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Milan : joues rouges et idées noires

Par Tristan Pubert
4' 4 minutes
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Milan : joues rouges et idées noires

Dans le top 4 durant 34 journées, le Milan a vu son monde s’effondrer lors de la dernière bataille, chez lui : une défaite 2-1 face à Cagliari qui éjecte la bande à Maignan de ce top 4, synonyme de Ligue des champions. Une surprise ? Pas vraiment.

Le topo était pourtant simple. L’AC Milan n’avait besoin que d’un match nul pour assurer son ticket pour la Ligue des champions, à San Siro, face à une équipe de Cagliari déjà en vacances, elle qui avait assuré son maintien le week-end dernier. Et quoi de mieux pour les Rossoneri d’ouvrir la marque après moins d’une minute de jeu par l’intermédiaire de Saelemaekers ? Mais une nouvelle fois cette saison, le Milan a fait du Milan. Autrement dit, un but et basta. Voyant que la bande à Rabiot faire preuve de suffisance, les Cagliartini se sont mis à jouer, sans complexe et s’imposent 2-1, un score qui aurait même pu être plus large sans un grand Maignan.

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Une huitième défaite cette saison pour les Milanais, la sixième sur les dix derniers matchs, synonyme de non-qualification pour la Champions. Un drame qui a plusieurs visages, dont celui de Massimiliano Allegri, symbole d’un football italien malade.

Allegri le fossoyeur

Après un exercice 2024-2025 déjà chaotique, Massimiliano Allegri était censé ramener cette gagne et remettre le Diavolo sur le devant de la scène italienne. Résultat : une cinquième place logique. Logique tant le septuple champion d’Europe n’aura rien montré pendant 38 journées : une équipe à l’image de son coach, pourtant encore soutenu par une partie des supporters milanais, notamment la Curva Sud.

Fidèle à son 3-5-2, Allegri a fait du Allegri. Traduction : un jeu défensif, poussif, ronronnant, se contentant de jouer les transitions rapides, reposant sur des individualités inadaptées à ce système. Face au 16e avant la rencontre, dans son stade, le Milan a une nouvelle fois délivré une piètre performance, donnant l’impression d’une équipe perdue, amorphe, médiocre. Jusqu’ici, le Mister bénéficiait d’une protection : tant que l’équipe est dans les clous, à savoir le top 4, alors tutto va bene. Et maintenant ? Que reste-t-il à Allegri ? Que retenir de son passage sur le banc rossonero (qui pourrait se terminer ici) ? Quels sont ces mérites ? Comme le dit si bien le dicton, le résultat est la conséquence du jeu. Cette cinquième place du Milan est la conséquence de 38 journées médiocres, ni plus, ni moins. Après la rencontre, l’ancien entraîneur de la Juve a estimé « ne pas pouvoir expliquer cet effondrement lors de la phase retour. » Les explications sont pourtant claires : celle d’un club dans le chaos qui a décidé de faire confiance à Massimiliano Allegri en 2026. Tout est très clair, limpide.

Du Scudetto au néant

Il y a quatre ans quasiment jour pour jour, l’AC Milan remportait son 19e Scudetto. Après avoir mangé leur pain noir pendant presque dix ans, les tifosi milanais pensaient alors que leur Diavolo était de retour. Il faut dire qu’il y avait de quoi s’emballer : Paolo Maldini aux commandes, une équipe séduisante avec des joueurs attachants (Tonali, Bennacer, Tomori, Hernández, Kessie, Maignan, Leão, Brahim Díaz, ou encore Giroud) et surtout, une dynamique positive.

Quatre piges plus tard, et une vingtaine de jours après le 21e sacre du voisin intériste, c’est sous la bronca de San Siro et après plusieurs contestations de la Curva Sud que l’AC Milan conclut cet exercice 2025-2026. Si certains visages sont toujours là, les rires ont laissé place aux grimaces. « J’ai les mains faites pour l’or, mais elles sont dans la merde » disait Tony Montana. Pour Gerry Cardinale, propriétaire du club depuis septembre 2022, c’est l’inverse : il avait de l’or dans les mains mais il en a fait de la merde. Le licenciement de Paolo Maldini et la vente de Tonali à l’été 2023, une vision du football qui se caractérise par la volonté de développer la marque Milan au détriment du sportif (en atteste la hausse du prix des billets à San Siro) et des choix catastrophiques : tel est le bilan de Red Bird. Depuis l’arrivée du fonds d’investissement états-unien à la tête du club, le navire rouge et noir ne cesse de couler, sans commandant à bord. Une nouvelle preuve que ces Ricains doivent se tenir le plus loin possible du football.

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Par Tristan Pubert

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