S’abonner au mag
  • Mondial 2026
  • Demies
  • France-Espagne (0-2)

Bleus : un été de perdu ?

Par Evan Margerin
5' 5 minutes
43 Réactions
Supporters during Projection of France-Spain at Les Quais de la Photo during the Fifa World World Cup 2026 in Paris, France on July 14, 2026. Photo by Leo Malon/ABACAPRESS.COM  - Photo by Icon Sport
Supporters during Projection of France-Spain at Les Quais de la Photo during the Fifa World World Cup 2026 in Paris, France on July 14, 2026. Photo by Leo Malon/ABACAPRESS.COM - Photo by Icon Sport

C’est donc ça, tomber de dix étages. Face à l’Espagne, ce mardi soir, les Bleus n’ont été que l’ombre d’eux-mêmes (0-2). Une défaite aux portes de la finale qui prive l’équipe de France de finir en apothéose leur mission troisième étoile, douchant tout espoir dans l’Hexagone. Un revers au goût très amer.  

101 matchs sur 104. Comme un téléchargement qui plante dans les derniers octets, comme une échappée qui se fait reprendre dans les derniers hectomètres, comme une tarte qui a passé une minute de trop dans le four : tout a été gâché alors que l’équipe de France était si près du but, à savoir une troisième finale consécutive de Coupe du monde. Toute cette excitation, montée dans une lente procession depuis plusieurs mois, évacuée à cause d’un non match comme on foutrait dans l’évier un grand cru bouchonné.

Ce mardi soir, jour de fête nationale, la France s’est couchée avec la tête des mauvais jours. Pourtant, il y avait tout pour que ce 14 juillet 2026 soit mémorable. Un réveil au son des rafales qui laissent passer derrière eux des traînées bleues, blanches et rouges, et une émulation qui s’est fait ressentir toute la journée où les maillots des Bleus étaient présents un peu partout dans les rues, dans les magasins ou dans les fan zones. Mais l’histoire était trop belle et rien ne s’est passé comme prévu. Et le pire, c’était ce mercredi matin. À défaut de passer la nuit à la belle étoile pour fêter une qualif en finale, la troisième a filé lors de cette même nuit. Et en plus il faisait encore 30 degré dans ce foutu appartement. Bref, ça fait mal.

 

La gueule des mauvais jours

Il y avait un roman entier à écrire sur cette bande. La dernière danse de Didier Deschamps, déjà sacré en 2018, et son lot de rebondissements : les deux heures interminables d’interruption lors du France-Irak où bon nombre n’en avaient rien à faire d’arriver au boulot fatigué le lendemain matin, le deuil du coach qui a soudé tout un vestiaire. Kylian Mbappé avait lâché un « vous n’êtes pas seul » avant de se jeter dans ses bras après l’ouverture du score contre la Suède (3-0), pour lui apporter tout son soutien. Il y a aussi eu le France-Paraguay et son déluge de propos racistes, que les Bleus ont su transformer positivement pour devenir « les méchants ». La météo, la politique, la vie : tout semblait liguer contre cette équipe de France mais elle dégageait une force collective, technique et mentale qu’on s’y est vu, sur les Champs-Élysées, à parader avec autre chose que des militaires.

Comparée à celle de l’Euro 2024, soporifique du premier au dernier match, cette équipe tournée vers l’attaque faisait un bien fou. Seize buts marqués en sept rencontres, deuxième meilleure attaque du tournoi derrière les meilleurs ennemis argentins, un capitaine Mbappé (huit réalisations, trois passes dé) qui a fini par se réconcilier avec une bonne partie du public, autant par ses buts que par son abattage défensif et son costume de leader. Tout pour ravir ceux qui ne suivent le foot qu’un mois tous les deux ans. Avec un tel parcours jusqu’au quart face au Maroc (2-0), difficile de ne pas rêver d’un troisième sacre, d’autant que la presse mondiale, les consultants et la footosphère voyaient déjà les Bleus au sommet de l’Olympe. Notre égo gonflé, l’emballement était largement mérité.

Mais où sont-ils passés ?

Ce qui fait le plus mal, au fond, c’est de ne pas avoir reconnu l’équipe qui avait mis des étoiles dans les yeux de 68 millions de Français depuis le 16 juin et ce but stratosphérique du Kyks dans les derniers instants face au Sénégal . Une frustration terrible se dégage de ce non-match, tant les Bleus ne nous ont, cette fois, absolument pas fait vibrer. Aucune accélération dévastatrice de Bradley Barcola, le génie de Michael Olise est resté dans sa lampe, Ousmane Dembélé incapable de rentrer sur son pied gauche pour aller chercher le petit filet opposé. La précision technique tricolore a fait relâche pendant 90 minutes. Après la rencontre, Mbappé a d’ailleurs confié que « même quand on a récupéré le ballon, techniquement les premières passes, les premières touches n’étaient pas dignes d’une demi-finale de Coupe du monde ». Aucun éclair de génie, et l’Espagne a rappelé une évidence : les individualités, c’est bien, mais le collectif, c’est mieux. Une équipe pleine de promesses, qui donnait envie de vibrer, s’en va finalement par la petite porte, sans nous avoir offert un dernier feu d’artifice à se mettre sous la dent, en ce jour de Prise de la Bastille.

Pour autant, hors de question de tout balancer aux oubliettes. Certes, il est impossible de passer plus de 10 minutes au soleil, mais cet été n’est pas perdu pour autant. Ce football offensif porté par les Bleus a régalé et impressionné la planète entière depuis le coup d’envoi de la compétition. Jamais, sous l’ère DD, on n’avait vu cette équipe jouer avec une telle liberté, et ça faisait un bien de fou de ne pas somnoler dans son canapé en attendant que le « tout pour Kiki » finisse par payer. Et puis, quel bonheur de voir une France unie derrière ses joueurs, elle qui passe le plus clair de son temps à se déchirer. L’épisode de la sénatrice paraguayenne, dont on taira le nom, restera le symbole de cet élan : tout un pays derrière son capitaine pour faire rempart aux insultes racistes. Bref, on a kiffé, on y a cru, mais putain que ça fait mal.

Top 10 des défaites de la France contre l'Espagne

Par Evan Margerin

Commentaires

Les membres ont posté 43 commentaires sur cet article. Participez à la discussion en vous connectant .


À lire aussi
Les grands récits de Society: Aramburu : quand l'extrême droite tue
  • Violence
Les grands récits de Society: Aramburu : quand l'extrême droite tue

Les grands récits de Society: Aramburu : quand l'extrême droite tue

Il y a quatre ans, le 19 mars 2022, un ancien joueur professionnel de rugby, Federico Aramburu, était tué en plein Paris par Loïk Le Priol, militant du GUD. Récemment, l'avocat de sa famille dénonçait une différence de traitement entre son cas et celui de Quentin Deranque, militant d'extrême droite décédé après une rixe dans les rues de Lyon.

Les grands récits de Society: Aramburu : quand l'extrême droite tue
Articles en tendances
Logo de l'équipe Espagne
Jour de défaite nationale
  • Mondial 2026
  • Demies
  • France-Espagne (0-2)
Jour de défaite nationale

Jour de défaite nationale

Jour de défaite nationale




C'est une putain de bonne question !

La Coupe du monde des Bleus est-elle un échec ?

Oui
Non
Fin Dans 2j
77
99

Nos partenaires

  • #Trashtalk: les vrais coulisses de la NBA.
  • Maillots, équipement, lifestyle - Degaine.
  • Magazine trimestriel de Mode, Culture et Société pour les vrais parents sur les vrais enfants.