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Mateta, adieu les confs

Ce vendredi, à quatre jours de France-Sénégal, la conférence de presse lapidaire de Jean-Philippe Mateta a pu intriguer. La séquence interroge sur le joueur, autant que sur ceux qui lui font face.
Les joueurs n’aiment pas ça, les journalistes y résolvent rarement leurs interrogations, les supporters n’en raffolent pas forcément. Mais dans l’odyssée que représente un parcours en Coupe du monde, les conférences de presse restent un fil rouge qui, traditionnellement, alimente un storytelling, pose un cadre et permet d’établir, grossièrement, l’indice « le groupe vit bien » d’une sélection. Arrivée mercredi à Boston, échauffée jeudi lors d’un premier tâtonnement des terrains de la Bentley University de Waltham, l’équipe de France avait pour obligation de pousser deux hommes au pupitre, ce vendredi, à quatre jours de son entrée en lice face au Sénégal. Forcément un poil périlleux.
Et c’est donc Jean-Philippe Mateta, sa carrière de deuxième ordre et ses quatre sélections à 28 balais, que l’on a envoyés se faire malaxer avant l’entraînement. Lucas Hernandez, après dix-sept minutes de tchatche, venait de se lever de sa chaise pour redisparaître derrière le brise-vue. Du classique : au PSG, qu’il ait été titulaire ou non, qu’il y ait eu victoire ou non, c’est souvent cet énergumène que l’on envoie se frotter aux micros à la fin des rencontres. C’est rarement bien mémorable, mais c’est toujours dans les clous. Alors forcément, quand l’attaquant de Crystal Palace l’a suppléé sur l’estrade, on a cru entendre une dissonance. Dès les premières secondes.
Fous rires et media training
Ce furent onze minutes de réponses trois fois plus courtes que les questions – que ce soit sur son style de jeu, ses coéquipiers, sa situation en club ou la composition du groupe des Bleus –, de bouches bées face à la concision de chaque réplique, et d’échanges le plus souvent laborieux. Dans les rangées, il y eut des rires – de l’intervenant, vaguement, de l’assistance, beaucoup, de l’équipe communication, un peu moins – et beaucoup de flottement, comme lorsque l’ancien Castelroussin eut du mal à assimiler la question d’un journaliste italien en anglais – le joueur réside à Londres depuis cinq ans et demi – ou celle d’un reporter rwandais en français. Onze minutes de pas grand-chose, donc, mais dont une bonne partie de la salle se souviendra sans doute.
🇫🇷 Équipe de France 🗨️ J-P Mateta : "Si j'ai déjà évolué dans une équipe avec autant de talent offensif ? Non jamais, c’est que du bonheur !"#beINFWC2026 #FIFAWorldCup pic.twitter.com/QqBeOMXkIw
— beIN SPORTS (@beinsports_FR) June 12, 2026
Ça ne ressemblait pas à du foutage de gueule, ça n’était pas vraiment de la langue de bois, et on ne saurait dire si c’était vraiment de la timidité. Peut-être Jipé était-il impatient d’aller faire suer son grand corps sous les 30 degrés et cris de kids survoltés qui attendaient les Tricolores un peu plus tard dans l’après-midi. Peut-être n’avait-il pas forcément imaginé un jour se retrouver au pupitre d’une conférence de presse des Bleus avant un premier match de Coupe du monde. Peut-être rate-t-il chaque saison la journée media training organisée par son club ou son équipe nationale. Peut-être a-t-il simplement laissé parler sa spontanéité, et qu’elle ne contient aucune fioriture. Toujours est-il que ce vendredi, Jean-Philippe Mateta n’était pas venu prononcer les réponses habituelles que la cinquantaine de gros bonnets plantés face à lui aurait aimé pouvoir capturer.
C’est comme ça : le joueur est plus du genre à faire parler de lui pour sa présence dans les seize mètres, son rapport amour-haine avec les poteaux de corner ou sa manière d’enfiler un short, plutôt que pour des déclarations susceptibles d’être reprises en majuscules par des comptes X à neuf millions d’abonnés. Même dans le contexte plus intime d’une interview, l’homme ne se montre pas toujours très passionné, il faut bien l’avouer. Alors oui, on n’aura rien appris de plus – ou de moins – dans cette conférence de presse que dans celles qui ont précédé, ou dans celles qui succéderont. Mis à part qu’à sa manière, Mateta est lui aussi une sorte d’ovni sur la planète bleue.
On connaît la possible célébration de Kylian Mbappé pour le match face au SénégalPar Jérémie Baron, à Waltham (Massachusetts)
















































