Landreau : « On est jugé sur cinquante matchs, pas sur un »

Le 2 octobre 1996, le Bastia version Cyril Rool affrontait le Nantes de Japhet Ndoram dans un Furiani surchauffé. Dans les bois des Canaris, un gamin de 17 ans est titularisé pour la première fois. En deuxième mi-temps, sous les huées de la tribune Est, le marmot ne se démonte pas et stoppe le pénalty du stratège slovaque Lubomír Moravčík. C'est ainsi que la France du football a découvert Mickaël Landreau. 567 rencontres de première division plus tard, l'ancien Lillois bascule dans le camp turchinu avec pour objectif de battre le record des 602 matchs disputés par Jean-Luc Ettori.

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Le premier match de vos coéquipiers en 2013 n'a pas été une franche réussite. Vous avez pensé quoi de ce derby face au CA Bastia (défaite 2-0, Ndlr) ?
C'est toujours intéressant de se rendre compte de l'environnement, mais c'était un match joué dans des conditions particulières. Déjà, un match de Coupe de France, c'est particulier. Ensuite, la délocalisation du terrain… Il y avait pas mal d'absences, ce n'est pas une fin en soit. L'objectif principal, on le dit clairement, c'est le maintien et il y aura du boulot jusqu'à la fin de saison.

Si la pelouse de Furiani est encore suspendue, c'est suite à un match contre votre ancien club. Il s'est passé quoi ce jour-là ?
C'est assez simple, il y a eu un jet de projectile. Comme il y a eu un jet de bouteille d'eau à Marseille avant la trêve. Quand des choses se passent, c'est normal d'être convoqué, comme dans tous les autres stades. Mais je ne maîtrise pas tout dans cette histoire, ce n'est pas évident d'en parler. Je ne suis pas contre la sanction en soit, mais j'aime que les choses soient justes, équitables. La sanction doit être la même pour tous.

Vous n'avez donc pas ressenti ce fameux climat d'insécurité que certains évoquent ?
Non, j'ai commencé ici, je n'ai jamais ressenti ça. Ensuite, il y a de la ferveur, de la passion. Dès que j'ai mis les pieds sur l'île, on voit que tout le monde est supporter du Sporting, c'est une ambiance exceptionnelle. Après, les gens transpirent, il y a de l'émotion. Un match au Parc des Princes à guichets fermés, un à Marseille, à Saint-Étienne, on rêve tous de ça. Mais si un arbitre reçoit quelque chose, ce n'est pas normal, il doit se sentir en sécurité. Mais j'ai joué plein de fois ici, je n'ai jamais eu un problème.

On a longtemps vanté le LOSC comme un exemple de groupe qui vit bien. L'ambiance n'était pas si idéale, en définitive ?
Il y a eu des cycles. J'ai eu la chance de vivre des émotions, des choses à l'intérieur d'un groupe qui a bien vécu et qui était en osmose. Jamais on ne pourra nous enlever ce qu'on a vécu. Je pense être sincère quand je fais les choses, tout ce que j'ai dit a été sincère. Jusqu'au dernier jour d'ailleurs…

Mais il y a eu une certaine dégradation, non ? Mathieu Debuchy est aussi parti… Ça a déjà moins de gueule, Lille…
C'est comme ça. Si y a séparation, c'est que des choses se passent… Mais c'était un commun accord, réciproquement, on était contents que nos chemins se séparent là.

Donc si le club est en vente, ça n'a rien à voir avec un climat actuel qui serait délétère ?
Oh ça ne change pas du jour au lendemain. Après, le président, je lui ai dit : « Vous gérez comme vous voulez, je respecte. »

Il y a quelques mois, vous jouiez la Ligue des champions. Aujourd'hui le maintien. Selon certains, 2012 n'a pas été une bonne année pour vous…
Cela fait 17 ans que pour moi, le principal, c'est le terrain. M'éclater sur le terrain. Finalement, le contexte médiatique a tellement évolué qu'on peut nous faire dire ce qu'on veut, mais je trouve ma situation super intéressante. Ensuite, comme d'habitude, sportivement on peut faire mieux, mais cette saison reste super intéressante. J'ai retrouvé l'équipe de France, le mois d'août dernier a été un des meilleurs de ma carrière… On oriente les choses comme on souhaite. Les vraies déceptions, c'est en Ligue des champions, par rapport à nos ambitions. Puis on est jugé sur cinquante matchs, pas sur un. Je suis plutôt content en fait…

Cela ne restera pas un regret de ne jamais être parti à l'étranger ? Plus jeune, on vous voyait finir à Arsenal…
D'abord, je n'ai pas fini ma carrière. Un gardien, ça peut jouer longtemps. Dans un an, si je suis comme ça physiquement, ce n'est pas exclu d'aller à l'étranger vers un autre projet. Arsenal, c'étaient juste des supputations, des histoires de presse. Le plus important, c'est le réel.

C'était une condition de Didier Deschamps pour que vous continuiez, être titulaire. Cela ne le dérange pas que ce soit dans un « petit club » ?
Il faudra lui poser la question.

