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  • Mondial 2026

Bon sang, arrêtez avec vos courses d’élan farfelues !

Evan MARGERIN
4' 4 minutes
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July 7, 2026, Vancouver, Bc, CANADA: Colombia's Davinson Sanchez (23) reacts after missing during the penalty kick shootout of a World Cup Round of 16 soccer match against Switzerland, in Vancouver, on Tuesday, July 7, 2026. (Credit Image: © Ethan Cairns/The Canadian Press via ZUMA Press)  - Photo by Icon Sport
July 7, 2026, Vancouver, Bc, CANADA: Colombia's Davinson Sanchez (23) reacts after missing during the penalty kick shootout of a World Cup Round of 16 soccer match against Switzerland, in Vancouver, on Tuesday, July 7, 2026. (Credit Image: © Ethan Cairns/The Canadian Press via ZUMA Press) - Photo by Icon Sport

Petits pas, arrêts, sauts et toutes autres fantaisies, depuis quelques années les courses d’élan sur les penaltys sont devenues un véritable sujet d’expérimentation chez les tireurs. Problème : quand c’est raté... on frôle le ridicule. Anatomie d’un fléau.

Le dernier accusé en date se nomme Davinson Sánchez. Face à la Suisse (0-0, 4-3 T.A.B), ce mardi soir, le pilier de la défense colombienne était le second à frapper son tir au but lors de la séance qui éliminera les compatriotes de Shakira. Quelques petits pas, un temps d’arrêt long comme le Nil et une patate sur la barre. Un manque de maîtrise flagrant.

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Quelques jours avant lui, c’est Bruno Guimarães qui avait été appelé à la barre. Face à la Norvège, l’ancien Lyonnais s’était présenté au petit point blanc, lui le meilleur frappeur disponible de la Seleção, d’après Vini : « Il tire mieux les penaltys que moi, et c’est pour ça que le coach l’a choisi. » Bref, cette manie prend de plus en plus de place dans le football.

N’est pas Ney qui veut

Trois grands pas rapides, puis une pause pour piétiner trois fois également et repartir à toute vitesse, la prise d’élan était parfaite, et heureusement vu comme il s’est appliqué à la faire, mais le plus important reste que le ballon soit au fond. Impassible, Nyland plonge sur sa gauche et repousse le ballon après une frappe très molle de Bruno Guimarães. Tout ce cinéma pour ça. Alors que ce n’est pas la façon la plus efficace de shooter. Selon une étude parue dans l’International Journal of Performance Analysis in Sport en 2020, ces courses d’élan, alimentées de pas d’arrêt, sont loin d’être les plus efficaces. En effet, celles qui fonctionnent le mieux seraient celles comportant deux à cinq pas maximum. Autrement dit : plus on en fait, moins ça marche.

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Pour réaliser ces courses d’élan loufoques, il faut être un spécialiste, et le roi en la matière se trouve lui aussi au Brésil en la personne de Neymar Jr. Avant d’annoncer sa retraite internationale, le fantasque Brésilien a pu démontrer sa réussite insolente une dernière fois, comme il l’avait fait auparavant en Ligue 1 avec seulement trois loupés sur 26 tentés. Sur les 23 qui ont fait mouche, Baptiste Reynet a été une des victimes de l’ancien Parisien, un soir de janvier 2018 marqué par un score fleuve (8-0) : « En réalité, ce n’est pas si imprévisible que ça. Si tu fais un pas de côté trop tôt, il le voit direct et il a cette capacité à te prendre à contre-pied. Et pourtant, ce n’était pas faute de m’entraîner. Je demandais même à des coéquipiers de reproduire son geste à l’entraînement, mais personne ne le fait mieux que lui. »

Mais n’est pas Ney qui veut. Ce nouveau geste technique apparu dans les années 2010, caractérisé par les pas d’arrêt comme pour hypnotiser le gardien, pourrait s’apparenter à de la nonchalance, un trop-plein de confiance de la part du tireur, qui donne un côté ridicule à leur raté. Et ça arrive même au meilleur, Lionel Messi pourra vous en parler. Face à ça, la bonne vieille sacoche, sobre et sans fioritures, peut largement faire l’affaire. Presnel Kimpembe face à la Nati à l’Euro 2021 en est la preuve formelle.

De la pression inutile

D’ailleurs, du côté des gardiens, on l’assure : ce folklore n’est pas si déstabilisant. Si on cherche une explication à ce nouveau rituel du pas d’arrêt, la théorie la plus commode consiste à dire qu’il s’agit de perturber le gardien planté sur sa ligne, onze mètres plus loin. Mais si cette idée reçue n’était pas qu’une excuse pour rendre crédible quelque chose de loufoque, un brin inutile ? Baptiste Reynet, fort de ses 10 penaltys arrêtés dans l’élite (le deuxième meilleur total au XXIe siècle), n’y voit en tout cas pas grand intérêt : « Franchement, ça ne me perturbait pas plus que ça. On est préparés, on connaît la façon dont le tireur va s’élancer, explique-t-il. Ce qui compte surtout, c’est de ne pas se décider trop tôt sur le côté où plonger en regardant bien le tireur. C’est une règle que j’ai toujours respectée. »

Autant dire que cette manie n’a plus rien d’imprévisible. En 2026, le football est disséqué avec un tel niveau de détail que les gardiens abordent une séance de tirs au but avec des fiches plus complètes que celles faites avant de passer un partiel. « Cette mode des pas d’arrêt, ça fait maintenant plusieurs années qu’on la voit apparaître. À l’entraînement, on étudie déjà la gestuelle des tireurs potentiels, confirme Reynet. Et puis, je crois surtout que les joueurs se compliquent la tâche tout seuls, en s’imposant une pression inutile. » Alors oui, la plupart du temps ça fait mouche, mais il ne faut pas oublier que la probabilité de rater sa frappe aux onze mètres est très faible. D’après Opta, le taux moyen de réussite des penaltys s’élève à 76 % au niveau international. Pour donner une indication : sur les 20 penaltys ou tirs au but ratés dans ce Mondial, 9 ont été exécutés avec ce foutu pas d’arrêt.

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Evan MARGERIN

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