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Ce que Haaland doit à l’Angleterre

Ce samedi, la Norvège défie l’Angleterre pour une place en demi-finales de Coupe du monde. Si Erling Haaland n’a jamais nié l’évidence de représenter le pays des fjords, il aurait pu, dans un autre monde, trouver le moyen d’être dans le camp des Three Lions.
Pour les plus férus d’histoire, Norvégiens et Britanniques sont intrinsèquement liés par les invasions médiévales des Vikings, et ce n’est pas Erling Braut Haaland qui contredira cette affiliation. Il a plus une gueule de jarl que du gentleman portant un chapeau et un parapluie, et pourtant, le Cyborg a bien du sang anglais qui coule dans ses veines. Né le 21 juillet 2000 à Leeds, alors que son père Alf-Inge Rasdal Håland porte encore le maillot de l’équipe de la ville avant de rejoindre Manchester City, le buteur n’a jamais caché son attache pour l’Angleterre, sans jamais douter de son envie de représenter la Norvège.
En Angleterre, comme à la maison
Le môme grandit jusqu’à ses 3 ans à Manchester, où son paternel peine à s’imposer avec les Cityzens et se bat avec Roy Keane. Cela n’empêche pas la famille Haaland de kiffer le pudding, le thé et l’humour british. « Ma mère adore l’Angleterre, confie Erling à la belle chevelure dans une interview publiée sur le site de Manchester City. Elle adore les traditions et tout ce qui va avec. Mes parents ont passé de très bons moments ici avant ma naissance et après ma naissance, et moi aussi, je m’amuse beaucoup en ce moment. » Son retour au bercail est triomphant : le bonhomme terrorise la Premier League avec les Skyblues depuis 2022. Signe du destin ou non, le colosse a tout de suite su qu’il faisait le bon choix en posant ses valises à Manchester : « Quand j’ai signé à City, j’ai dit que je m’y sentais un peu chez moi. […] Oui, je me sens un peu chez moi maintenant que je vis au Royaume-Uni et tout ça. C’était aussi tout à fait naturel de revenir ici. »

Si le type affirme qu’obtenir la nationalité anglaise ne lui déplairait pas, il n’a pour autant jamais été question pour lui de revêtir la tunique des Three Lions. « On n’en a jamais parlé parce que j’étais en Norvège et qu’il était impossible d’obtenir un passeport à l’époque, explique-t-il. Je peux obtenir un passeport maintenant. J’adorerais avoir un passeport anglais, tu vois ? Pourquoi pas ? Mais non, finalement, ça n’a jamais fait l’objet d’une discussion. » On ne saura jamais s’il s’agit d’une aubaine ou d’un coup dur pour le pays aux falaises de craie, mais celui qui aurait pu être rappeur ravit tout de même le foot anglais, mettant en lumière le championnat national à sa façon et ramenant à Manchester la précieuse Ligue des champions, en 2023.
Un jeu à l’anglaise
En dehors des terrains, la gâchette scandinave cultive sans vergogne son côté british, on pourrait presque en dire autant sur le terrain. Outre sa propre guéguerre avec la légende du foot irlandais qui a autrefois embêté son père, ce charmant monstre partage un autre attrait avec les Anglais. Dans la lignée d’Alan Shearer, de Gary Lineker ou, plus récemment, de Harry Kane, l’ancien buteur du Borussia Dortmund appartient à cette noblesse anglaise du numéro 9 qui ne demande qu’une chose : vivre dans la surface. Les duels ? Il adore. Les centres ? Encore mieux. Les seconds ballons qui traînent ? Son terrain de chasse. Là où Kane s’est offert, avec les années, une licence de meneur de jeu en décrochant pour distribuer les ballons, sans jamais renier son instinct de renard des surfaces, le Norvégien n’a gardé que la partie la plus brutale de l’équation : finir. Chez lui, pas de détour inutile. Il laisse les autres écrire le roman, et s’occupe de signer le dernier chapitre, à l’image de son match face au Brésil (1-2). Une version survitaminée d’un archétype que le football anglais célèbre.
Avec un peu d’imagination, on aurait pourtant un peu de mal à voir the English Erling détrôner Harry Kane du 4-2-3-1 de Thomas Tuchel. Mais pour plus de létalité, quoi de mieux que de rêver d’un 4-4-2 qui offrirait aux défenseurs adverses le bonheur de se coltiner le meilleur buteur de Premier League (27 pions) et celui de Bundesliga (36 caramels). La sélection anglaise a beau avoir laissé filer ce gamin né à Leeds, elle peut au moins se consoler en se disant qu’elle a contribué à façonner l’avant-centre dont elle fantasme depuis plus d’un siècle. Avant de se rappeler qu’elle a Harry Kane et que c’est très bien comme ça.
Erling Haaland bientôt sur grand écranPar Suzanne Wanègue

















































