S’abonner au mag
  • C1
  • Finale
  • PSG-Arsenal (1-1, 4-3 T.A.B.)

Peut-on gagner un titre et ne pas savoir danser ?

Par Oscar Crassous
3' 3 minutes
4 Réactions
Peut-on gagner un titre et ne pas savoir danser ?

Comme l’année dernière, les célébrations des champions d’Europe au Parc des Princes ont été l’occasion pour Désiré Doué et consorts de placer quelques pas de danse, comme à d’autres d’être moins à l’aise sur le dancefloor. Pas toujours évident d’être un grand champion sans savoir bouger.

Dimanche soir, porte de Saint-Cloud. Le Parc des Princes est plein à craquer après 24 heures de fête, de célébrations et se présente comme le dernier théâtre de la journée pour accueillir les champions d’Europe. Tout le monde veut (re)voir la coupe aux grandes oreilles, celle qui avait déjà fait chavirer les amoureux du club de la capitale l’année dernière. Au stade comme sur les réseaux sociaux, des scènes sont scrutées : l’entrée individuelle des joueurs sur la pelouse. Les projecteurs sont braqués sur eux, déboulant sur la musique de leur choix, qui doit les accompagner sur le tapis rouge jusqu’à l’estrade dans le rond central. Le mieux pour passer cette trentaine de secondes sans embûches, cela reste de savoir danser. Une arme indispensable pour les grands champions qui doivent célébrer des trophées chaque année ?

« C’est une manière de dire qu’on appartient à un même public »

« Ne pas savoir danser, ça n’existe pas. Tout le monde sait danser ! » Marina Gomes est chorégraphe, fondatrice de la compagnie Hylel, qui promeut la danse et la culture urbaine dans les quartiers populaires de Marseille. Oui, mais a-t-elle vu Fabián Ruiz parader comme un type moyennement à l’aise en boîte de nuit« Après, la danse, c’est comme tout, ce n’est pas un talent que tout le monde maîtrise pleinement, assume-t-elle. Mais c’est surtout une question de confiance. »

De la confiance, c’est sans doute ce dont disposent Désiré Doué et Bradley Barcola. Le premier a enchaîné les pas de danse sur Doja de Central Cee, le second s’est éclaté sur Terrain de Nono la Grinta. Avec une certaine assurance. « Ceux qui ont réussi dans cet exercice, ce sont ceux qui ont repris des mouv’ qui sont connus, qui ont circulé sur des trend, enchaîne Marina Gomes. C’est une manière de dire qu’on appartient à un même public. » Ça, Matvey Safonov l’a bien compris en entrant sur Kiname de Fally Ipupa.

Codes générationnels, patrimoine culturel

Rien de nouveau sous le soleil : le football se nourrit de la culture populaire, et inversement. « C’est important de replacer le foot comme un élément culturel. Ce n’est pas un sport, c’est la représentation d’une culture populaire », souligne Marina Gomes à propos des références que peuvent reprendre les joueurs après avoir planté un pion. « Ce sont des codes générationnels présents de manière intuitive. Ils font partie du patrimoine culturel des joueurs. »

Si on sait mettre un coup franc, on sait danser.

Marina Gomes, chorégraphe

De « Matuidi charo » à la reprise du signe JUL, beaucoup de footballeurs savent faire parler d’eux lorsqu’ils font trembler les filets. Des pas de hip-hop, de drill… des références à une culture urbaine qui cohabite avec le foot depuis plusieurs années maintenant. Alors à quand un rock entre Rayan Cherki et Michael Olise en équipe de France ? Ou bien une célébration d’Ousmane Dembélé en mode métalleux ? « On pourrait tout à fait l’imaginer, s’amuse Marina Gomes. Pas sûr que ça revienne à la mode, mais si c’est le cas, ce serait logique de voir ce genre de célébrations. »

En matière de petits pas de danse, le Brésil et certaines nations africaines sont difficiles à concurrencer, surtout quand il s’agit de se lancer dans des chorégraphies collectives ringardisant le boulot de Kamel Ouali. Marina Gomes n’y voit pas de « revendication identitaire », mais plus une énergie qui ressort « de manière intuitive ». Pour les footballeurs réticents à l’idée de bouger leurs corps sur le dancefloor, la chorégraphe marseillaise a un message à faire passer : « Le foot et la danse, c’est pareil. Si on sait mettre un coup franc, on sait danser. » Vivement le prochain titre pour Declan Rice. 

Ce qu’a dit Marquinhos à Gabriel après son tir au but raté face au PSG

Par Oscar Crassous

Propos de Marina Gomes recueillis par OC

À lire aussi
Les grands récits de Society: L'affaire Frédéric Péchier
  • L'anesthésiste tueur
Les grands récits de Society: L'affaire Frédéric Péchier

Les grands récits de Society: L'affaire Frédéric Péchier

Après le Prix Varenne, notre article sur L'Affaire Péchier a remporté le prix Angle Noir du Club de la Presse de Reims, qui récompense le meilleur fait divers de l'année.

Les grands récits de Society: L'affaire Frédéric Péchier
Articles en tendances

Votre avis sur cet article

Les avis de nos lecteurs:

Nos partenaires

  • #Trashtalk: les vrais coulisses de la NBA.
  • Maillots, équipement, lifestyle - Degaine.
  • Magazine trimestriel de Mode, Culture et Société pour les vrais parents sur les vrais enfants.