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AJ Auxerre, le bordel interne qui a fini par exploser au grand jour

Par Julien Duez
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AJ Auxerre, le bordel interne qui a fini par exploser au grand jour

A peine son maintien validé en Ligue 1, l'AJ Auxerre vient d'effectuer un atterrissage brutal. La raison ? Une guerre ouverte entre le directeur sportif David Wantier et une large frange du public qui appelle désormais ouvertement à sa démission. Pas idéal pour préparer sereinement l'exercice 2026-2027. On fait le point.

La bouillante euphorie qui a accompagné le maintien aux forceps de l’AJ Auxerre en Ligue 1 dimanche dernier a vite été refroidie par les tensions internes qui ont cristallisé le club bourguignon tout au long de la saison. « On ne va pas bouder notre plaisir, mais on n’oublie pas non plus de se reconcentrer sur l’essentiel : #WantierOut », pouvait-on par exemple lire sur les forums de supporters. Hormis une banderole hostile déployée contre Lorient, les ultras ont plutôt fait le choix du soutien sans faille à Christophe Pélissier et son équipe, plutôt que d’aller au clash avec la direction, comme cela s’est notamment vu à Nantes ou à Nice. Une tactique qui s’est finalement révélée payante pour assurer le maintien, certes sur le fil, tout en évitant de faire imploser la machine en cours de route. La direction auxerroise a elle aussi plaidé l’union sacrée et le choix de maintenir Pélissier en place coûte que coûte s’est lui aussi avéré gagnant.

Cette ville est trop petite pour nous deux, cow-boy

Seulement le vernis a fini par se craqueler. Impossible d’entamer le prochain exercice sans une profonde remise en question, à commencer par celle d’un recrutement raté, obligeant l’entraîneur à bricoler des XI différents journée après journée pour faire face aux blessures à répétition et à l’absence quasi-totale de profondeur de banc. En interne, la cohabitation entre Pélissier (dont le contrat court encore un an) et sa direction sportive ne tient plus. Au point que le propriétaire de l’AJA, James Zhou, va convoquer les deux parties, en plus du président délégué Baptiste Malherbe, la semaine prochaine chez lui en Chine, où il est retenu pour des problèmes de visa, afin de faire le point.

« On arrive en fin de saison, c’est l’heure des bilans. Moi j’ai fait le mien avec les joueurs, on va faire avec le staff, la direction fera le sien aussi, et puis les décisions seront prises, résumait Christophe Pélissier au micro d’Ici Auxerre. Si je fais partie du projet, tant mieux, autrement, ben voilà… » Zhou devra donc trancher ouvertement en faveur de l’une ou l’autre partie, sans quoi il semblerait compliqué de respecter la promesse brandie à la fin de son communiqué envoyé aux supporters à la suite du maintien : « Nous serons meilleurs la saison prochaine ».

Seul contre (presque) tous

Du côté des supporters justement, le choix est vite fait et se résume à ce mot-dièse, #Wantierout, que l’intéressé avait vertement critiqué au mois de février dans les colonnes de L’Equipe : « C’est facile d’écrire, planqué derrière un ordinateur », tranchait-il à l’occasion de l’une de ses très rares prises de parole publiques. Au lendemain d’une pétition, puis d’une lettre ouverte publiée par un club de supporters familial, les Ultras Auxerre 90 ont décidé de le prendre au mot en organisant une manifestation tout ce qu’il y a de plus présentiel ce samedi, devant l’Abbé-Deschamps. Le mot d’ordre sera d’appeler au départ du directeur sportif, de soutenir l’entraîneur et le président, sans oublier de remercier le propriétaire chinois qui n’a, à ce jour, toujours pas remis en question son engagement au sein d’un club à la tête duquel il s’apprête à souffler sa dixième bougie.

Comme l’AJA, David Wantier – qui n’a pas répondu à nos sollicitations à l’heure de la publication de cet article – se trouve à un tournant. Et bien isolé face à la fronde dont il fait l’objet. Selon nos informations, la majorité des salariés du club fait également front en faveur du duo Pélissier-Malherbe et souhaiterait le départ du directeur sportif, jugé comme étant un élément perturbateur au sein du groupe. Un groupe qui ne vit donc pas si bien que ça malgré la joie de rempiler pour une 36e saison en Ligue 1 et reste dans l’attente du verdict du juge de paix. Même si le bilan comptable joue en la faveur de Wantier après quasiment quatre ans en poste, le public auxerrois ne semble pas se fier aux seuls chiffres pour accorder ou non sa confiance. Une position qui peut paraître anachronique au sein du football moderne, mais vient rappeler que le facteur humain reste primordial. Surtout en temps de crise.

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Par Julien Duez

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