1. //
  2. // Billet d'humeur

Samir et Valérie sont dans un bateau

L'un a insulté des journalistes, l'autre a déclaré sa flamme en 140 signes. L'un a relancé une vieille polémique, l'autre a provoqué une affaire d'Etat. Du coup, l'autre permet aussi de mettre le premier en perspective.

Modififié
8 11
Lundi, lors de France-Angleterre, Samir Nasri, juste après avoir égalisé, a adressé aux journalistes de L'Équipe, non sans discrétion, un « Ferme ta gueule ! » de premier ordre, la rage au ventre, le doigt sur la bouche. Ce qui lui a valu un début de polémique, avec évidemment Knysna en fond sonore. Mardi, en pleine bataille législative, Valérie Trierweiler s'est fendue d'un tweet à l'allure faussement anodine qui a provoqué une affaire d'état : « Courage à Olivier Falorni qui n'a pas démérité, qui se bat aux côtés des Rochelais depuis tant d'années dans un engagement désintéressé. » Que les deux évènements polémiques de cette semaine de premier tour -législatif et européen- s'enchaînent l'un après l'autre a quelque chose de très ironique. L'un mettant finalement l'autre en perspective. De la punchline de Samir à la prose de Valérie, il n'y a qu'un pas. Les registres sont les mêmes, une surréaction émotive malvenue dans un contexte institutionnalisé qui ne s'accommode guère de ce genre d'écarts. L'équipe de France d'un côté, l'Élysée de l'autre. Les deux ont donc bien agi sous le même prisme. Et dans le même cadre : le retour à la normale après le foutoir pour les Bleus, l'extravagance pour l'Élysée.

Réaction enfantine

Allez, il en prend un coup, l'argumentaire basique, moralisateur, lourdingue, polémiste, aux accents « finkielkrautiens » , sur la prétendue racaille banlieusarde qui gangrène l'une des institutions les plus promptes à vendre de l'imagerie collective : l'équipe de France. Même Daniel Riolo, capable de mieux, s'est permis un tweet sans inspiration : « La mentalité racaille domine dans ce pays... C comme ça et nulle part ailleurs ! » Si Samir a agi comme une racaille, peut-on en dire autant de Valérie ? Elle aussi, après tout, elle a agi pour son compte, tirant la couverture à elle, bouffant la gonfle à l'orée du second tour, marquant son but toute seule, quitte à faire perdre des sièges à sa nouvelle famille politique, quitte à faire un vilain coup à sa coéquipière Ségolène, démarquée sur l'aile gauche, qui avait grand besoin de son soutien pour remporter sa circonscription et prendre la présidence de l'Assemblée Nationale.

Oubliant sa responsabilité nouvelle, oubliant son image de femme d'État. Pour parler plus simplement, elle a massacré l'ex de son copain aux yeux du monde entier, dans une histoire de coucheries au sommet qui offre aux extrêmes un boulevard pour se mettre bien en période de crise. Les mots diffèrent donc, l'idée est la même, une réaction émotive instantanée, imprévue et pas réfléchie. Une réaction enfantine de cours de récré pour l'un, un crime d'amour, passionnel pour l'autre. La droite, à l'affût de tout cadeau électoral, en pleine décrépitude, préparerait même une proposition de loi sur le rôle de la Première dame. À y regarder de près, il apparaît un peu léger, le polémiste qui extrapole beaucoup de choses sur le cas Nasri. Valérie, elle, vient de casser en 140 signes un début « normal » de mandat préparé minutieusement depuis des lustres.

L'Équipe, père de la morale

À une autre époque, Dugarry avait failli adresser un doigt d'honneur à la tribune de presse du Vélodrome. Il avait simplement tiré la langue. Oublions Knysna, la comparaison est redondante. Cette histoire rappelle aussi, quelque part, l'édito déplorable en Une de L'Équipe après le coup de boule de ZZ en 2006. Son auteur, scandalisé, avait rappelé à Zidane son rôle d'exemple pour la jeunesse de la France. Zidane, lui, dans son génie muet, avait juste ramené le foot à son essence première. Un jeu, avec un gagnant, un perdant. Car si le foot 3.0, fait de caméras partout, de réseaux sociaux 24/24, d'hyper communication, brouille les codes et la temporalité d'un match qui se joue, du coup, avant et après un peu partout, il convient de rappeler que le foot demeure un truc assez simple : un terrain, 11 mecs sous tension contre 11 types qui ont aussi envie de gagner. Difficile d'extrapoler sur autre chose.

