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And the Winner is Manchester United !

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And the Winner is Manchester United !

En rayant définitivement Liverpool de la carte de l'Angleterre (3-0), Manchester United avait déjà fait une bonne part du taf. Chelsea a fait le reste en étouffant Arsenal (2-1). Les Red Devils seront champions, épiçétou !

Manchester United – Liverpool : 3-0

Ça va finir par relever de la génétique. C’est presque inscrit dans leurs ADN respectifs. Manchester United ne peut pas perdre face à Liverpool. C’est comme ça, pourquoi se casser à analyser ? Ça fait quatre ans que ça dure et personne n’a sérieusement envisagé que ça cesse ce dimanche. Pas même Liverpool. On allait dire : surtout pas Liverpool. Encore une fois, les Reds se sont pointés avec l’idée première de ne pas perdre. Le genre d’attitude suicidaire.

Dans des dispositifs similaires, gros milieu avec une seule pointe, les deux équipes ont d’abord passé une demi-heure à se regarder. Comme dans les westerns de Sergio Leone, aucun des deux n’a bougé un cil mais s’est appliqué à faire monter la sauce. Un vrai succès pour Manchester. Liverpool a commencé à dégoupiller tout seul. Javier Mascherano a commencé à tchatcher sur chaque décision et aucun partenaire n’a songé à venir le calmer. Aux fraises les gars et biscotte pour l’Argentin !

En face, Wayne Rooney a tout de suite compris que Skrtel avait délégué son frère jumeau sous Prozac. L’Anglais s’est donc amusé à resquiller entre les lignes, a dribblé sans forcer, et distribué. Comme aux alentours de la demi-heure, quand, tranquillou sur le flanc gauche (Arbeloa ? Quelqu’un ?), il ajuste un centre aux petits oignons pour Wes Brown (1-0). Un signe quand on y pense, ce Brown, ci-devant latéral gauche, en position d’avant-centre sur une attaque placée. Même pas peur Brown puisqu’aucun Red n’était seulement venu le chatouiller jusque-là dans son couloir. Alors pourquoi se gêner ?

En face, Fernando Torres est, lui, un vrai avant-centre de métier. Mais cette fois, c’était juste pour faire semblant. Prié de se muer en premier défenseur, il pouvait, si le cœur lui en disait, aller au casse-pipe sur des passes en forme de dégagements. Excédé, El Nino a même pris une biscotte pour protestation après une faute pourtant sifflée en sa faveur. Anecdotique ? Oui… sauf pour l’impayable Mascherano, à 40 mètres de l’action, venu délivrer son analyse à l’arbitre. Re-biscotte, la 2e pour le Gaucho. Dehors ! Oui, Liverpool a bien deux visages. En Ligue des Champions, il fait craquer deux fois l’Inter Milan (deux expulsions milanaises). En Premier League, c’est lui qui s’énerve. L’ADN, coco, l’ADN.

Le reste ? Une purge entre des Red Devils sûrs du verdict et des Reds…ben, sûrs du verdict aussi. Cristiano Ronaldo, à côté de ses pompes dans le jeu, en a profité pour soigner ses incroyables stats (25 buts en championnat, 34 au total) grâce à son premier but face aux Reds. Super Nani a suivi (quelle frappe croisée !). Le public d’Old Trafford peut ressortir la banderole, toujours la même : « Maybe next year, Liverpool » .

Chelsea – Arsenal : 2-1

On avait cru que Sir Alex Ferguson faisait un peu le coup du mépris. « Je pense que Chelsea est notre plus sérieux concurrent pour le titre » . Et les Gunners, ils sentent le gaz ? Et pourtant, on est obligé de constater que Fergie, bon pied (à quand un nouveau coup de savate dans la gueule d’un de ses joueurs ?), bon œil.

Car l’histoire risque d’être cruelle pour Arsenal. Après avoir mené le bal pendant toute la saison ou presque, les Canonniers sont en train de gentiment laisser filer. Quatre nuls et une défaite donc : la double confrontation face à Milan en 8e de Ligue des champions a laissé des traces. Difficile de n’y voir qu’une coïncidence. Car outre les résultats bruts, le fond de jeu s’est largement délité. Et c’est sans doute le plus grave.

Face à Chelsea, Arsenal a tellement déjoué que Chelsea a pris le jeu à son compte. Les Blues en étaient comme deux ronds de pudding. Envolé le jeu de passes, disparu le mouvement. Et puis il y a Adebayor, revenu en mode Ligue 1 depuis qu’il a coupé ses tifs. L’attaquant togolais, stratosphérique jusqu’à Milan, a décidé de tout bazarder depuis. Et puis, il y a le fabuleux Hleb qui, lui, a profité du retour en Lombardie pour aller chiner du côté de l’Inter. L’agent de Hleb s’est évertué à expliquer que le Biélorusse était juste sorti manger une glace. Oui, avec Moratti…

Bref, il y a quelque chose qui ne tourne plus très rond chez les Arsènaux. Bakary Sagna a bien tenté un truc. Marquer son premier but professionnel par exemple (62e, 1-0). Mais rien n’y a fait. Le même Sagna s’est démonté la cheville un quart d’heure plus tard. Ça fout le bazar dans la défense (l’inexpérience) et Chelsea revient direct aux basiques : on balance vers Drogba. Doublé pour l’Ivoirien sur deux attaques aux antipodes de la culture arsenalienne post-moderne (73e 81e, 2-1). Celle où les Gunners jouent toujours bien et finissent toujours par perdre. Il ne reste donc plus guère que la Ligue des Champions à Arsenal pour faire mentir l’histoire. En quarts, il retrouvera Liverpool dans le duel des losers du championnat. On en connaît beaucoup en France qui aimeraient avoir pareil lot de consolation.

Par Dave Appadoo

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