S’abonner au mag
  • Amical
  • France-Côte d’Ivoire (1-2)

Guela Doué, une star aînée

Par Clément Gavard
6' 6 minutes
12 Réactions
Guela Doué, une star aînée

Dans l’ombre de son petit frère Désiré, Guela Doué a pris la lumière contre les Bleus dans un match spécial pour lui et sa famille. Buteur, passeur décisif et solide comme il sait l’être, le défenseur de 23 ans sera une valeur sûre de la Côte d’Ivoire à la Coupe du monde. Tout le monde n’a pas toujours cru en son potentiel, mais lui si.

Ce n’est pas facile de prendre la lumière quand son petit frère s’appelle Désiré Doué. Enfant, déjà, le frangin de Guela tapait dans l’œil des éducateurs rennais au Moulin du Comte en maniant la balle sur le côté pendant les entraînements de Guela avec les jeunes du Stade rennais. Le 1er février 2023, il fait un gros câlin à celui qu’il considère comme son jumeau au moment de le remplacer, lors d’un match contre Strasbourg au Roazhon Park, pour faire sa première apparition dans le monde pro après avoir vu son DD préféré marquer. À l’été 2024, il met les voiles pour l’Alsace, justement, pendant que le crack de la famille file au PSG, où il ne s’imaginait peut-être pas remporter deux Ligues des champions en deux saisons.

Les rôles ont pu s’inverser, au moins le temps d’une soirée, ce jeudi à la Beaujoire. Quatre jours après avoir célébré la coupe aux grandes oreilles dans tous les lieux possibles de la capitale, Désiré Doué a pu assister tranquillement depuis le banc, au lendemain de son anniversaire, à la magnifique soirée de son aîné contre l’équipe de France, une sélection où il aurait eu son mot à dire s’il n’avait pas fait le choix de la Côte d’Ivoire. Les Éléphants ne s’y sont pas trompés en accueillant Guela à bras ouverts dès mars 2024, quelques semaines après leur sacre continental à la CAN à la maison. Dans son pays natal, le défenseur de Strasbourg a fait très mal aux Bleus sur la route de la Coupe du monde, où il sera lui aussi de la partie. Un but, une passe décisive et un match plein. Il l’a méritée, cette lumière.

« Notre premier France – Côte d’Ivoire »

Que s’est-il passé dans la tête de Guela Doué, à la 53e minute de ce match de préparation contre les Bleus, quand il s’est présenté devant Mike Maignan ? Que s’est-il passé, surtout, dans cette caboche quand l’international ivoirien a envoyé le ballon au fond pour remettre les deux équipes à égalité ? Plein de choses, plein de souvenirs, plein d’images. « C’était beaucoup de fierté, il y a la famille qui est là, devant le peuple ivoirien, savourait-il avec sa traditionnelle retenue devant les micros sur La Chaîne L’Équipe. C’est un match spécial pour moi, c’est notre premier France – Côte d’Ivoire à mon frère et moi. » Il ne s’en est pas caché, en chantant La Marseillaise selon plusieurs témoins sur place, dont nos confrères de TF1, pour rappeler qu’on peut être un binational fier de ses deux pays sans que ce ne soit un problème.

Né d’un papa ivoirien et d’une maman française à Angers, à même pas 100 kilomètres de Nantes, où il s’est éclaté ce jeudi soir, Guela Doué a vécu un moment marquant de sa jeune carrière, qu’il n’aura pas oublié dans 15 ans ni 30 ans. Il a écrit une belle histoire, devenant le cinquième joueur né en France à marquer lors d’un match officiel contre les Bleus après Jacques Fatton (Suisse), Djamel Belmadi (Algérie), Nicolas Pépé (Côte d’Ivoire) et Wahbi Khazri (Tunisie), selon l’excellent Statsdufoot. Il n’a pas seulement fait le bonheur des amoureux des encyclopédies, il a aussi fait celui de son entraîneur Émerse Faé, qui l’avait aligné latéral droit dans son 4-4-2. Il a touché 64 ballons (2e total de son équipe), remporté deux tiers de ses duels, réussi ses deux dribbles et enchaîné les bons gestes défensifs (3 tacles, 3 dégagements, 4 récupérations). La prestation d’un garçon devenu un titulaire en puissance en Côte d’Ivoire.

