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  1. // Football et mariage

Mais bordel, pourquoi les footeux se marient-ils si jeunes?

Les mecs viennent juste de débuter en pros, ils ont 18 ou 20 ans, ils viennent d’Afrique comme d’Europe ou d’Amérique du Sud et ils déclarent déjà que leur mariage leur a apporté énormément de stabilité, ou encore que leurs enfants les ont rendus plus matures sur le terrain. Comment expliquer que tant de joueurs pros se marient si jeunes ?

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Sir Alex Ferguson a toujours eu une vision très précise de ce que devait être un bon footballeur. Ou plus exactement, de ce que devrait être le mode de vie de ses joueurs. Déjà, en 1984, alors qu’il coachait encore Aberdeen, il déclarait : « J’aime bien que mes joueurs soient mariés. (…) Ils sont jeunes et beaux, et on ne peut qu’espérer qu’ils rencontreront une fille bien avec qui s’installer. » Si Fergie a ce genre de préférence, c’est qu’il a son modèle de joueur, ses boys qui sont, avant toute chose, l’incarnation de la stabilité au plus haut niveau. Les Giggs, Scholes ou autre Gary Neville, qui ont fait toute leur carrière à United, et à un niveau presque toujours aussi élevé, en sont les parfaites illustrations. Alors, nul doute que pour réussir ce genre de performance, un mariage jeune et durable est ce qu’il y a de plus approprié, non ?

Sauf que ce type de parfait petit joueur à l’ancienne est devenu une vraie rareté. Giggs, à la vie extra-conjugale que l’on connaît, est l’exemple type de l’échec de cette éthique du footballeur. Que les joueurs aient besoin de stabilité dans leur vie extra-sportive, c’est une certitude. Mais celle-ci provient-elle toujours d’un bon vieux « oui » à l’église ? Bref, la question se pose : se marier jeune, est-ce encore le seul gage de stabilité dans la vie d’un footballeur ?

Turbulences excessives

S’engager jeune est une pratique qui a toujours été, et est encore encouragée par les clubs. Certes, du temps des Michel Platini, on se mariait communément au début de la vingtaine, et ça ne surprendra personne que le champion d’Europe 1984 ait dit « oui » à 23 ans. L’ancien milieu de terrain de l’AJA, Pascal Plancque, se souvient d’un Guy Roux plus que favorable à ce que ses joueurs soient « casés » : « Pas forcément qu’ils soient mariés, mais qu’ils aient une relation stable. Comme ça ils étaient moins tentés par des filles faciles. » Mais même aujourd’hui, le mariage est conçu comme une solution stabilisatrice par les clubs : en 2012, Roberto Mancini avait déclaré que cela « pourrait être la solution » aux turbulences excessives du jeune Super Mario. De même, on rappelle souvent au Brésil, que la très précoce maturité footballistique des grands prodiges du football auriverde, du roi Pelé à Neymar en passant par Romario, va de paire avec leur tout aussi précoces mariages avec leurs amours d’adolescence.

Ce type de parcours matrimonial a un fondement facile à cerner. Le foot est, en effet, un monde quasiment exclusivement masculin (football féminin à part, évidemment), un des derniers métiers à l’être encore autant que ce qu’était le monde du travail d’avant-guerre. Ce n’est alors pas tellement surprenant de retrouver les comportements matrimoniaux qui vont avec – la présence d’une femme dans le quotidien des joueurs apporte alors beaucoup à son équilibre. Le footballeur pro se marie par conséquent souvent avec son amour de jeunesse, qui incarne pour lui la sincérité d’une époque où ses relations étaient encore indépendantes de l’attrait que suscite désormais son compte en banque.

Endroits branchés et jolies filles

On comprend donc mieux Fergie, quand il joue à l’agence matrimoniale. Mais pourquoi donc, alors, les mariages des footeux d’aujourd’hui sont-ils de tels carnages (Ronaldo, le vrai, si tu nous entends) ? La réponse est, en essence, toute simple. C’est dans la mesure qu’elle est plus subtile. Les mariages des joueurs pros sont parfois un échec pour la même raison que ceux du commun des mortels : parce que nous vivons à une époque où nos situations de vies changent beaucoup plus souvent et où le divorce est accepté. Et ces deux phénomènes, sont, pour les pros, non seulement valables, mais poussés à l’extrême.

« Le footballeur va être plus soumis à la tentation que monsieur-tout-le-monde, confirme Plancque, parce qu’il fréquente des endroits branchés, et qui dit endroit branché dit jolies filles. » Et à cela s’ajoute qu’un joueur de 2013 change en moyenne de club une fois tous les deux ans. Cela implique le plus souvent une nouvelle ville, voire un nouveau pays, et la l’évolution de ses conditions de vie en général. Des changements qu’une famille normale peut très difficilement supporter. « Quand tu bouges dans un nouveau club, il y a l’adaptation du joueur mais aussi de la famille qui peut bien se faire ou ne pas bien se faire. Derrière ton couple il peut en subir les conséquences. » Face aux tensions qu’engendre cette situation, le divorce, désormais socialement accepté, fini souvent par pointer le bout de son nez.


Quartier d’enfance

Le mariage apportait de la stabilité dans la vie privée des joueurs ; il leur permettait de construire leur développement en tant qu’individu et pas seulement en tant que vedette du ballon rond. Mais si celui-ci ne dure plus, alors que dans le même temps la sphère privée des footeux, victime de la starisation du milieu, fond comme peau de chagrin, où trouver la stabilité et le développement ? Là encore, comme pour le reste de la société, pas de solution miracle à exhiber. Pour beaucoup la réponse est : « nulle part » . Innombrables sont les exemples de joueurs contemporains qui se sont brulés les ailes dans l’univers extra-sportif qui entoure le football. Les Ronaldinho, Hatem Ben Arfa ou autres Quaresma, pour ne citer que les plus récents, sont des joueurs qui ont tous manqué quelque chose dans leur carrière pour des raisons qui ne relevaient pas de leur talent. Des nuits trop agitées pour certain, des fréquentations trop déstabilisantes pour d’autres. Tous les cas existent.

Tous les footballeurs modernes ne sont, pour autant, pas condamnés aux succès éphémères à la Denilson. Le joueur contemporain arrive toujours à trouver l’équilibre nécessaire à la réussite de longues et brillantes carrières. Seulement, les moyens d’y arriver sont bien plus divers qu’avant. Andrés Iniesta, par exemple, n’a tout simplement pas encore quitté ses parents et son quartier d’enfance, prolongeant ainsi l’équilibre qui lui a permis de réussir dès son plus jeune âge. D’autres, comme David Beckham, ont trouvé une conjointe dont le métier et le mode de vie sont compatibles avec les siens, évitant ainsi les tensions potentielles que nous avons évoquées. Pour certains, enfin, la solution se trouve tout simplement dans un certain épicurisme. Cristiano Ronaldo, dont on peut tout critiquer sauf la régularité dans ses performances, n’est, ainsi, à 28 ans, toujours pas marié et enchaîne les enviables conquêtes. Pour Plancque, désormais entraîneur des -19 lensois, la réussite de cette diversité ne fait aucun doute : « Si t’es marié et que t’as une femme qui a une mauvaise influence sur toi tu risques d’en souffrir dans ta carrière aussi, assure-t-il. Ce qui compte c’est que tu sois bien entouré, pas forcément que tu sois marié. » Amen.

Philippe Colo
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