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L’Inter, sacrée dans le néant

Par Andrea Chazy
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L’Inter, sacrée dans le néant

En décrochant sa 26e victoire de la saison face à Parme, à San Siro (2-0), ce dimanche, l’Inter a remporté le 21e Scudetto de son histoire. Un couronnement attendu et logique qui, sans injustement priver de bonheur les supporters intéristes, raconte l’histoire d’une saison de Serie A où la médiocrité footballistique ambiante et les polémiques l’ont emporté sur la passion.

Le sautillement des dizaines de milliers de tifosis intéristes fait office de rafraîchissement en plein désert. Pour nous, ce n’était qu’une banale rencontre de championnat italien face à Parme. Pour eux, ce dimanche soir à San Siro, ils s’en souviendront à vie. Ils étaient là pour assister au 21e couronnement de l’histoire de l’Inter, à trois journées de la fin d’une cuvée de Serie A 2025-2026 sans saveur. Mais que ce soit depuis les travées du stade, de leur canapé ou sur la place du Duomo, l’heure est arrivée de savourer pour le peuple noir et bleu. Et c’est tout ce qui compte. Après 2021 et 2024, l’Inter remonte sur le trône italien. Des enfants s’en souviendront toute leur vie et s’en nourriront jusqu’à crier, à leur tour, de plaisir ou de rage devant leur télé jusqu’à la fin de leurs jours car nourrir une passion d’émotions, c’est bel et bien toujours une finalité heureuse.

Officiellement, cela faisait déjà quelques semaines que l’affaire était entendue. Quelques mois, même, que tous les suiveurs du calcio avaient compris que les plus féroces concurrents des Nerazzurri n’avaient pas grand-chose sous le capot pour les coiffer au poteau. Non pas que l’Inter fût particulièrement impressionnante, contrairement par exemple au Napoli de Spalletti, en 2023, qui avait écrasé la concurrence comme un rouleau compresseur. Mais bien parce qu’elle a été la seule écurie de premier plan à tenir son rang sur le plan de la régularité, condition essentielle et surtout suffisante pour ramener la couronne à la maison. Un dénouement qui prend la forme d’un soulagement. Pour les vainqueurs, il gomme la fin de saison dernière où ce titre avait été perdu avant une humiliation en finale de Ligue des champions qui avait laissé des traces. Pour les autres, c’est juste la fin d’un mauvais film. Ce qu’a été la saison 2025-2026 de la Serie A, un bien trop long-métrage où il ne se sera pas passé grand-chose.

Chivu, l’an I contrasté

Il fallait un champion, alors l’Inter s’est dévouée pour l’être. Passé les images de liesse avec Marcus Thuram et ses lunettes de soleil iconiques comme vignette naturelle, c’est ainsi qu’il faut regarder à froid la victoire finale de l’Inter. Elle a évidemment des mérites, quelques têtes qui dépassent, à l’image de Federico Dimarco, recordman des galettes et auteur de 17 passes décisives, ou de Marcus Thuram, qui s’est réveillé au printemps pour terminer le travail. Sans oublier Lautaro Martinez, qui devrait terminer capocannoniere avec moins de 20 buts au compteur devant… Thuram. Les autres bombers de la Juve, Milan ou Naples ? Portés disparus. Ceux des clubs intermédiaires, Quagliarella, Lucarelli, Di Natale ou Miccoli, qui claquaient sans trembler leur quinzaine de pions ? Eux aussi perdus en route.

Ce sacre, c’est aussi une victoire pour Christian Chivu. Beaucoup doutaient de sa capacité à manager si vite un club avec autant d’exigence, d’un groupe orphelin de la fin de cycle de Simone Inzaghi. Sans renverser la table – n’exagérons rien –, il a su utiliser correctement un effectif plus ample pour se délester de son costume de stagiaire et déjà choper un titre de champion. On ne retiendra pas grand-chose tactiquement de son Inter an I, hormis qu’elle a donc été la plus régulière et la plus encline à empiler les buts. Les Inter-Juve et Inter-Como resteront comme les rares confrontations de haut de tableau emballantes et enlevées, mais elles n’effaceront pas pour autant le maigre bilan des Nerazzurri face au top 4 du championnat (quatre défaites en six rencontres dont les deux derbys perdus) ou l’élimination honteuse face à Bodø/Glimt en Ligue des champions.

Et maintenant, le doublé ?

« À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire », disait Pierre Corneille, certainement spectateur de DAZN, un soir d’avril 2026, devant un énième et soporifique Juve-Milan. C’est un peu ce que doit ressentir l’Inter. À l’image des résultats en Europe des clubs transalpins, la concurrence fut faussement présente. On a rapidement compris que le Napoli de Conte, miné par les blessures, des leaders pas au niveau, des choix tactiques hasardeux et le vrai-faux départ de son coach en novembre, n’irait pas au bout. Même chose pour le Milan, dont le jeu essentiellement porté par les individualités a fini par montrer ses limites. La Juve ? Réveillée par Spalletti mais rapidement mise devant le fait accompli que de ne pas avoir de buteur – ou en tout cas de joueurs capables de mettre la sphère ronde appelée « ballon » au fond des filets blancs – est trop pénalisant pour rêver plus grand.

Alors ? Alors l’Inter est naturellement sortie du lot. Malgré les orages qui sont apparus dans son ciel en 2026, qu’ils fussent sportifs ou extrasportifs, de la polémique Bastoni lors du derby d’Italie à l’histoire en cours du scandale d’arbitrage mouillant Gianluca Rocchi. Ce dimanche soir, l’Inter se fout de tout ça. À raison, de son point de vue, d’autant qu’elle peut encore s’offrir le doublé Coupe-Championnat dans quelques jours si elle triomphe de la Lazio. Une prouesse qui n’avait plus été réussie du côté d’Appiano Gentile depuis José Mourinho, en 2009. L’année qui avait suivi, l’Inter remportait le triplé, dont la dernière Ligue des champions glanée par un club italien. De là à y voir une prémonition, il y a encore du chemin. En attendant, c’è solo l’Inter.

L’Inter Milan signe un revenant

Par Andrea Chazy


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