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Southampton, terre sainte en perdition ?

Un président qui fout le camp, une propriétaire qui envisage de vendre, un entraîneur et des joueurs dont l’avenir est en suspens… Sans doute la plus belle surprise durant la première partie de saison de Premier League, Southampton vit des heures agitées en coulisses. Une période délicate à gérer pour un club qui avait bâti son renouveau depuis sa rétrogradation en League One, en 2009, à partir d’un projet cohérent, séduisant et avec jusqu’ici une réussite certaine.

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L’histoire est une formidable boîte à souvenirs. À la fois éclatants et ténébreux, ces derniers servent du mieux que possible à conjuguer un présent au plus-que-parfait. À Southampton, on n’a cessé de seriner les leçons du passé et de jeter un coup d’œil en guise de rappel. Peine perdue, toutefois, quand on sait que le destin prend un malin plaisir à s’infléchir subitement. Le 15 janvier dernier, alors que le club du sud de l’Angleterre coule des jours paisibles dans la première partie du classement de Premier League, la foudre frappe. Le président Nicola Cortese démissionne de son poste. L’Italien a été l’instigateur du renouveau lumineux de S’ton, celui qui le sortit des abîmes de la League One pour le ramener jusqu’à la très prisée Premier League. Un départ soudain et brusque, qui a offusqué toutes les sphères du St Mary’s, le plongeant dans des eaux troubles que l’on croyait révolues. Un coup dur à encaisser pour le club que l’on présentait comme le plus hype du Royaume, mais qui marche aujourd’hui sur un fil précaire.

Les Saints perdent leur ange gardien

Sur le terrain et d’un point de vue purement comptable – 9e de Premier League –, la deuxième saison de Southampton depuis son retour dans l’élite se veut pourtant une franche réussite. Sauf qu’en coulisses, c’est l’ombre d’un doute qui enveloppe le club. Le départ précipité et inopiné de Nicola Cortese a ébranlé les fondations d’un club jusque-là habilement géré. En cause, un énième différend entre l’ex-banquier italien et la propriétaire des Saints, Katharina Liebherr, fille de feu Markus qui les sauva du redressement judiciaire en 2009. Peu concernée par le monde du ballon rond, la Suisse-Allemande ne s’était pas préoccupée des investissements précédents de son paternel ces cinq dernières années. Mais, depuis l’été dernier, la propriétaire ne cessait de s’ingérer inopportunément dans la gestion quotidienne du club au goût de Cortese. Ce qui a constitué le point de non-retour pour ce dernier. « Nicola Cortese, comme beaucoup d’hommes d'affaires qui ont réussi, est obsédé par le contrôle et déterminé dans sa quête du succès. Pendant cinq ans, il avait un contrôle total à St Mary’s. Et à la minute où cela a été menacé et remis en question, il a senti que son poste était compromis, révèle Nabil Hassan, journaliste à la BBC, chargé notamment de couvrir l’actualité de S’ton. Avec Katharina Liebherr qui cherche à vendre le club, il voulait avoir le contrôle total dans la recherche de nouveaux propriétaires. Mais lorsque cela a été contesté par Liebherr, son autorité a été entamée et il n’a eu d'autre choix que de partir. »

« Dégoûté par cette nouvelle, mais j’aimerais remercier Nicola Cortese pour tout ce qu’il a fait pour moi et le club ! » Luke Shaw, à l’instar de ses coéquipiers, n’a pu cacher sa tristesse à l’annonce du départ de celui qui parlait de Southampton comme de « son bébé » . Et c’est logique, tant l’homme d’affaires transalpin gérait d’une main de maître le club. « Cortese a été le fer de lance de la renaissance du club. C’était un négociateur féroce, un perfectionniste mais, plus que tout, c’était un gagneur. C’est sa vision qui a aidé et permis au club d’atteindre les hauteurs où ils se trouvent aujourd'hui. Et c'est cette même vision qui a attiré Pochettino au club et c’est pourquoi il y avait aussi de la loyauté de la part des joueurs » , étaye Hassan. Impérial en business, Cortese était également un homme qui savait choyer ses joueurs. À chaque déplacement, le chairman réservait deux suites d’hôtel pour les joueurs, enjoignait au personnel du club de nettoyer les chambres de fond en comble les veilles de match et avait engagé un chef cuisinier avec un programme diététique établi. Sans oublier les primes distribuées à tout le groupe en cas d’invincibilité. Surtout, l’ancien président affichait des garanties certaines : une politique économique saine, une groupe compétitif et une volonté de continuer à s’appuyer sur le centre de formation. Tant de certitudes aujourd’hui remises en question.

