S’abonner au mag

Cosmos New-York : le retour du grand cirque ?

Par
Réaction

Comme l’actuel président merengue, Steve Ross voyait le football comme un spectacle, bien entendu (sic), mais surtout comme une énorme pompe à fric capable de faire de l’ombre aux habituels sports ricains. Pour que le Cosmos existe, il fallut donc créer un championnat professionnel suffisamment compétitif pour brasser spectateurs, annonceurs et donc, billets verts. Les débuts furent compliqués. Ce sport de filles ou au mieux d’universitaires marginaux n’intéressait pas les Yankees. Seul Shep Messing, gardien du Cosmos, permit au soccer d’être médiatisé, notamment en posant nu dans le magazine VIVA

Ross et la Warner le savaient. Il fallait faire un coup, quitte à quémander de l’aide à Kissinger. Le roi Pelé débarque donc dans le royaume de Mickey pour évangéliser les stades américains. Au début, le coup marketing était au vrai un coup de génie. Le Giants Stadium était comble, mais pas pour longtemps… Avec 14 nationalités différentes dans son effectif, le Cosmos n’avait plus rien d’américain. Et ce n’est pas Beckenbauer ou Carlos Alberto qui allaient résoudre un public ultrapatriote à venir au stade pour s’enthousiasmer devant une bande d’immigrés. Le désintérêt du public finit par tuer le Cosmos. Sans public, et sans annonceurs, le club crevait lentement. D’autant que l’Italien Chinaglia, meilleur buteur de l’équipe, foutait un sacré bordel dans le vestiaire. Et on le comprend. Avoir une limousine, des femmes et le Studio 54 à portée de main dans la Grande Pomme des années 70 (et début des 80’s) peut très vite monter à la tête. En 1985, le cirque tire finalement et définitivement le rideau avec la désintégration de la North American Soccer League. RIP.

Vers un Cosmos 2.0 ?

Si le Cosmos n’existe plus en tant qu’entité, la franchise est, elle, toujours là. Dernièrement, l’Anglais Paul Kemsley l’a même rachetée pour la modique somme de 500 000 dollars à son ancien propriétaire Peppe Pinton. Ancien boss de Tottenham, Kemsley a un rêve : faire renaître le Cosmos. Il a également un deuxième rêve, intimement lié au premier : refaire une fortune pas mal égratignée par la crise économique mondiale. Réputé pour son sens agressif des affaires – « Si je veux quelque chose, je l’achète » –, Kemsley est surtout atteint de ludopathie. Les casinos de Las Vegas ne veulent plus voir la ganache de cet amateur de machines à sous, black-jack et autre poker. Heureusement, il lui restera toujours ses bons vieux paris : « Les courses de chevaux, de lévriers et les matchs de football sont essentiels dans ma vie désormais » . Ancien président du loser éternel de la Premier League et flambeur impénitent, le Cosmos est entre de bonnes mains avec Paul K., c’est sûr…

Kemsley a déjà un plan pour remettre le Cosmos d’aplomb : « Je veux acheter les meilleurs joueurs et d’anciennes gloires comme Paul Gascoigne et créer les Harlem Globe Trotters du football. L’équipe jouerait des matchs amicaux partout dans le monde en attendant que nous soyons réintégrés dans le championnat (la MLS) » . Un projet aussi ambitieux que futile qui soulève néanmoins certaines interrogations. Le football spectacle est-il possible sans enjeu ? Non, clairement. Sans obligation de résultat et l’intérêt de remporter des titres, que seraient des équipes comme le Barça, Manchester, Milan ou le Real Madrid ? D’autre part, quels joueurs seraient prêts à rejoindre une telle escouade ? Des vieux briscards comme Romario ou Gascoigne sûrement, des (pré)retraités comme Figo et Vieira sans doute, mais ce serait très rapidement lassant, et puis il y a déjà les pays du Golfe pour proposer des millions à des footballeurs en fin de vie… Enfin, le show voulu par Kemsley buterait également sur les tournées estivales des plus grands clubs. Des money tours où l’aspect sportif n’est pas aussi anecdotique qu’il n’y parait. Aujourd’hui, le Cosmos est toujours dans le coma. Le temps nous dira bien si les caprices de Kemsley sont aussi fous que ceux du galactique Perez. En attendant, le dvd d’“Once in a Lifetime” pourrait bien comprendre des bonus intéressants à défaut d’avoir une suite. Chose qui n’a jamais été bonne dans le cinéma…

A lire dans So Foot magazine N°41 : La légende du Cosmos New-York et d’Ahmet Ertegun.

Le lien

Que reste-t-il à raconter sur ce PSG ?

Par

À lire aussi
Les grands récits de Society: Silence de mort
  • Michel Fourniret
Les grands récits de Society: Silence de mort

Les grands récits de Society: Silence de mort

Juges, avocats, psychologues, ils ont fait face au tueur en série des Ardennes, Michel Fourniret. Et n’en sont pas sortis indemnes. Ils racontent.

Les grands récits de Society: Silence de mort
Articles en tendances
cdm-removebg-preview
January 28, 2026, Lisbon, Lisbon, Portugal: Anatoliy Trubin of SL Benfica celebrates a goal during the UEFA Champions League 2025/26 League Phase MD8 match between SL Benfica and Real Madrid C.F. at Estadio do Sport Lisboa e Benfica on January 28, 2026 in Lisbon, Portugal. (Credit Image: © Irina R. Hipolito/AFP7 via ZUMA Press Wire)   - Photo by Icon Sport
January 28, 2026, Lisbon, Lisbon, Portugal: Anatoliy Trubin of SL Benfica celebrates a goal during the UEFA Champions League 2025/26 League Phase MD8 match between SL Benfica and Real Madrid C.F. at Estadio do Sport Lisboa e Benfica on January 28, 2026 in Lisbon, Portugal. (Credit Image: © Irina R. Hipolito/AFP7 via ZUMA Press Wire) - Photo by Icon Sport
  • Mondial 2026
Le XI des joueurs qui vont rater le Mondial

Le XI des joueurs qui vont rater le Mondial

Le XI des joueurs qui vont rater le Mondial

Votre avis sur cet article

Les avis de nos lecteurs:

12
Revivez Real Madrid - Bayern Munich (1-2)
Revivez Real Madrid - Bayern Munich (1-2)

Revivez Real Madrid - Bayern Munich (1-2)

Revivez Real Madrid - Bayern Munich (1-2)

Nos partenaires

  • #Trashtalk: les vrais coulisses de la NBA.
  • Maillots, équipement, lifestyle - Degaine.
  • Magazine trimestriel de Mode, Culture et Société pour les vrais parents sur les vrais enfants.