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Menez : « L’AS Monaco peut figurer parmi les meilleurs clubs d’Europe »

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White trash. C'est le titre que So Foot avait donné à un portrait de Jérémy Menez. Comme la chanson de Junior Senior. Sauf que maintenant, Jérémy a grandi, c'est senior tout court. Entretien avec celui dont la saison de Monaco dépend, de l'aveu même de son entraîneur.

Jérémy Menez, ta blessure est ce qui a pu arriver de mieux à Monaco la saison passée. Grâce à ça, ils peuvent te garder un an de plus. C’est sûr, pour eux c’est un mal pour un bien. Maintenant, ils peuvent être certains que je vais rester à 100% et que je suis content d’être là.

Mais dans quel état ? Je vais mieux. Je suis en avance pour l’instant. J’ai repris le jeu avec le ballon et le travail technique. Ce qui est embêtant, c’est que je ne sais pas quand je pourrai reprendre.

Quand tu es arrivé à Monaco, Bölöni comptait t’utiliser dans un rôle d’attaquant côté gauche… Il s’est fait virer au bout de quatre matchs et après j’ai eu besoin de quelques mois d’adaptation avec Banide. Depuis ça va mieux. Là je joue où on me fait jouer, honnêtement je m’en fous.

L’année dernière, tu as eu un accrochage avec Leko à l’entraînement. En externe, Ricardo a pris la défense de ton coéquipier, ne l’as-tu pas mal vécu ? C’est vrai que c’était assez bizarre. Moi je sortais d’une pubalgie, et l’autre me met un tacle exprès. Le ballon était déjà parti et lui, il tacle. Bon maintenant c’est oublié, je cherche pas la polémique, je sais que je suis aimé de mes coéquipiers, ça me suffit.

Cette saison, Monaco a peu recruté. Est-ce que c’est pour faire une saison à la nancéenne ? Non, c’est juste que nous n’avons pas de moyens financiers, enfin c’est ce que l’on nous a dit. Je ne vous cache pas que ça nous a fait peur, car on aurait bien aimé des renforts, on verra, le mercato n’est pas fini.

Il y a aussi le précédent mercato hivernal. Peu banal. Beaucoup de joueurs sont arrivés, certains sont déjà repartis. Comment avez-vous vécu ces transits ? Nous on fait avec. On essaie de les intégrer au mieux sur le terrain, qu’ils soient dans les meilleures conditions, après s’ils partent, ce n’est pas de notre faute.

Pour compenser, Diego Perez parle d’un nouvel état d’esprit dans l’effectif. Qu’en penses-tu ? C’est normal, c’est le début de saison. On l’espère. Maintenant il faudra voir si ça reste pendant les matchs. Ce qui est bien, c’est que les jeunes arrivent et ils poussent. Ça va nous aider.

A t’entendre, tu deviens de plus en plus un taulier dans le vestiaire. De quoi te donner envie de rester ? Ça fait trois ans que je suis ici. Ça peut en surprendre certains, mais si Monaco joue les deux-trois premières places, pour moi c’est parmi les meilleurs clubs d’Europe. Après, si ce n’est pas le cas, je ne pourrai plus me permettre de stagner, il me faudra partir pour un plus gros club.

La suprématie lyonnaise, la stabilité bordelaise, la folie marseillaise, le renouveau parisien sans parler des ambitions stéphanoises. Monaco doit-il nourrir des complexes ? Des complexes, on peut en avoir. Les clubs cités sont peuplés d’internationaux alors il va être difficile de se mettre à leur hauteur. Mais je ne désespère pas. Avec trois recrues, on va pouvoir faire quelque chose. Et si ce n’est pas le cas, on va quand même donner le meilleur de nous-mêmes.

Le ménage a été fait dans l’organigramme de l’ASM. Comment cela se ressent, au niveau des joueurs ? S’il y a eu des changements, c’est bien que ça n’allait pas. On a beau être coupables, nous, les joueurs, ce n’est quand même pas totalement notre faute.

L’arrivée d’Adu, qu’est-ce que ça t’inspire ? De bonnes choses. Je l’avais joué dans un match en moins de 17, avec la France. Il avait deux ans de moins et déjà de grosses qualités. En tout cas, je ne le vois absolument pas comme un concurrent, je sais ce que je vaux.

Etre suivi par l’Inter Milan, ça te fait quoi ? Ça fait plaisir, comme j’ai la chance d’avoir un très bon agent, je n’ai pas à m’en soucier. Quand l’année dernière je voyais mes potes Ben Arfa et Nasri s’éclater et que je jouais le milieu de tableau, c’était difficile. Mais j’ai confiance en moi.

A Monaco, c’est parfois difficile de se concentrer pour un footballeur. Comment se sont passés tes débuts ? En plus, quand on jeune, c’est d’autant plus difficile. Ça peut arriver de faire des petites erreurs mais c’est derrière moi. Je me concentre sur le foot, c’est le plus important. Si tu restes que pour profiter de Monaco, tu finis par jouer à Cannes.

Et au niveau de ta coupe de cheveux, ça en est où ? C’est vrai que j’ai tenté un truc un peu long en fin de saison dernière mais ça n’allait pas. J’ai tout recoupé et j’ai abandonné la couleur platine. Maintenant je vais me faire discret.

Propos recueillis par Romain Canuti

Date de l’entretien : le 25 juillet 2008.

Durée : un quart d’heure.

Lieu : So Foot.

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