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Ménez, le renard doré

Par Mathieu Faure
4' 4 minutes
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Ménez, le renard doré

Souvent présenté comme un petit con prétentieux, Jérémy Ménez est en train de s'affirmer comme le meilleur joueur francilien depuis le début de saison. A 24 ans, l'ancien Sochalien semble s'épanouir dans le club de son cœur.

15 mai 2004, les moins de 17 piges français marchent sur leurs homologues espagnols (2-1) en finale du championnat d’Europe. Le milieu de terrain français composé d’Ahmed Yahiaoui, Jérémy Menez, Samir Nasri et Hatem Ben Arfa fait saliver tous les émissaires européens venus se palucher sur cette génération 1987. A la sortie du tournoi, Yahiaoui est en haut de l’affiche, la star de la génération 1987, c’est lui. Dans ses pas, Nasri, Ben Arfa, Benzema et Ménez sont juste prometteurs. Sept piges plus tard, tous sont internationaux, sauf Yahiaoui qui vend des maisons en costard-cravate. Dans le lot, Ménez était celui dont on parlait le moins. Moins flashy, sans doute. Le seul qui n’évoluait pas dans un grand club quand ses potes squattaient les rangs lyonnais et marseillais. Ménez, lui, menait sa barque dans le Doubs, à Sochaux, où il a fait ses classes. Sagement. En alignant les crochets, les accélérations et les buts, de temps en temps, entre 16 et 18 piges, le feu follet se fait remarquer. Le mec est prometteur. Sir Alex Ferguson se déplace même dans l’Est de la France pour observer la pile électrique estampillée « plus jeune professionnel de France ». Un rendez-vous classé sans suite.

Aujourd’hui, Ménez a 24 ans. Il n’a jamais semblé aussi fort. Pour autant, les romantiques l’ont attendu. Que ce soit à Monaco, ou à Rome, le natif de Longjumeau – la patrie des 2be3 – n’a jamais convaincu. Problèmes personnels, pas d’encadrement, rébellion, aucune écoute, les problèmes s’accumulaient. On l’avait même classé dans la colonne « gâchis ». On fustigeait sa nonchalance et son égoïsme. En France, personne ne parlait plus de lui. Ménez était devenu un mec habitué à 30 secondes dans l’Equipe du Dimanche. Soit pour un dribble raté, soit pour voir sa ganache tirant la tronche sur le banc de la Roma… C’était avant le Qatari-SG et ses millions d’euros. Des bifetons qui ont convaincu Jérémy de revenir dans son fief et tenter l’aventure parisienne. Le pari était osé.

Mais cette coupe de cheveux…

Souvent catalogué comme joueur à problèmes, Ménez doit faire avec sa réputation de petit branleur. Et dans une ville comme Paris, le postulat est souvent multiplié par dix. Pourtant, depuis le début de saison, le numéro 7 francilien est le joueur le plus régulier de l’effectif. Buteur, passeur, dribbleur, perforateur de défense, l’homme avec un putois sur le crâne met systématiquement les défenses sur les rotules par ses accélérations et crochets. « On dit que je suis trop personnel, mais je n’ai jamais été aussi efficace depuis le début de ma carrière que cette saison » avait-il lâché avant le déplacement à Sochaux. Actuellement, il facture 3 buts et 5 passes décisives. C’est lui qui remue le collectif à chaque prise de balle. Certes, il y a du déchet, mais il tente. Même s’il fait souvent la gueule quand il sort, on sent qu’il prend son pied avec son nouveau maillot. Il prend de l’épaisseur dans le projet parisien imaginé par QSI. On ne va pas se mentir, le lascar s’était sûrement imaginé titulaire à MU ou à la Juve à 25 ans. Aujourd’hui, Ménez a rattrapé une partie de son retard avec le PSG. International depuis peu (9 sélections), il joue plus libéré avec l’Euro 2012 dans le viseur.
On parlerait presque de maturité si on ne connaissait pas si bien le bonhomme. Le numéro 7 francilien a tout pour réussir. On parle quand même d’un jeune homme choyé par Totti pendant trois saison à la Roma, mine de rien. Tout sauf anodin. Un talent brut, indéfinissable, qui s’éparpille de temps en temps. Il semble bien loin le jeune ado de Sochaux. Même quand on essaie de le déstabiliser après le classico en lui prétextant des propos déplacés, il fait le dos rond. Durant le « November rain », il n’a d’ailleurs pas hésité à soutenir publiquement Antoine Kombouaré, son coach. Signe extérieur d’un jeune homme droit dans ses pompes. Sans cette coupe de cheveux franchement douteuse, on se laisserait presque berner par le Ménez 2.0. Pour le moment, on est sous le charme. Mais il en faut plus pour une demande en mariage…

Qu’est-ce que tu as foutu, Angleterre ?

Par Mathieu Faure

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