S’abonner au mag
  • Argentine
  • Primera Division
  • 24e journée

L’Argentine se lance dans son week-end de fou

Par Léo Ruiz
3' 3 minutes
14 Réactions
L’Argentine se lance dans son week-end de fou

C'était le week-end coché par tous les fans de foot : celui des Clásicos. De vendredi soir à lundi soir, 15 derbys, plus ou moins sérieux, animeront la 24e journée du championnat argentin. Une petite folie, à la fois excitante, inéquitable et dangereuse.

Et voilà la fameuse 24e journée. Le week-end fou d’un championnat très bizarre, la dernière invention de feu Don Julio Grondona. Pour la première fois depuis les années 80, l’Argentine dispute un championnat annuel. Mais pas n’importe lequel : 10 équipes sont montées, aucune n’est descendue. L’idée étant de décentraliser le tournoi et de se caler progressivement sur le modèle européen. La curiosité de ce drôle de bricolage était la « journée des Clásicos » . Nous y voici : 15 matchs, 15 derbys. Des vrais (River-Boca, Independiente-Racing, Huracán-San Lorenzo, Central-Newell’s, Estudiantes-Gimnasia, Union-Colon, Lanus-Banfield), des arrangés (Defensa y Justicia-Arsenal, Godoy Cruz-San Martin de San Juan, Nueva Chicago-Argentinos, Temperley-Quilmes) et des carrément inventés pour l’occasion (Olimpo-Sarmiento, Rafaela-Belgrano, Tigre-Vélez, Aldosivi-Crucero del Norte), répartis sur quatre jours. De quoi remplir les stades et réunir les familles. Mais aussi envoyer chier l’équité du championnat et la – timide, voire hypocrite – politique de pacification des tribunes.

Injuste, et alors ?

Étrange, ce tournoi n’en est pas moins attirant. L’enjeu est partout : en haut, où pour la première fois depuis longtemps les Cinq Grands sont présents dans le top 6 (avec Rosario Central glissé au milieu), et en bas, où les deux derniers, Crucero del Norte et Nueva Chicago, n’ont pas (encore) dit leur dernier mot. Et même au milieu, où on se bat pour accéder aux liguillas, ces play-offs qualificatifs pour les coupes continentales (Libertadores et Sudamericana) de l’année prochaine. Sauf que dans ce sprint final, la hauteur des haies n’est pas la même pour tous.

Un exemple en haut : San Lorenzo, l’actuel leader, joue ce match bonus sur la pelouse d’Huracán, promu et 28e du championnat. Boca, son dauphin, se déplace lui au Monumental, où il affrontera River Plate, 5e avec un match en moins et récent champion d’Amérique latine. Même iniquité en bas : pendant qu’Huracán se tape le leader, Nueva Chicago et Crucero del Norte, ses poursuivants, jouent les 23e et 24e du championnat. Pas juste ? Non, mais personne ne se plaint. Car affronter son rival traditionnel est, chez les supporters, l’événement de l’année. Et que s’en plaindre signifierait être cagon (qui se chie dessus), pire insulte possible dans les codes très virils du football argentin.

Pic d’affluence et d’excitation

Samedi et dimanche, le spectacle ne s’arrêtera donc jamais. Les Clásicos s’enchaîneront, à Buenos Aires, Rosario, La Plata, Santa Fe et ailleurs. Cette journée est sans doute l’une des raisons du prolongement de l’interdiction des supporters adverses dans les stades argentins. Car comment, sinon, organiser autant de chocs un même jour dans une même ville ? Samedi après-midi, à Buenos Aires et dans sa banlieue, les supporters de Nueva Chicago, d’Huracán, d’Independiente et dans une moindre mesure de Tigre seront sur le pont, dans un pic d’affluence et d’excitation. Dans un pays où la violence et la corruption font trop régulièrement leur apparition dans et derrière les tribunes, permettre aussi aux visiteurs (Argentinos, San Lorenzo, Racing et Vélez) de faire partie de la fête aurait été aussi risqué qu’ingérable.

Parce qu’entre allées, venues et célébrations des uns et des autres, n’importe quelle rencontre entre barrabravas aurait pu terminer en baston. Quoi qu’il en soit, cette « journée des Clásicos » , alléchante sur le papier, est en contradiction avec la politique répressive du gouvernement et de la Fédération. D’un côté, l’AFA interdit depuis 2013 les déplacements – alors qu’elle sait que la cause majeure de violence se trouve dans les luttes internes pour contrôler l’argent sale de la barrabrava, argent donné ou laissé par les dirigeants de clubs et de partis politiques -, de l’autre elle se met en difficulté avec l’organisation d’un week-end exceptionnel et chaud bouillant. La conclusion est pour Messi : « Que ce week-end soit une fête pour l’Argentine, pas un drame supplémentaire. »

Rodri, révélateur de l’été du Real Madrid

Par Léo Ruiz

Commentaires

Les membres ont posté 14 commentaires sur cet article. Participez à la discussion en vous connectant .


À lire aussi
Les grands récits de Society: Qui a tué Tupac Shakur?
  • Grand Récit
Les grands récits de Society: Qui a tué Tupac Shakur?

Les grands récits de Society: Qui a tué Tupac Shakur?

Le 7 septembre 1996, à Las Vegas, une Cadillac blanche avec quatre hommes à bord s'arrêtait à hauteur de la BMW de Tupac et tirait sur le rappeur star. Vingt-huit ans plus tard, alors que l'aura du musicien n'a jamais été aussi grande et que les théories les plus folles sur son meurtre continuent de tourner, qu'en reste-t-il? Pour le savoir, enquête sur le destin tragique des quatre suspects, à quelques mois du procès de l'un d'entre eux.

Les grands récits de Society: Qui a tué Tupac Shakur?
Articles en tendances




Nos partenaires

  • #Trashtalk: les vrais coulisses de la NBA.
  • Maillots, équipement, lifestyle - Degaine.
  • Magazine trimestriel de Mode, Culture et Société pour les vrais parents sur les vrais enfants.