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Kevin Grosskreutz, la roue de secours

Par Charles Alf Lafon
3' 3 minutes
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Kevin Grosskreutz, la roue de secours

Normalement, Kevin Großkreutz est ailier gauche. Ce soir contre Marseille, le natif de Dortmund sera latéral droit et devra s’occuper d’André Ayew. Pourtant, on ne se fait pas trop de soucis de ce côté-là chez les Schwarzgelben. Parce que Kevin répond toujours présent.

Le vrai problème du Borussia Dortmund, outre la passion soudaine et immodérée qu’il provoque chez certains, c’est son banc famélique. Alors quand Lukasz Piszczek a pris la décision de se faire opérer de la hanche cet été, avec une longue convalescence à la clef, nombreux étaient les sceptiques. Même si la recrue Sokratis peut dépanner, on ne parle pas vraiment d’assurance tous risques. Ce vieux filou de Jürgen Klopp avait quant à lui son idée sur la question : Kevin Großkreutz allait le remplacer au pied levé. Un ailier gauche qui cachetonne comme arrière droit, une idée à la con, vous pouvez penser. Sauf que l’idée en question a fait son chemin. Aligné à huit reprises sur le flanc droit de la défense (et deux fois à gauche) depuis son retour au club en 2009, KG (comme un autre Kevin) s’est imposé depuis le début de la saison comme l’un des tout meilleurs en Bundesliga. Au point de s’attirer des compliments plutôt mérités : « Kevin s’est beaucoup amélioré. Avant, il avait du mal à lire les trajectoires en phases défensives. Mais depuis, il a fourni une quantité incroyable de travail avec les préparateurs et il s’est grandement amélioré. Et il excelle au duel. Ce n’était clairement pas son poste, mais aujourd’hui il a été vraiment bon. » Des mots plutôt élogieux sortis de la bouche de Klopp après la victoire des siens ce week-end 5-0 contre Fribourg. Kevin confirme d’ailleurs son attrait pour le poste : « Je peux vraiment être dans le tempo du match et aussi être actif offensivement. »

Un tout-terrain

Si la rapidité de son adaptation en a surpris plus d’un, sa polyvalence en revanche est impossible à remettre en cause. C’est bien simple, Kevin Großkreutz a pratiquement évolué partout sur le terrain : arrière des deux côtés, ailier idem, en pointe, en 10, à la récupération. Comme le dit Klopp lui-même : « Il peut jouer à quasiment tous les postes. » Même gardien de but, comme lors du dernier match de la saison dernière contre Hoffenheim pendant dix minutes. Après l’expulsion de Roman Weidenfeller et les trois remplacements déjà effectués, Kevin a dû mettre les gants et aller affronter Sejad Salihović dans le terrible exercice du penalty. D’accord, il ne l’a pas arrêté, mais a au moins tenté un semblant de plongeon bien ridicule. De toute façon, cette polyvalence ne dérange pas vraiment le principal intéressé : « Peu importe où le coach me met : je donne toujours tout et j’essaye de faire de mon mieux. »

L’enfant chéri

Parce que dans le fond, lui s’en fout de son poste, du moment qu’il joue. Originaire de Dortmund, Großkreutz, qui a grandi dans le quartier ouvrier d’Eving, est un fan de toujours du BVB. Pour lui, porter le maillot noir et jaune est le Graal, la récompense suprême, lui qui passait son temps en Südtribüne, lui qui arbore fièrement un tatouage sur le mollet où on peut voir la ville, la tour de télévision et le stade. Et qui continuera à supporter son club, quoi qu’il arrive : « Je n’oublierai jamais d’où je viens. Et si jamais ma carrière venait à s’arrêter, je retournerais en Süd avec mes potes. » André Ayew, Mathieu Valbuena et tous leurs petits copains olympiens sont prévenus : ils auront affaire à un fanatique du BVB. Pas un fan hipster de la dernière heure.

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Par Charles Alf Lafon

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