Le temps béni de Colony (Capital)…

Encore dans la tourmente cette saison, le PSG évoque un navire sans capitaine. Pourtant, on occupe le terrain médiatique, entre profession de foi présidentielle, discours mobilisateur de l'entraîneur et confiance réaffirmée des actionnaires.
A Paris, on ne fera jamais rien comme les autres. L’équipe dirigeante a sous-estimé l’ampleur de la tâche après le changement de propriétaire. Le désengagement de Canal+, malgré des années pourries et des insuffisances à répétition, a conduit à une crise de résultats sans précédent. Pour la seconde année consécutive, le club de la capitale se retrouve en zone de relégation.
La liste des coupables est simple à dresser ; tous coupables : des actionnaires indifférents, un président beaucoup plus doué en com’ qu’en actions, un coach timoré et des joueurs paumés.
Du côté des actionnaires, on multiplie les discours de confiance. Quel est leur intérêt pour le club ? Difficile à déterminer. Le portefeuille aussi serré que celui de M6, ils suggèrent l’idée d’avoir confondu le club avec une vache à lait. Le PSG signifie pour eux “Pour Se Goinfrer” alors que le club, malgré des résultats catastrophiques, continue de vendre des maillots et autres produits dérivés. Un club comme Paris ne peut pas rester autant de saisons sans résultats concrets. Et vue la politique actuelle, un redressement apparaît presque illusoire. L’avis de décès est proche.
Dans le discours présidentiel, le projet sportif sur quatre ans sert de béquille. Evidemment, les manquements ne résultent pas du changement d’actionnaires. Les mauvais résultats existaient aussi sous l’ère Canal. Mais l’obtention de temps à autre d’un trophée calmait le jeu et la participation à une coupe d’Europe donnait l’illusion de jouer dans la cour des grands. Cette période est bel et bien terminée. Cayzac joue les pompiers, se raccrochant à son amour sincère du club. Réclamer du calme et de la sérénité aux journalistes et aux supporters est louable. Sauf que Paris occupe la 18e place. Et ce n’est pas en jouant le maintien que l’on construit un club.
En conférence de presse, hier, Paul Le Guen a tenté de rassurer son monde, se cachant derrière une enveloppe de recrutement qui n’a pas été utilisée. Pourtant, tous les joueurs qui sont arrivés à l’intersaison correspondent à ses choix. Et il n’est parasité par personne. Les pleins pouvoirs sportifs obtenus le laissent libre de ses choix, une liberté dont peu d’entraîneurs jouissent. Or, les choix tactiques du Breton laissent à désirer depuis le début de son mandat. Si ses options sont le fruit d’une logique, lui seul semble les comprendre. Sa gestion de l’effectif est obscure même pour les spécialistes, à l’exemple des titularisations aléatoires d’un Digard, d’un Pauleta ou encore Yepes. Pendant ce temps, les ex-coaches du PSG (Fernadez, Halilhodzic…), entre rancunes et mauvaise fois, donnent leur avis à des journalistes qui n’attendent que cela.
Et la politique de jeunisme en cours apparaît plus forcée que décidée. Les joueurs justement. Pris individuellement, leurs qualités sont indéniables même si aucun n’est Ronaldinho. L’impression de gâchis ressort immédiatement à la vue des résultats. Luyindula ou Frau ressemblent à des fantômes (lorsqu’ils jouent), un Digard ou un Bourillon disparaissent au gré de l’inspiration. Il s’agit de jeunes également. Mais ils n’ont pas le temps de s’installer et de prendre confiance. Du côté des anciens : c’est l’interrogation. Pauleta et Yepes rongent leur frein, Armand ravale sa fierté d’être remplacé par un gamin en déclarant que la concurrence tire le niveau vers le haut et Rothen parle de mettre les cojones sur la table après chaque défaite à domicile. Difficile dans ces conditions d’afficher de la cohésion. Pourtant, le club conserve son pouvoir d’attraction comme le montre l’arrivée prochaine de Gouffran.
Les déceptions à répétition et les doutes provoqués chez des supporters pourtant fidèles et d’un calme presque exemplaire amènent alors une interrogation sacrilège : et si une descente en L2 permettait de purger le club ?
Le mercato risque d’être déterminant dans la conduite de la suite de la saison. L’arrivée annoncée de Gouffran, le débarquement éventuel de Gourcuff et d’un attaquant, le tout accompagné de victoires à domicile (situation risible jusque là !) peut débloquer le problème. Mais si c’était aussi facile, ça se saurait. Et on souhaite à Le Guen et à Cayzac, tous deux sympathiques et compétents (normalement) que le PSG ne signifie pas pour eux à leur départ “Parti Sans Gagner”.
Par Vince Taylor
Quel champion du monde 2018 ferait un bon sélectionneur des Bleus ?Par

























































