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Alors, le titre, c’est toujours pour Arsenal ?

Par Romain Canuti
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Alors, le titre, c’est toujours pour Arsenal ?

À peine désigné comme favori pour le titre, Arsenal s'est ramassé 4-0 à Southampton. Simple accident ou lose made in Wenger ?

Pour le Boxing Day, alors qu’ils avaient l’opportunité de passer pour la première fois de la saison en tête de la Premier League, les Gunners se sont vautrés, et pas qu’un peu, à Southampton. Une défaite 4-0 qui a fait ressortir tous les mauvais côtés du club du Nord de Londres. D’abord une prestation très pâle du gardien, un Wenger qui s’en prend à l’arbitrage à la fin du match, et une équipe dans sa globalité qui s’est fait dessus au moment où le championnat commence à devenir sérieux. Pourtant, depuis sa probante victoire contre Manchester City le week-end dernier, les compliments se sont étalés sur toutes les pages de presse. Tous nous expliquaient pourquoi cette équipe allait finir sur le trône, comme en 2002 et 2004 lorsque la bande d’Arsène abordait également le Boxing Day en deuxième position. Mais la défaite à Southampton relance le débat : et si la lose n’avait pas vraiment abandonné le club ? Et si cette équipe était plutôt l’héritière des cuvées 2008 et 2010, lorsque Fàbregas et ses copains faisaient office de grands favoris en janvier pour mieux s’écrouler à l’hiver ?

Le culte du leader

Malgré la défaite, il y a toujours de quoi être optimiste pour les Canonniers. Car l’argument massue du début de saison est toujours d’actualité : qui d’autre à part eux, franchement ? Leicester a montré ses limites à Liverpool, Manchester United est en crise, tout comme Chelsea, Tottenham sera déjà très heureux d’être dans le top 4. Reste Manchester City, qui a gagné facilement contre Sunderland samedi. Mais qui a perdu sur blessure Kompany. Ce qui veut dire qu’il reste Otamendi, Demichelis et Mangala pour composer la défense centrale. À côté d’eux, Mertesacker passerait presque pour le digne successeur de Mathias Sammer. Mais là où cette équipe a vraiment de quoi avoir le sourire en regardant le passé, c’est sur la composition même de son équipe. En 2008 et 2010, Arsenal présentait des formations complètes, cohérentes, sans avoir vraiment une individualité qui sorte du lot.

Le 4-4-2 de 2008 se reposait avant tout sur un duo Fàbregas-Flamini qui se chargeait de tout, en 2010, c’est un milieu 5 étoiles qui faisait la diff (Nasri, A. Song, Fàbregas, Diaby, Arshavin). Mais en 2002 et 2004, l’équipe était avant tout celle d’un homme. En 2002, le 4-4-2 à plat était fait pour Patrick Vieira, qui valait sûrement les 550 millions de francs que proposait pour lui le Real Madrid à chaque mercato. En 2004, l’équipe était toujours en 4-4-2, Vieira était toujours là, mais c’était au tour de Thierry Henry d’être touché par la grâce. Cette saison, Mezut Özil semble parti pour rendre mythique son numéro 11, comme le 4 et le 14 avant lui. Meilleur passeur du championnat, il peut battre des records et a une équipe bâtie autour de lui, avec de nombreux profils offensifs variés : de l’attaquant de surface, de l’attaquant de profondeur, de l’ailier qui bouffe la ligne de touche, du milieu technique…

Le problème, ce n’est pas d’être blessé, c’est d’être remplacé

Derrière lui, l’Allemand pouvait compter sur un duo de milieux défensifs inédit. Francis Coquelin et Santi Cazorla se sont vite rendus indispensables. Mais ils se sont tous les deux blessés. La lose Arsenal. Comme en 2008, lorsque l’équipe ne s’est jamais vraiment remise de la blessure d’Eduardo, le complément idéal d’Adebayor devant, ou en 2010 lorsque Van Persie n’a pas été en mesure d’occuper la pointe de l’attaque toute la saison. Sauf que le problème ne vient pas vraiment de là. En 2002, Van Bronckhorst avait été arraché aux Rangers pour soutenir Vieira au milieu. Mais il ne s’est jamais remis d’une blessure contractée dans les premières journées. En 2004, c’est Wiltord qui fait le coup du mec qui pense s’être blessé pour quelques semaines, mais qui est en fait indisponible toute l’année. Et ça n’a pas empêché les Gunners d’être champions.

Ce qui change, c’est donc peut-être la réaction de Wenger. Si le coach alsacien est bon dans la réorganisation de son équipe, en ce qui concerne l’animation du jeu, mais aussi tout simplement la gestion de ceux qui jouent peu, et le caractère de certains dans le vestiaire. En 2004, il fait signer au mercato Reyes. L’attaquant espagnol ne confirmera jamais les espoirs placés en lui, mais il aura le mérite de mettre la pression sur les autres éléments offensifs. En 2008, il cède et laisse Lassana Diarra partir au mercato. Du coup, quand Flamini est absent trois semaines au printemps, il n’y a personne pour le remplacer. Le laps de temps est suffisamment grand pour que le club se vautre en Ligue des champions, en championnat et en Cup. À Wenger de prévoir le coup en janvier. Avec d’éventuelles recrues, mais aussi Debuchy ou Oxlade-Chamberlain qui commencent à en avoir marre d’être sur le banc.

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