Chacun sa route, chacun son chemin

Chez les Éléphants, Guela Doué n’a jamais souffert d’une mauvaise image. Dès sa deuxième cape, en mars 2024, il avait marqué d’une reprise splendide contre l’Uruguay, un geste rappelant son appétence pour les petites gourmandises malgré son poste. Il en était friand à Rennes (un sombrero contre l’OM avait marqué les esprits), où il n’a pas toujours été reconnu comme un futur très bon. Dans l’environnement du club, il n’était pas rare d’entendre que le grand frère était surtout là parce que le petit était très fort. « Forcément, je l’entendais tout le temps. Mais bon, je n’écoutais pas, confiait-il à So Foot en novembre 2024. J’étais concentré sur ce que je savais faire, je croyais en moi et je savais que mon heure allait venir.  »

Une vie, une carrière, ça se construit chacun à son rythme. Certains ont de très grosses qualités et se révèlent très tôt. Ils comprennent le jeu plus tôt, ils sont prêts dès 16 ans ou 17 ans. D’autres, c’est un peu plus tard.

Guela Doué à So Foot en 2024

Guela et Désiré se sont « tirés vers le haut », selon les mots de l’aîné, qui a tout simplement accepté que les choses viendraient de manière un peu moins précoce pour lui : « Une vie, une carrière, ça se construit chacun à son rythme. Certains ont de très grosses qualités et se révèlent très tôt. Ils comprennent le jeu plus tôt, ils sont prêts dès 16 ans ou 17 ans. C’est le foot qui change aussi. D’autres, c’est un peu plus tard. J’ai toujours été un bosseur, j’ai toujours cru en moi et ça a payé. » Il n’est pas le seul à avoir cru en lui. Bruno Genesio, qui l’a lancé dans le grand bain, a très vite apprécié le bonhomme à Rennes, pour ce qu’il dégageait à l’entraînement et les promesses qu’il lui faisait espérer.

Post Instagram Voir sur instagram.com

« Sur le terrain, il ne fallait pas trop être dans sa zone dans les petits jeux, sinon ça faisait mal avec Guela, il était dur, nous expliquait Romain Salin, son coéquipier en Bretagne, il y a deux ans. En fait, c’est un robot ! » Les mêmes prédispositions physiques que Désiré, une technique pas si dégueulasse et un statut de bon petit joueur de Ligue 1 qu’il a cultivé à Strasbourg ces deux dernières années, notamment sous Liam Rosenior. Il ne serait pas étonnant de voir des clubs toquer à la porte cet été, mais le grand Doué a une Coupe du monde à jouer. « Mon père est ivoirien, je vais en Côte d’Ivoire depuis tout petit, c’est mes racines, nous disait-il pour justifier son choix de sélection. Il n’y a aucun problème, je suis juste heureux. » Il l’était encore un peu plus ce jeudi soir.

De Nantes à Nantes, le diamant Rayan Cherki est poli

Par Clément Gavard

À lire aussi
Les grands récits de Society: La grande enquête Dupont de Ligonnès
  • Enquête
Les grands récits de Society: La grande enquête Dupont de Ligonnès

Les grands récits de Society: La grande enquête Dupont de Ligonnès

Comment un père de famille modèle en arrive-t-il à tuer sa femme, ses enfants, leurs chiens, puis disparaître ? Enquête sur une descente aux enfers.

Les grands récits de Society: La grande enquête Dupont de Ligonnès
Articles en tendances

Votre avis sur cet article

Les avis de nos lecteurs:

C'est une putain de bonne question !

Rayan Cherki doit-il être titulaire à la Coupe du monde ?

Oui
Non
Fin Dans 3j
136
50

Nos partenaires

  • #Trashtalk: les vrais coulisses de la NBA.
  • Maillots, équipement, lifestyle - Degaine.
  • Magazine trimestriel de Mode, Culture et Société pour les vrais parents sur les vrais enfants.