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ACTU MERCATO

Au-delà du mercato : qu’est-ce qu’Al-Shabab ?

Par Amaury Gonçalves

Début juin, le Fonds d’investissement saoudien (PIF) rachetait quatre clubs du championnat local, pouvant plus facilement les mettre en avant sur la scène mondiale. Objet du quatrième épisode de notre série sur l’histoire des clubs saoudiens, Al-Shabab n’en fait pas partie, mais tente tout de même de participer au mouvement vers l’avant du football.

Au-delà du mercato : qu’est-ce qu’Al-Shabab ?

L’ADN : le jeune club le plus vieux de Riyad

En Arabie saoudite, la plupart des clubs ne voient le jour qu’à partir des années 1950, parallèlement à la création d’une fédération locale. À Riyad, quelques jeunes adeptes du football n’attendent pas cette vague pour surfer dessus et créent, dès 1947, le club d’Al-Shabab qui signifie « jeunesse » en arabe. Un club de jeunes étant aujourd’hui le plus ancien de Riyad évoluant en Saudi Pro League. Al-Hilal, autre club résident de la capitale, est d’ailleurs né d’Al-Shabab, les désaccords entre les dirigeants de l’époque ayant amené à une scission divisant le club en deux entités distinctes en 1957. Là commence pour Al-Shabab une longue traversée du désert saoudien. Touché par de sérieux problèmes financiers, le club perd la plupart de ses joueurs qui rejoignent les nouveaux grands clubs d’Al-Hilal, Al-Nassr et Al-Ahli. Seuls les jeunes joueurs restent fidèles au club, lui permettant de survivre tant bien que mal.

Après une période interminable durant laquelle Al-Shabab se résout à occuper une place de second rang, les Lions blancs font une entrée fracassante dans les années 1990. Là encore, c’est à travers ses jeunes que le club brille. Sacré champion pour la première fois en 1991, Al-Shabab enchaîne et devient le premier club saoudien à être triple champion en titre en 1993. Cette même année, il atteint la seule et unique finale de Ligue des champions de son histoire, sans réussir à faire tomber le PAAS Téhéran en finale. Ces succès reposent sur une génération dorée et légendaire. Celle de Saeed Al-Owairan et Fuad Amin, légendes saoudiennes des nineties. Si les Lions blancs remportent trois nouvelles fois la SPL depuis la fin de cette ère, ils restent désavantagés par une puissance économique moindre – mais qui reste importante – vis-à-vis des autres clubs de Riyad. Et l’intervention récente du PIF dans les affaires des clubs saoudiens ne devrait rien arranger.


Côté ville : Al-Shabab et la modernisation du Riyad industriel

À côté des gratte-ciel en tous genres de la Riyad financière et marchande, certains quartiers de la capitale restent plus en retrait de cette ultramodernisation. C’est le cas du district industriel de Sinaiyah, à l’est de la ville, où l’on trouve le stade du prince Faysal bin Fahd, lieu de résidence d’Al-Shabab. Mais comme l’ensemble du quartier, l’enceinte y est plutôt vétuste avec une capacité d’accueil d’à peine 10 000 spectateurs. Jusqu’à ce qu’en 2019, le président du club lance un projet d’aménagement du stade et de création d’un grand complexe sportif et d’une académie, en plein centre du quartier. Accompagnées par la construction de centres commerciaux, d’hôtels de luxe et de grands restaurants, ces installations sportives bénéficieront à l’ensemble d’un quartier encore en marge d’une Riyad internationale.


Héros d’antan : Saeed Al-Owairan, la gloire faite maison

À Al-Shabab, rares sont les joueurs étrangers à s’être illustrés. Pour une question de moyens et de traditions, on y a toujours préféré les joueurs formés au club depuis leur plus jeune âge. Les joueurs comme Saeed Al-Owairan. Joueur le plus capé et meilleur buteur de l’histoire du club, il mène la génération dorée des années 1990 vers ses trois titres consécutifs entre 1991 et 1993. Ailleurs que dans la péninsule Arabique, c’est surtout à l’occasion du Mondial 1994 qu’on le découvre. Lors du dernier match du groupe F contre la Belgique, le « prince du désert » devient le « Maradona saoudien ». Après un slalom de 70 mètres entre les Diables rouges, Al-Owairan inscrit un but mémorable qualifiant l’Arabie saoudite pour l’unique fois de son histoire au-delà d’une phase de groupes d’une telle compétition. Au tour suivant, lui et sa bande ne réalisent pas de nouvel exploit et sortent face à la Suède.


L’avis de Pedro Caixinha, ancien entraîneur du club (2020-2021)

« Al-Shabab est très attaché à ses jeunes joueurs, ça fait partie des valeurs historiques du club. Toutefois, le fait que le soutien gouvernemental soit bien plus appuyé pour les “quatre grands” oblige aujourd’hui Al-Shabab à se tourner vers des recrutements onéreux à l’étranger. C’est et ce sera vital pour eux, s’ils veulent continuer à rivaliser avec Al-Ittihad ou Al-Nassr. Les projets du président visant à créer de nouvelles infrastructures aideront à cela. Le club aura de plus grandes capacités financières et de meilleurs arguments sportifs, sans cesser de parfaire sa formation. »


Quelle équipe pour Al-Shabab en 2023-2024 ?

Comme partout en Arabie saoudite, certaines traditions changent depuis quelques années, et Al-Shabab n’y fait pas défaut. Malgré une attache viscérale à ses jeunes pousses, le club n’hésite plus à faire venir des stars internationales à l’est de Riyad. Arrivé en 2020, Éver Banega est devenu le capitaine et le joueur tendance du club, numéro 10 sur le dos. La saison prochaine, il évoluera au moins aux côtés du Colombien Gustavo Cuéllar, ancienne star du rival d’Al-Hilal, et du gardien international sud-coréen Kim Seung-gyu. D’autres joueurs bien connus en Europe pourraient y débarquer prochainement, puisqu’Al-Shabab semble déterminé à se franciser en recrutant Hugo Lloris et Alexandre Lacazette, avec qui des négociations sont en cours depuis plusieurs semaines. Les Lions blancs s’attaquent aussi au marché italien pour le recrutement de joueurs de couloir tels que Leonardo Spinazzola ou Joaquin Correa, leurs noms revenant avec insistance dans la presse saoudienne. Sur le banc, Philippe Clément et Christophe Galtier sont convoités. Reste à savoir si ce dernier se montrera plus compréhensif en Arabie saoudite durant le mois de ramadan.

Par Amaury Gonçalves

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