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Pourquoi tous les salopards des couloirs passent par Monaco et Marseille ?

Ce samedi soir, Benjamin Mendy, défenseur gauche de l’AS Monaco, retrouve son ancien club, l’Olympique de Marseille. Le dernier d’une longue liste de latéraux qui sont passés par les deux clubs. Et sûrement le moins « méchant » de tous.

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Patrick Blondeau, Cyril Rool, Franck Jurietti, Éric Di Meco, Lilian Martin, Manuel Dos Santos, Laurent Bonnart et Benjamin Mendy. La liste des défenseurs latéraux passés par l’AS Monaco et l’Olympique de Marseille durant ces vingt-cinq dernières années est étonnamment longue. Et dans le tas, la quasi-totalité des spécialistes du découpage de viande à ce poste. Si tous les bad boys des couloirs sont passés par les deux principaux clubs du sud de la France, ça ne peut pas être une coïncidence. Tentative d’explications, en toute logique.

Parce que c’est le chemin le plus court pour se barrer quand ça pue


Les mauvais garçons du football ont beau jouer les durs, les mecs en marge du football business aux valeurs de la rue, ça ne trompe personne. À part une fâcheuse tendance à aimer le contact un peu plus que la moyenne, ils sont comme les autres. Quand un club est en train de se liquéfier, le bad boy s’en va très vite mettre des coups dans les chevilles chez le plus offrant. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce ne sont pas les occasions de fuir qui manquent à l’Olympique de Marseille. Éric Di Meco le sait très bien, plus que quiconque même. En treize années de bons et loyaux services, il est le seul et unique joueur à avoir glané tous les titres marseillais de l’ère Bernard Tapie. Et pourtant, ça ne l’empêche pas de quitter le navire en 1994, à l’annonce de la rétrogradation administrative du club en deuxième division. Très pressé de se sortir du bourbier le plus vite possible, il embarque Sonny Anderson dans sa voiture et roule pied au plancher pendant deux heures. Le voilà à Monaco pour signer son nouveau contrat. Il avait bien pensé à s’arrêter à Nice, mais le club ne payait pas de mine avec sa gueule de promu.

Parce que c’est aussi le chemin le plus court pour retrouver un club quand on se fait virer


Les mecs hargneux, ça a clairement son charme. Au fond, on les aime. Ou au moins, on aime les détester. Mais parfois, les clubs peuvent en avoir ras la casquette de se farcir des caractères aussi difficiles à dompter. Et puis, si le talent ne suit pas vraiment, on peut décemment commencer à perdre patience. C’est le cas de Bernard Tapie avec Cyril Rool en 2001. Prêté par le RC Lens, il n’a le temps de disputer que quatre petits matchs avant de se faire expulser, de se prendre la tête avec le président marseillais et de se faire virer. Du coup, dans l’urgence, où est-ce qu’on part en prêt ? Juste à côté, à Monaco, avec guère plus de réussite. Il reviendra quand même à l’OM en 2009-2010 pour accrocher son titre de champion de France. Bref, retour en 2001 : Monaco, en récupérant Rool, n’est pas dupe. Si les Monégasques acceptent le deal, c’est à la seule et unique condition que l’OM prenne en échange son latéral poète : Franck Jurietti. Chacun son boulet, y a pas de raison. Quelques années plus tard, Laurent Bonnart retiendra ce tuyau, même si c’est un gentil garçon. Et lorsqu’il se fait jeter à la porte comme un caca par l’OM, il sait chez quel voisin aller frapper.

Parce que c’est marrant de fracasser ses anciens clubs


Patrick Blondeau a toujours aimé la castagne, quitte à mettre un coup de boule à un flic casqué. « Je suis un garçon de la rue (il a grandi dans les quartiers nord de Marseille, ndlr) qui aime s’amuser au foot et attend de rentrer à la maison pour retrouver ses amis. » Voilà comment Patrick se définit. La bagarre, ça le stimule, il adore ça. Mais c’est encore plus stimulant quand le contexte est particulier. En avril 2000, le gamin de Marseille joue enfin avec le maillot olympien, après avoir joué huit ans pour l’AS Monaco. Mais après le titre de champion de France acquis en 1997, le club de la Principauté était bien content de s’en débarrasser en l’envoyant à Sheffield Wednesday. Alors forcément, Patrick est toujours content d’en découdre avec son ancien club. Si en plus, ses coéquipiers le chauffent, il ne faut pas s’étonner. En 2000, les Marseillais sont survoltés contre Monaco, et Marcelo Gallardo est agressé dans les couloirs à la mi-temps du match. Sur le terrain, trois expulsions. Parfait pour exciter Blondeau qui gifle Marco Simone avec une telle violence que l’Italien porte plainte. « J'ai décidé de porter plainte, car je ne suis pas le premier à qui arrive cette mésaventure, mais je souhaite être le dernier. » Ah, les chamailleries entre copains.

Par Kevin Charnay
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