtés… Lucescu aime garder son onze, quelle que soit la forme des joueurs. On le voit avec Besyedin, qui joue même s’il ne marque pas énormément. Lucescu fonctionne comme ça. »

« Il ne te laissera jamais tomber »

Encore remplaçant pour la manche retour contre Graz, Karavayev a été le premier à sortir du banc. Entré comme latéral, le supersub aux 51 matchs européens a rendu une copie sérieuse. À l’avant-dernière passe sur l’égalisation de Vivcharenko en prolongation, il s’est aussi distingué en prenant Gregory Wüthrich de vitesse pour obtenir un bon coup franc à l’angle de la surface à la 105e. Là où d’autres bouderaient ou iraient taper à la porte de leur coach, Karavayev, qui a appris l’âpreté du combat physique en jouant au hockey, encaisse sans broncher et se remet à bosser. « À tout moment, s’il y a des changements à faire, le Mister peut me libérer. Il m’a répété que les joueurs qui sortent du banc sont très importants pour lui. S’il peut compter sur des joueurs polyvalents, c’est une arme très puissante », appuie le principal intéressé dans un numéro du Clean Podcast.

« C’est un garçon sous-estimé, souvent dans l’ombre, embraye Andrew Todos. Il ne sera jamais une tête d’affiche comme Yarmolenko ou Zinchenko, mais il sera toujours présent, il ne te laissera jamais tomber. C’est un joueur très régulier. » Le genre à qui on confie le capitanat sans trop se poser de questions. Le garçon a hérité du brassard à Louhansk à tout juste 23 ans, mais aussi en sélection momentanément, chez les U19 comme chez les grands. Son coéquipier Sergiy Sydorchuk l’imagine déjà devenir entraîneur. En attendant, Karavayev est prêt à relever le défi offert par Álex Grimaldo et João Mário. Quel que soit son temps de jeu. La provenance du bonhomme est garantie : 100% pastèque, 0% melon.

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Par Quentin Ballue

Tous propos d'Andrew Todos recueillis par QB. Propos de Karavayev tirés du magazine du Dynamo Kiev, du Time et du Clean Podcast.

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Jonathan DAVID of Lille during the Europa Conference League play-off soccer match between Lille and HNK Rijeka at Stade Pierre Mauroy on August 24, 2023 in Lille, France. (Photo by Baptiste Fernandez/Icon Sport)
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