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  • Quarts- Real Madrid-Juventus (1-3)

Le twist d’Oliver

Par Alexandre Doskov
3' 3 minutes
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Le twist d’Oliver

On pourrait retenir un million de choses du match de ce mercredi soir, voire plus, mais certains choisiront de ne garder en tête que le dernier coup de sifflet de l'arbitre. Michael Oliver a-t-il eu tort de siffler penalty ? Non. Mais l'aurait-il fait dans un autre contexte ? Pas sûr non plus...

Ceux qui disent d’ores et déjà que ce Real-Juve est bon pour entrer dans les livres d’histoire ont raison, et même amplement raison. Maintenant vient la question de savoir par quelle image il sera illustré. Comment ne retenir qu’un seul cliché d’une soirée qui a suinté la folie du début à la fin, et qui s’est terminée en basculant dans la démence la plus totale ? Parmi les faits marquants, il y a eu l’ouverture du score express de Mandžukić, puis son doublé, puis le but aussi inesthétique qu’importantissime de Matuidi, puis les trois dernières minutes. Ces foutues trois dernières minutes sponsorisées par Otis et ses ascenseurs qui font voyager nos organes du sol au plafond sans nous demander notre avis.

Mais au milieu de la furie, du brouhaha, des coups de sifflet, des coups de menton et des cartons qui valdinguent, l’image la plus frappante pourrait être celle de Giorgio Chiellini mimant d’agiter une liasse de billets juste sous le nez de Raphaël Varane. À sa façon, le défenseur de la Juve montrait de manière explicite ce qu’il pensait du dénommé Michael Oliver, arbitre aussi âgé que le Christ au moment de passer sur la Croix et qui a agité ses attributs devant la terre entière en envoyant Buffon à la douche. Par ce geste, Chiellini ressemblait surtout à des millions de fans – de la Juve ou d’autres équipes – qui en ont marre de ces décisions sorties des chapeaux des arbitres que le grand public ne comprend pas, et qui favorisent souvent les mêmes équipes.

Boîtes à archives

Qu’on s’entende : siffler penalty sur le contact entre Benatia et Vázquez est loin d’être scandaleux. Le Marocain touche le ballon, certes, mais il attrape le Madrilène sans vergogne dans son mouvement maladroit. Sauf qu’il s’agit typiquement du genre d’action sur laquelle la moitié des arbitres du globe siffle péno, tandis que l’autre moitié laisserait jouer. Et là, même une VAR qui aurait capté l’action sous un milliard d’angles différents n’y pourrait rien. À partir de là arrive l’étape 2 du raisonnement, celle où l’on se dit que, quand même, dans un autre stade, avec une autre équipe, à un autre moment du match, M. Oliver n’aurait peut-être pas sifflé. Et que si le Real n’est pas favorisé de façon délibérée et organisée, mine de rien, la réussite lui sourit pas mal, et que sa tartine ne tombe pas souvent du côté de la confiture.

Quant au rouge de Buffon, il est encore plus compliqué à comprendre. Coupable d’avoir singé Chiellini, un journaliste italien a même été viré de la tribune de presse manu militari pour avoir secoué des billets de 50 euros devant des fans du Real. Certains supporters italiens ont déjà farfouillé dans les boîtes à archives pour exhumer ce but valable, mais non sifflé par ce même Michael Oliver il y a deux semaines, lors du match amical Pologne-Nigeria. José Luis Chilavert, jamais le dernier quand l’odeur de la poudre est dans les parages, a préféré se fendre d’un lapidaire : « La mafia del fútbol lo deja fuera a la Juventus » – comprendre « La mafia du football a mis la Juventus à la porte » – sur Twitter. L’ancien gardien du Paraguay et de Strasbourg n’y changera rien, son confrère le plus illustre a fini foudroyé par un homme né en 1985 pour la deuxième fois en une semaine. Et ça, c’est une sacrée image.

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Par Alexandre Doskov

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