Un avenir en pointillé

Forcément, la démission de Cortese concerne en premier lieu l’entraîneur de S’ton, Mauricio Pochettino, arrivé il y a un an sur la demande du premier. Les deux hommes travaillaient en étroite collaboration, à tel point que l’Argentin ne pouvait envisager de s’en séparer : « Rester à ce poste si Nicola n’était plus là n’aurait aucun sens. » Sous contrat jusqu’en juin 2015 avec les Saints, l’ex-coach de l’Espanyol a néanmoins affirmé vouloir terminer cette saison, considérant avoir une « responsabilité » envers Southampton. Son avenir dépendra exclusivement de celui de Katharina Liebherr, à qui l’on prête l’intention de vendre aujourd’hui un club estimé à environ 120 millions d’euros. « J’ai interviewé Pochettino il y a une quinzaine de jours et il m’a dit qu’il allait réfléchir à son avenir à la fin de la saison, révèle Nabil Hassan. Il voudra connaître et rencontrer les nouveaux propriétaires du club, s’il y en a. Il souhaitera aussi des garanties sur le budget prévu pour les transferts en vue de la saison prochaine et l’assurance que le club ne vendra pas ses jeunes joueurs talentueux. Pochettino aime le projet qu’il y a à Southampton, mais si cela est entravé par la venue de nouveaux propriétaires ou d’un nouveau directeur général, il partira. »

De fait, c’est l’avenir de la prometteuse jeune garde (Shaw, Lallana, Rodriguez, Schneiderlin, etc.) qui pourrait se voir menacée en conséquence comme l’avance le journaliste britannique. « Le départ de joueurs tels que Luke Shaw et Adam Lallana est plus probable depuis la démission de Cortese, qui se battait jusque-là pour les garder au club. Ils ont été transformés par le management de Pochettino et les fans de Southampton auraient raison d’avoir peur d’un départ de l’Argentin. Son départ conduirait probablement certains joueurs à le suivre en dehors de St Mary’s. » Mais quid des fans dans tout ce bordel ? Peu rassurés par le sentiment d’instabilité qui règne, les supporters restent impuissants et prient afin de ne pas connaître la même décadence que Porsmouth, rival honni situé à quelques kilomètres et plombé par des propriétaires malavisés. « Le football en Angleterre est toujours imprévisible, avertit Hassan. En 2008, Porsmouth a gagné la FA Cup puis est monté Premier League. Une saison plus tard, ils jouaient contre l’AC Milan en Coupe de l’UEFA. Mais, maintenant, Porsmouth se retrouve proche de la Conference national (5e division) à cause notamment d’une mauvaise gestion du club qui a entraîné trois relégations en quatre ans. » Southampton est prévenu. Mais ne sera, encore une fois, pas forcément maître de son destin.

Par Romain Duchâteau
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120 millions le club c'est même pas un Gareth Bale et demi. Ridicule.
Owen Hargreaves Niveau : Loisir
Message posté par Powaful
120 millions le club c'est même pas un Gareth Bale et demi. Ridicule.


Pour le club où il a été formé avant de partir à Tottenham d'ailleurs
Arthur-FAFI Niveau : DHR
La propriétaire veut vendre car elle ne s'intéresse pas au foot. Elle devrait trouver un acheteur un club 9ème en PL, à 120 ME. Si celui-ci est intelligent, sa première action doit être de convaincre Nicola Cortese de revenir comme Président car il valorise manifestement le capital du club. Ou alors, Cortese doit faire comme Gervais à Lens et se trouver un coactionnaire. A suivre...
L idole de Margarita Louis Dreyfus
Un petit pack Schneiderlin (ou Wanyama)-Jay Rodriguez et surtout Adam Lallana du côté d'Anfield, ce serait pas mal du tout. Quoi qu'on ne cracherait pas non plus sur Ricky Lambert, un vieux briscard renard des surfaces pour soulager Sturridge et/ou Suarez, ça vaut toujours mieux qu'Aspas ou Borini.

Par contre Shaw étant visé par les mastodontes City et Chelsea (ainsi que United), aucune chance de le voir au LFC, et c'est bien dommage, ce poste d'arrière gauche est problématique depuis des années...

Belle équipe, superbe jeu, ce serait dommage qu'elle s'écroule mais l'avenir ne sent pas bon pour les Saints.
Fredinhovic95 Niveau : Ligue 2
Iago Aspas est-il si mauvais?Ca ne fait que 7 mois qu'il est là.
sagnarienàvoir Niveau : DHR
ça sent bon le pillage cet été quand même..
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