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Anthony Martial a-t-il franchi un cap ?

Par Nicolas Jucha
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Anthony Martial a-t-il franchi un cap ?

Métamorphosé depuis le match de Ligue des champions à l'Emirates contre Arsenal, Anthony Martial enfile les buts comme des perles depuis fin février. Simple feu de paille ou réel passage de palier pour le grand espoir de l'AS Monaco ?

25 février 2015, Emirates Stadium. Monaco est en train de déjouer tous les pronostics sur la pelouse d’Arsenal en huitièmes de finale aller de Ligue des champions. Certes, les hommes de Leonardo Jardim profitent de la maladresse adverse, mais ils impressionnent par leur cohésion collective et leur sérénité. Individuellement également, certains Monégasques crèvent l’écran, à l’image d’Anthony Martial. Lancé par Fabinho qui vient d’arracher un ballon aux Gunners, l’ex-Lyonnais part dans la profondeur et trouve la lucidité pour servir impeccablement Dimitar Berbatov. 2-0 à la 53e. Monaco réalise un grand coup à Londres, l’international espoir vient de relancer sa saison.

4 buts en 4 matchs de Ligue 1 depuis Arsenal-Monaco

Avant la soirée magique de l’Emirates, le jeune Francilien n’avait plus été décisif depuis le 14 décembre et une passe décisive contre l’OM. Depuis ? Quatre buts en Ligue 1 en autant de rencontres, et l’impression d’avoir enfin trouvé sa place dans les plans de Jardim. Utilisé comme remplaçant durant l’essentiel de la première partie de saison, il enchaîne désormais les titularisations à son poste de prédilection, attaquant, en étant décisif. « Il ne redescendra pas. Anthony marche à l’affectif, c’est encore un gamin. Toutes les critiques sur sa nonchalance prétendue n’ont pas aidé dans le passé, mais Jardim a su l’écouter, lui faire prendre conscience de la chance qu’il avait d’être où il est » estime Mahamadou Niakaté, entraîneur du CO Ulis, le premier club d’Anthony Martial, comme pour Thierry Henry et Patrice Évra. Après une première saison timide sur le Rocher (11 matchs de Ligue 1 pour 2 buts), l’Antillais affiche désormais des statistiques plus conformes aux espoirs qu’il suscite : 5 buts en 26 matchs de Ligue 1, plus 3 en coupes et une passe décisive cruciale en Ligue des champions donc.

Regretté par Rémi Garde

Pour ceux qui le connaissent depuis longtemps, ce retour en grâce de Martial n’a rien d’une surprise. À l’annonce de son transfert à Monaco pour 5 millions d’euros en juin 2013, Rémi Garde, alors entraîneur de Lyon, avait indiqué « regretter de ne pouvoir travailler plus longtemps avec ce joueur » . Pour Niakaté, pas de doutes, « les grands entraîneurs reconnaissent les grands joueurs. Déjà, gamin, c’était un régal de le voir jouer. Il a quelque chose. Même des clubs anglais étaient sur lui quand il avait 14 ans, âge où il aurait pu jouer avec nos seniors » . Repéré par Lyon, il rejoint le club rhodanien en 2009, arrive à planter plus de 30 buts sur une même saison, ce qui lui permet d’aller à l’Euro U17 2012 – 1 but malgré l’élimination au premier tour de la France – avant d’être surclassé en U19 pour l’Euro 2013 qui voit les Bleuets de la génération Rabiot échouer en finale contre la Serbie.

Plus gros potentiel que Thierry Henry ?

Présent dans toutes les catégories depuis les U16, le jeune attaquant apparaît comme un futur grand, et pas seulement parce qu’il a le même poste et la même ville d’origine que Thierry Henry : « C’est un peu le même rôle sur le terrain. Thierry Henry allait super vite, mais il était aussi beaucoup plus grand que les autres en taille, alors qu’Anthony faisait la même taille que les autres malgré sa puissance et sa vitesse, donc il passait plus inaperçu » se souvient Niakaté, qui a évolué aux côtés d’Henry et vu Martial grandir. Pour le formateur ulissien, admiratif, l’avenir de l’attaquant de l’ASM s’annonce brillant, peut-être meilleur encore que celui du champion du monde 1998. Si le frère de Johan, défenseur à Brest, n’a pas encore l’étoffe d’un Ballon d’or et beaucoup à prouver, son potentiel de futur international semble évident. Mais pour Niakaté, ce n’est pas tant la conduite de balle ou l’adresse devant le but du joueur qui lui inspire confiance que la personnalité d’un gamin « très bien conseillé par sa famille et qui écoute les bonnes personnes » .

Ulis revient

Pour s’en convaincre, il suffit de laisser l’éducateur évoquer les premiers pas footballistiques de Martial : « Il est arrivé à 5-6 ans, et à cet âge-là, les gamins foutent le bordel. L’école de foot, c’est limite une garderie plus qu’un entraînement. Lui, pas du tout. Il venait là pour jouer au foot, il savait déjà taper dans un ballon, il était plus concentré que les autres. » Studieux, calme – ce qui lui a valu d’être taxé de nonchalance – et surtout toujours les pieds sur terre grâce à de fréquentes visites dans le club de ses débuts pour regarder les rencontres des plus jeunes, offrir des billets pour les matchs de l’AS Monaco, ou encore simplement discuter avec les membres du COU. Une attitude humble qu’il tient visiblement de son paternel : « Son père aussi vient voir les matchs de DH, c’est une famille de foot, humble et passionnée. Dorian, l’autre frère d’Anthony, évolue dans l’équipe première des Ulis » atteste Mahamadou Niakaté. À l’attaquant de confirmer son éclosion contre les Verts.

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Par Nicolas Jucha

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