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Maroc : défense d’entrer

Par Adel Bentaha
3' 3 minutes
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Maroc : défense d’entrer

Héroïques face au Portugal, les Marocains ont notamment pu compter sur une défense de fer. L’arme fatale de cette Coupe du monde réussie.

Pepe et Rúben Dias face à Romain Saïss et Jawad El Yamiq. Sur le papier, ce duel de charnières ne donnait clairement pas cher de la peau des Lions de l’Atlas. Mais le CV est une chose, la détermination en est autre. Car face au Portugal comme dans leurs quatre précédentes rencontres, les Marocains ont su se montrer intraitables derrière, ne concédant que trop peu d’occasions pour être inquiétés, et appliquant à la lettre les consignes du chef Walid Regragui.

Bouclier incassable

Durant ce tournoi, et dans un schéma d’autant plus visible face à la Seleção, force est avant tout de constater que la tâche défensive a notamment été facilitée par les artistes présents dans les couloirs. Hakim Ziyech et Sofiane Boufal, habituels esthètes balle au pied, ont en effet rechigné au tacle, n’hésitant pas à fournir l’aide nécessaire à Achraf Hakimi et Noussaïr Mazraoui, leurs latéraux, moins en vue durant cette trentaine qatarie. Véritable succès en soi pour le nonchalant Ziyech en particulier, venu faciliter le travail d’une arrière-garde ultrasolide.

Le constat est alors simple : avec un seul but encaissé – œuvre de Nayef Aguerd contre son camp face au Canada (comme l’Italie en 2006) – le Maroc dispose de la meilleure défense de la compétition. Quatre clean sheets siglés Yacin Bounou et Munir El Kajoui, bien aidés par leurs joueurs de surface. Depuis l’entame du Mondial, la charnière marocaine s’est évertuée à remporter 181 duels sur les 377 proposés. Soit près de la moitié. L’exploit est réel au regard des adversaires affrontés (Croatie, Belgique, Espagne et Portugal), symbole de la sérénité dégagée par des hommes sûrs de leur force.

La vraie « Botola »

Car à y regarder de plus près, si le Maroc a « gagné petit » , il aura surtout été rarement mis réellement en danger. Sur ses 45 tirs subis, le Maroc n’en aura en effet eu que neuf de cadrés. Illustration idéale ? Le duel face à l’Espagne, conclu avec treize frappes reçues, mais une seule tentative dans le cadre du côté espagnol. Autant de chiffres et de faits, venus donner raison à une sélection jouant avec ses propres moyens, en dépit de l’adversité. La satisfaction ne saurait, dès lors, être plus grande pour les Marocains, quand quatre des cinq défenseurs centraux utilisés durant cette Coupe du monde sont issus de la formation locale. Hormis Saïss, El Yamiq (Khouribga et Raja), Benoun (Raja, Fès et Berkane), Dari (Wydad) et Aguerd (FUS Rabat) ont effectivement tous fait leurs débuts en Botola, avant d’exploser à l’étranger.

Un sentiment patriotique intense, certainement catalyseur du décuplement des émotions de chacun de ces garçons, mais surtout révélateur de la qualité – parfois méprisée – de la formation nord-africaine. « C’est une fierté pour moi, que le monde découvre la qualité des joueurs formés au pays », narrait d’ailleurs Walid Regragui à l’annonce de sa liste. Légitime, pour celui qui a fait ses classes sur le banc du Wydad avant de se jeter dans le bain international. Logique, également, pour des joueurs conscients du devoir leur incombant au moment de revêtir la tunique rouge et de partir à l’assaut des attaquants adverses. Car les plus grandes réussites naissent toujours de l’arrière, et le CV ne remplacera définitivement jamais la détermination.

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Par Adel Bentaha

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