Vous n'avez pas peur de perdre votre place en équipe de France au profit de Carrasso ou Ruffier qui jouent dans des clubs plus huppés ?
Non, moi, je vis pleinement ma passion, je vis ce que je suis en tant qu'homme. L'important, c'est d'être en accord avec moi-même, de me sentir bien dans le projet dans lequel je suis et de donner le maximum. Les récompenses, on les a toujours en fonction de ce que l'on est.

La présence de Jérôme Rothen a aidé dans votre choix ?
Non.

Vous avez commencé votre carrière avec des milliers d'enragés qui vous insultaient à 17 ans, face à Lubomír Moravčík. La tribune Est, Furiani, ça fait partie de votre ADN de footballeur, ça vous plaît ?
C'est toujours présenté à l'extrême dans vos questions ! Je commence à Montpellier c'est le feu, à Nice c'est le feu, à Marseille c'est le feu, au Parc c'est le feu. « Enragés » , c'est excessif. Il faut expliquer le degré, on peut comprendre différemment. Et c'est comme partout, il y a une minorité dans l'extrême, dans des choses pas acceptables, puis la majorité apporte quelque chose, de la ferveur. Ce qui est beau dans notre métier, c'est ça, cette passion, c'est l'envie de vivre nos émotions. À travers ce que je vis depuis mon arrivée, je vois vraiment qu'il y a des choses, des valeurs qui sont belles. Ensuite, peut-être qu'ailleurs, il existe un endroit parfait, ça ne je ne sais pas.

Avec Hoffenheim et Aston Villa, Bastia est l'une des pires défenses d'Europe, du coup. Cela ne vous fait pas peur ?
Non. Je vis mon métier comme un sport collectif, je suis là pour qu'on progresse lors de la seconde partie de saison. Mais si à Reims on gagne 4-3, je signe.

Dimanche à Reims, il y aura plusieurs absents, dont Yannick Cahuzac qui sera éloigné des terrains jusqu'en mai. C'est un gros coup dur ? On sent son aura quand on arrive à Bastia ?
Oui, c'est vraiment dommage qu'il soit indisponible. C'est le capitaine de l'équipe, c'est celui qui représente le mieux ces valeurs corses et bastiaises. Sur le terrain, c'est quelqu'un qui montre l'exemple, qui donne envie d'emmener l'équipe le plus haut possible. Mais il sera là, même s'il ne sera pas sur le terrain et ce sera bien de jouer pour lui aussi. On fera notre maximum.

Vous êtes, que vous le vouliez ou non, en quelque sorte la star de ce groupe. Vous avez conscience d'avoir un statut différent à assumer ?
Je vis les choses avec humilité. Ce que je représente, c'est indéniable. Je suis obligé de vivre avec. Mais dans mes échanges, mes manières de faire, je travaille, je m'entraîne, je suis respectueux du fonctionnement.

Si Bastia se maintient, mais que Nantes remonte, vous n'allez pas être tenté de rentrer à la maison ?
Il sera temps de se poser la question si le président de Nantes me la pose. Mais ma priorité, c'est les six mois à venir, et dans ma tête je suis plus dans l'optique de vivre des belles choses avec Bastia, puis de prolonger avec Bastia.

Propos recueillis par Thomas Andrei
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"Après, le président, je lui ai dit : « Vous gérez comme vous voulez, je respecte. »"

Je ne vois pas un joueur (hormis Ibra évidemment...Soyons sérieux, et même Messi s'il essai) dire à son président "ta gestion c'est de la merde"
Ah bon ? Moi j'en verrais un paquet, dans des termes variés.
ray_mulligan Niveau : CFA2
J'ai pas compris la question sur Jérôme Rothen... C'était du second degré ?
Jack Facial Niveau : CFA
Mon club de coeur est le FC Nantes, mais Landreau est tout de meme passe un peu a cote de sa carriere, je pense. Il n'aura pas vu autre chose que la Ligue 1, alors qu'a une epoque, le FC Barcelone (juste avant l'eclosion de Valdes) et Arsenal le voulait, pour ne citer que ces deux clubs...

Il y a une douzaine d'annees, je le voyais remplacer Barthez et empiler les selections jusqu'a 40 ans... Bon, apres, malgre ses douze capes, il est quand meme le Bleu le plus ancien actuellement.

Jack Facial depuis le Brasil
@LDouglas : J'en vois un (une sorte de Balotelli en plus petit et moins bronzé) qu'avait invité le sien à aller se faite enculer y a pas très longtemps.

@JackFacial : Il a eu une sacrée concurrence quand même, Barthez et Coupet puis Mandanda et Lloris. Sa dizaine de sélections est plutôt honorable, tout comme sa carrière, il a un palmarès pas du tout dégueu et a fréquenté de bons clubs français.
Vous vous posez les mauvaises questions. Peut être juste que ce mec voulait se tenir loin des paillettes, et vivre son sport comme il l'entendait, simplement.
Ou peut être recherchait il à être "la star" de son équipe ???
Il a eu beaucoup de mal à digérer les circonstances de la venue d'Elana, son égo en avait pris un coup, non? Ce n'est pas pour le critiquer car, peut on être un grand gardien de but si l'on a pas un égo très fort???
Allez Kita appel le bordel !
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