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Jonathan Clauss, le jour d’après

Par Maxime Brigand
Jonathan Clauss, le jour d’après

Présent à tous les rassemblements de 2022, Jonathan Clauss a finalement vu son billet pour le Mondial au Qatar brûler sous ses yeux, mercredi soir.

C’est l’histoire d’un type né à Strasbourg, passé par le centre de formation du Racing, par l’Association sportive Pierrots Vauban, Linx, Raon-l’Étape, Avranches, Quevilly, Bielefeld et, bien sûr, Lens, monté à bord du camion bleu au cours d’une nuit de match au Vélodrome, fin mars, dont le destin et les larmes lâchées au milieu de ses potes du Nord ont fait le tour du pays, et qui, à 30 ans, se prépare finalement à regarder ses nouveaux amis à la télé. Joueur à la courbe rafraîchissante, au volume débordant et à la joie communicative, Jonathan Clauss, premier joueur lensois convoqué en équipe de France depuis Alou Diarra début 2002, a beau avoir été de tous les rassemblements de l’année, il restera comme la principale victime du changement de système décidé par Didier Deschamps, qui souhaite repasser à une défense à quatre têtes pour le troisième Mondial de son mandat.

 Ce qui est juste un peu cruel, c’est que c’est au poste de piston qu’il s’est ouvert les portes de l’équipe de France et que c’est ce même poste qui les lui referme pour ce Mondial.

Pouvait-il s’y attendre ? Peu, il y a quelques jours, lui qui vit un début d’aventure plutôt positif à Marseille, que son coach, Igor Tudor, loue à chaque micro tendu, et qui est même statistiquement dans ses temps de passage de la saison dernière. Puis, mercredi, le piston marseillais a regardé tout au long de la journée les différentes fenêtres médiatiques s’ouvrir et se fermer sur son nez, comprenant que quelque chose se tramait. Avant l’annonce de la liste de Deschamps, vers 20h30, il n’a, comme Lucas Digne ou Ferland Mendy, eu aucun contact avec le staff des Bleus et a donc vu son billet pour le Qatar brûler sous ses yeux au moment où d’autres recevaient le leur. Dans l’auditorium de TF1, le sélectionneur tricolore, qui a choisi de siffler la fin du « déséquilibre défensif », n’a rien caché : « Humainement, et ce n’est pas agréable pour moi, je sais que j’ai fait pas mal de déçus et que seuls les 25 sélectionnés sont très heureux. Pour Jonathan, le système est en effet la principale raison de son absence, même si j’ai bien conscience de son immense déception. » Clauss, qui a reçu des textos de certains membres du groupe dans la soirée, a encaissé la nouvelle et a ensuite relativisé. Il y a quatre ans, il vivait, à 26 piges, ses premiers mois à l’Arminia Bielefeld et n’imaginait pas un centième de seconde entendre son nom dans un débat pour disputer une Coupe du monde.

Enfermé dans une boîte

Reste un petit regret, malgré tout, dans l’entourage du joueur : celui de ne pas avoir vu le numéro 7 de l’OM être testé au moins une fois au poste de latéral droit en juin dernier, que ce soit lors des deux matchs contre la Croatie ou lors du déplacement en Autriche alors que face aux pépins, Didier Deschamps avait déjà été forcé de ranger son 3-4-1-2 pour ressortir des tiroirs une défense à quatre. Lors de ce rassemblement, Clauss n’était entré qu’une petite minute face au Danemark, et onze minutes en tant que milieu droit en Croatie, où il avait d’ailleurs filé un penalty aux locaux à la suite d’une faute sur Kramarić. « Ce qui est juste un peu cruel, c’est que c’est au poste de piston qu’il s’est ouvert les portes de l’équipe de France, et que c’est ce même poste qui les lui referme pour ce Mondial », résume un proche.

 Il méritait d’être en sélection après un super début de saison, mais il faut respecter les choix du sélectionneur Didier Deschamps. J’ai parlé avec lui, et il doit prendre ça comme un défi.

Didier Deschamps n’a pas dit autre chose, et c’est un fait : Jonathan Clauss n’a pas évolué dans un autre rôle depuis qu’il est revenu en France à l’été 2020. En revanche, c’est bien au poste de latéral dans une défense à quatre qu’il s’est fait une réputation, notamment en Allemagne, ce qui ne l’a pas empêché de labourer avec efficacité son couloir. La saison dernière, on avait aussi pu noter ses progrès défensifs en piston, même s’il pouvait toujours afficher quelques failles lors de situations de défense placée. À l’heure de décoller vers Doha pour conserver sa bague de champion du monde et alors que l’une des réserves concerne l’instabilité défensive de sa machine, Deschamps a choisi un retour aux bases, ce qui l’a donc poussé à retirer de son sac une carte rare qui aurait pu lui permettre de varier les approches au fil des remous de la compétition. Son histoire reste belle et stupéfiante, et Clauss reportera probablement un maillot bleu un jour. « Il méritait d’être en sélection après un super début de saison, mais il faut respecter les choix du sélectionneur Didier Deschamps, a concédé Tudor, jeudi. J’ai parlé avec lui, et il doit prendre ça comme un défi pour prouver qu’il peut faire encore mieux. » Cette fin d’année 2022 vient seulement de changer de thème, et Deschamps a choisi de resserrer les boulons avec huit défenseurs sur les neuf appelés formés dans l’axe pour travailler autour de ce qui pourrait ressembler à un 4-3-1-2 sur le papier, dont la forme en fonction des phases reste à définir. Bien que brutal pour certains, le décor est désormais posé.

Par Maxime Brigand

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