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Javier Pastore, je vous aime adieu

Par Mathieu Faure
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Javier Pastore, je vous aime adieu

Javier Pastore revient à Annecy, là où il a déjà joué trois fois et marqué autant de buts. Pourtant, il se dit que l’Argentin pourrait disputer l’un de ses derniers matchs dans la capitale même si d’autres ne croient pas du tout en cette légende urbaine. C’est le résumé de la vie parisienne d’un joueur qui séduit autant qu’il agace...

« Moi, j’aime bien Javier car il est capable à tout moment de faire une passe décisive ou de marquer un but sur un éclair. Alors, certes, il ne court pas beaucoup. Ça peut être énervant pour ses partenaires mais quand il a le ballon, il sait toujours quoi en faire. Et moi, j’aime bien les joueurs comme ça, les meneurs de jeu argentins, comme Riquelme et Aimar. » La phrase est signée par un autre homme nonchalant : Mathieu Bodmer. C’était en octobre dans les colonnes de France Football. À l’instar de Bodmer, Pastore divise. Cristallise. Aimante. Énerve. Alimente les conversations de comptoirs ou de machines à café. Pourquoi ? Parce que l’Argentin a coûté (trop) cher, d’une part, et qu’il préfère choisir ses matchs, d’autre part. C’est l’impression qu’il donne, en tout cas. Avouons-le, et même s’il ne l’a jamais vraiment dit, le numéro 27 parisien est un homme de lumière. Étincelant sur la pelouse du Nou Camp en mars dernier, Pastore est capable d’enchaîner des prestations ridicules comme ce fut le cas à Nantes ou contre Guingamp, cette saison. Dans le jargon, on appelle ça « choisir ses matchs » . Un concept qui se défend. Et qui énerve. Surtout quand on a tellement donné à l’apéritif (cf. ses trois premiers mois en Ligue 1, d’août à octobre 2011). Et force est de constater que depuis six mois, le milieu de terrain oscille entre le franchement insuffisant et le passable. Et six mois, c’est long. Surtout en Ligue 1 où la culture de l’instant encense et descend tant de joueurs. Pour preuve, il y a deux mois, Emmanuel Rivière était aux portes de l’équipe de France…

Le 4-3-3 l’a tué

Avec l’émergence du 4-3-3, qui coïncide avec l’état de forme exceptionnel du trio Verratti-Motta-Matuidi, l’Argentin se retrouve coincé en bout de banc. Et quand il en sort pour évoluer dans cette configuration, Pastore s’enlise car il subit la pression adverse de plein fouet. Le frêle Argentin se retrouve avec des adversaires qui défendent en avançant. Le genre de truc qu’El Flaco déteste. Quand il est « agressé » , il s’affole et perd tous ses ballons. Face à Lyon, il a mis une demi-heure à comprendre où il était, avant de reprendre son souffle avec la réorganisation tactique de Blanc. Preuve qu’il est toujours aussi difficile de lui trouver une place actuellement. Idem dans le triangle offensif puisque l’homme n’est pas un joueur de couloir et qu’il n’a ni le coffre ni le savoir-faire pour gêner la relance adverse. On a beau supposer énormément de choses et regarder ailleurs sur la feuille de match, Pastore est un joueur offensif exclusivement axial. Un numéro 10. Un homme lent, qui adore jouer face au jeu afin de régaler ses attaquants dans la profondeur. Contre Lyon, il est à l’origine des deux penalties. Sur le premier, sa passe fend la charnière lyonnaise et envoie Cavani s’empaler sur Vercoutre. Sur le second, son extérieur du pied gauche permet à Lucas Moura de prendre la profondeur. Pastore, c’est ça. Sur une passe, il fait la différence. Si peu et tant à la fois.

Dès lors, le schéma est idoine pour le garçon : 4-3-1-2 avec Cavani-Ibrahimović en pointe et lui à la baguette, en numéro 10. Sur le papier, c’est sexy. Dans les faits, c’est compliqué et ça chamboule tout l’équilibre de l’équipe. Pastore est-il si bon qu’il doit permettre, à lui tout seul, de bazarder entièrement le système de jeu ? Non. Auteur globalement de deux bonnes saisons en championnat, malgré des trous d’air, depuis son arrivée à Paris (8 passes décisives, 4 buts, en 34 matchs l’an dernier ; 5 passes et 13 buts en 33 matchs lors de sa première saison), l’Argentin affiche un très moche un 0 pointé pour l’actuel exercice (9 matchs joués, 7 fois titulaire). Preuve qu’il est en retard. À sa décharge, il revient de blessure. Mais pour prétendre à autre chose qu’un simple rôle d’homme de turnover, Pastore doit (re)devenir légitime.

Un prêt pour casser la spirale ?

Pour se refaire une santé, on parle d’un départ en janvier. En Serie A, forcément. Là où son romantisme a toujours été accepté et compris. La Roma serait sur les rangs. Un club où les caresseurs sont toujours adulés (Totti, Pjanić). Partir pour mieux revenir ? L’idée est là. Mais dans la bouche de Javier Pastore, ce n’est pas envisageable. Il l’a d’ailleurs confirmé cette semaine. « Comme je l’ai déjà dit, je suis le premier à avoir signé pour ce club et je serai le dernier à partir. » Finalement, Pastore est voué à demeurer un incompris dans la capitale. Un homme cyclique qui trouvera toujours des défenseurs sur son chemin de sa cause. Peu importe son imperfection, ses efforts distribués avec parcimonie et son déchet, quand on aime le football, on aime Javier Pastore. Et aujourd’hui, l’Amour est un sentiment d’une telle rareté que certains en survivent.

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Par Mathieu Faure

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