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Kevin Grosskreutz, ce joueur-supporter

Par Ali Farhat
Kevin Grosskreutz, ce joueur-supporter

Blessé il y a deux semaines lors d’un match amical, Kevin Großkreutz a tout fait pour revenir en forme. Normal, cette semaine, c'est le grand Real qui se pointe en LDC, et juste avant, il y avait derby contre Schalke. Et pour rien au monde ce joueur et grand supporter de son club ne raterait de tels matchs, surtout “contre les Bleus, là”, comme il dit…

Lorsque Dortmund fête le septième titre de son histoire en mai 2011, tout le peuple jaune et noir est heureux. Bien entendu, l’équipe dirigeante, le coach, son staff et les joueurs le sont aussi. Mais il y en a un pour qui ce Meisterschale a une signification particulière : Kevin Großkreutz. Né à Dortmund, Kevin Großkreutz voue depuis sa tendre enfance un véritable culte au club jaune et noir. Pour son premier jour d’école, il reçoit un cornet rempli de cadeaux, bonbons et autres surprises, comme c’est la tradition en Allemagne. Un cornet personnalisé. « J’avais toujours rêvé d’avoir un cornet du BVB. Là où les autres avaient des petites voitures, moi j’avais que des trucs noir et jaune » . Plus tard, cet amour se concrétisera par un passage au centre de formation du club, lors de la saison 02/03. Malheureusement pour lui, Großkreutz ne sera pas conservé, et ira voir du côté du Rot-Weiss Ahlen si l’herbe est plus verte. Déçu, le Kevin ? Pas le moins du monde. Il continue de soutenir haut et fort son club de cœur… en tribune. Car Großkreutz, c’est avant tout un enfant de la « Süd », cette immense tribune debout teintée de noir et de jaune. En compagnie de 25 000 autres pèlerins, Kevin donne de la voix à chaque rencontre à domicile. Et même quand il passe professionnel. « Kevin avait tellement envie de [se rendre à la] Südtribüne qu’il voulait même y aller la veille de nos matchs. Je n’ai pas eu le choix. J’ai dû lui interdire le BVB » , raconte ainsi Christian Wück, l’entraîneur qui a fini de le façonner à Ahlen, et qui a aussi eu sous ses ordres un autre enfant de Dortmund, un certain… Marco Reus.

Retour gagnant à la maison

En juin 2009, le tandem Reus-Großkreutz, qui fonctionnait plutôt bien en troisième et deuxième divisions, se sépare. Si Marco décide de prendre la route de Mönchengladbach, Kevin, lui, est invité à revenir au sein de la maison-mère, le seul et unique Borussia à ses yeux. Remplaçant au départ, Großkreutz devient titulaire fin novembre. Une journée plus tard, le 5 décembre 2009, il inscrit son premier pion sous « ses » couleurs, face à Nuremberg. Il aurait voulu grimper dans la « Süd » et aller fêter son but avec les siens. « Là-bas, il y a tous mes potes. Il y a six mois encore, j’étais dans le bloc 13 en train de faire la fête et de pousser l’équipe » . Manque de bol, son but, il l’a inscrit de l’autre côté du terrain. Pas grave, Kevin trouve toujours le moyen de pousser la chansonnette. Surtout après une victoire. Mais avec un ton et un flot de paroles si décousu, il n’en faut pas plus à ses détracteurs pour le traiter purement et simplement de « débile » . Certains s’amusent même à dire que « son QI est inscrit sur son maillot » . S’il avait eu les mêmes chiffres que le légendaire Wayne Gretzky, passerait encore. Mais non, Kevin porte le numéro 19. C’est vrai qu’il a une tête de taré et qu’il n’a pas l’air très vif. Mais plutôt que de devenir la caricature-type du mec de la Ruhr, Kevin Großkreutz est devenu le symbole du Borussia Dortmund.

Une tournée des bars pour un titre

Et forcément, en tant que symbole des Schwarzgelben, toute sa haine, ses attaques, sont dirigées vers les Königsblauen, les Knappen (les mineurs) de Schalke 04. Il ne les appelle d’ailleurs jamais ainsi : il préfère les nommer tout simplement « les Bleus » , ce qui pourrait (si jamais il y avait pensé) aussi signifier « les mecs bourrés » en allemand. Du coup, il ne manque jamais une occasion de se moquer de ceux qu’il considère comme ses ennemis. Dernière provoc’ en date : à la question « Que feriez-vous si plus tard vous aviez un fils, et que ce fils supporte Schalke ? », l’intéressé a tout bonnement répondu : « Je le placerais dans un foyer. » Seul problème, et de taille, c’est qu’à chaque fois qu’il a joué contre les Knappen, on l’a descendu six pieds sous terre. La passion l’emporte sûrement sur la concentration, et Kevin G. se laisse aller. Et bien qu’il fut aligné arrière gauche le weekend dernier, Großkreutz a coulé, tout comme le reste de ses camarades dans le 141e derby de la Ruhr.

Hormis les Revierderbies où il se troue régulièrement, le numéro 19 est un bonhomme qui a du caractère, et ça, ça plaît forcément à Jürgen Klopp. Même si cette saison, ça a l’air plutôt difficile pour pour lui de jouer. Beaucoup évoquent un départ. Lui-même ne l’a jamais caché, il aimerait bien jouer un jour pour Liverpool ou le Celtic. On reconnaît bien là l’enfant de la « Süd », addict au « You’ll never walk alone ». Car si Kagawa est parti, Reus est arrivé (et lui a accessoirement pris sa place à gauche). Du coup, l’avenir du Dortmunder s’inscrit en pointillés. Bonheur dans son malheur, Jakub Blaszczykowski s’est blessé, de même que Mario Götze. Il faudra donc compter avec lui pour les prochaines échéances. Il faudra éventuellement compter sur lui pour le reste de la saison, d’ailleurs. Kevin a déjà promis : si jamais Dortmund venait à remporter encore un titre (quel qu’il soit), il ferait la tournée des bars entre Brackel (là où s’entraîne le Borussia) et le Stadion Rote Erde, l’ancien stade, juste à côté du Signal Idu… du Westfalenstadion. Un périple long de 11,8 km, mais surtout de 27 bars, où il boirait « une bière dans chaque, et de temps à autre un schnaps » . Par contre, il faudra éviter de vomir, comme ce fut le cas un après-midi de mai 2011…

Par Ali Farhat

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