L'argent a beau faire tourner les têtes, il ne dictera jamais le cadre émotionnel dans lequel évolue les joueurs après un but, qui est le même sur tous les terrains du monde. Et c'est tant mieux. Et élucubrer, de fait, sur l'insulte de Nasri, apparaît encore moins opportun, ce pré-requis rappelé. Qui plus est mis en évidence avec l'affaire Trierweiler, qui le fait passer pour un évènement de troisième zone. Pour pousser le mimétisme, on observe d'ailleurs que l'ex-prof d'allemand Jean-Marc Ayrault et son pendant Laurent Blanc - qui n'aurait pas dépareillé non plus dans le rôle, avec son ton professoral - ont finalement endormi l'affaire à leur manière, responsabilisant chacun, pour se recentrer sur des enjeux peut-être plus importants. Pour Samir, une tape sur la main et on oublie. Pour Valérie, si ce n'est pas déjà fait, un sacré recadrage en règle.

Antoine Mestres
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

Note : 2
Mais les gars faut se calmer avec les comparaisons à deux balles...complètement à l'ouest le pauvre gars...
Ptain mais vous vous roulez dedans, les mecs!! Lâchez-nous la grappe avec ces conneries. Vous ne réalisez pas que toute la presse passe pour une conne en focalisant à ce point sur des épisodes pareils?
This is Anfield Road Niveau : DHR
Pauvres journalistes... Toujours là à chercher l petite bête. Nasri a répondu sur le terrain, réjouissez-vous!
Quand en Angleterre, les joueurs sortent des " Fuck Off" aux arbitres, personne n'en fait un drame... LE pire dans l'histoire, c'est le Fabien Barthez qui parle de "manque de respect". Le gars, il oublie qu'il a quand même craché sur arbitre.
Note : 1
Rapprochement inintéressant, théorie fumeuse et totalement vaine.
Ne tombez pas dans le journalisme nombriliste qui développe prétentieusement ses propres théories au lieu de faire son vrai boulot : informer.
Ne suivez pas la dérive verbeuse et stérile des Inrocks même si vous les lisez encore. Soyez concrets.
Merci !
dede62137 Niveau : DHR
moi qui pensait que so foot ne s'abaisserait pas à faire un article de ce genre... voila ma stupéfaction en voyant cet article... vous tombez bien bas... c'est quoi la couv du prochain mag ? vous allez faire comme l'équipe ? je vois bien en grand " Fermez vos gueules" ...
Le rapprochement n'est pas du tout incohérent.

Ce sont les deux trucs sans aucune importance avec lesquels tous les médias nous gavent depuis une semaine.

Ah là là (gros soupir)...
Nasri à répondu à ses détracteurs, ce que tout le monde aurait fait !
Mais il ne faut pas oublier que porter le maillot national doit représenter tout un pays et l'on doit faire preuve d'exemple !
je cautionne sa réponse, mais pas sous le maillot français ...
Et surtout une polémique pour rien !
ça aurait été pour les joueurs anglais ( comme le disait Liza sur TF1 ) la une polémique sérieuse aurait pu avoir lieu ...
La seule chose que ces deux "événements" mettent en lumière c'est la surréactivité journalistique. Et dans ces deux cas "journalistique" est un bien grand mot.
Et surtout ils démontrent à quel point, autant que les politiques, les journalistes sont de plus en plus éloignés des préoccupations premières des lecteurs-supporters-citoyens.
Les deux ont montré comment la boîte de résonance médiatique peut faire monter un sujet en épingle. Et comment la recherche effrénée du scoop empêche la vraie mise en perspective et la hiérarchisation de l'information, deux missions premières du journalisme.
Et c'est en tant que journaliste que je le dis.
En tant que journaliste aussi, je plussoie R_one26. Surréactivité journalistique avec plein de guillemets à journalistique... Et les commentaires précédents résument bien le truc. Jus de crâne totalement inutile.Vulgaire. On est d'accord, il n'y a rien d'autre à voir pour le moment dans cet Euro, mais tout de même.
Note : 3
Non, je ne trouve pas le rapprochement incohérent moi non plus. Inintéressant, oui. Si le but était de critiquer la presse qui monte en affaire d'état des événements anodins pour vendre du papier ou du click, mieux eut valu de ne justement pas faire cet article et passer effectivement à autre chose.

Et @Gomina: ici, c'est so foot. Justement, ils ne sont pas là pour "informer" et chercher la dernière news avant tout le monde. Ici, le but est de choisir des angles différents, de commenter l'actualité footballistiques avec un soupçon d'humour, ou un petit truc un peu décalé. Alors parfois, ça finit un peu en branlette intellectuel, c'est le risque. De la même façon que des joueurs vont foirer trois dribbles avant d'en réussir un sensationnel. mais à la fin, c'est le sensationnel qui continuera d'exister dans nos mémoires et sur youtube.
Rosé Bonvin Niveau : DHR
C'est totalement en rapport. D'ailleurs Valérie a dit qu'elle allait claquer un doublé face à l'Ukraine pour faire taire ses détracteurs!
Partenaires
Logo FOOT.fr Olive & Tom
8 11