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Arrigo Sacchi : « Tactiquement, les Anglais sont encore très en retard »

Seconde partie de l'entretien avec le numéro un de notre top 100 : Arrigo Sacchi. Cette fois, le Mister cause valeurs, Juventus, Premier League, Bayern et Borussia, Real, finale de Coupe du monde et séance de pénaltys…

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Dans une chronique sur Mario Balotelli, vous avez écrit qu'à votre époque, vous privilégiez le caractère de la personne et sa fonctionnalité au système plutôt que le talent. Vous concluez en disant que les valeurs se sont inversées aujourd'hui.
En Italie, en général, on a toujours pensé comme cela. Moi, et quelques autres, on a voulu croire qu'avant toute autre chose, il faut qu'il y ait un projet technique. Et donc on allait chercher les joueurs les plus fonctionnels pour un seul et même système. Ainsi, l'idée était de rechercher des joueurs avec un sens du professionnalisme, de l'amour et de la passion à donner, une grande éthique de groupe, et enfin, du talent. L'exemple actuel de la Juventus va dans ce sens : tout le monde parle du « top player » qu'il manque. Mais non, on se trompe : il manque surtout onze joueurs fonctionnels à la Juve. Aujourd'hui, elle en a peut-être seulement cinq ou six capables de jouer un football total.

Quel tableau faites-vous de la situation des grands clubs italiens aujourd'hui ?
Pour la Juve, c'est avant tout de l'expérience, elle doit encore grandir. Mais il y a un super entraîneur, et une équipe qui joue un jeu différent de ce que l'on voit dans ce pays. En Italie, les équipes jouent un football pensif, individuel. On croit toujours que le jeu naît des pieds des joueurs. Mais non, le football doit naître de l'idée ! Un bon film n'est jamais né d'un acteur. Il grandit dans la tête d'un réalisateur, d'un scénariste, dans leurs idées. Après, cette idée doit être reportée sur le terrain et mise en phase avec les capacités de l'entraîneur à travers la disponibilité et l'habilité du joueur. Une habilité qui peut être agrandie ou réduite. Quand je suis arrivé au Milan, il y avait déjà certains bons joueurs. Mais ce sont les idées qui ont fait la différence : je voulais jouer un football de vitesse, avec onze joueurs toujours en mouvement.

Et les autres clubs, vous en pensez quoi ?
La Fiorentina joue pas mal, le Milan est dans un moment de transition, c'est difficile de juger. L'Inter est, il me semble, dans un moment de confusion. Je n'arrive pas à comprendre quel est leur projet technique, donc j'ai du mal à donner mon jugement à ce sujet. Il me semble qu'on a fait venir des joueurs très différents les uns des autres. Je ne sais pas exactement qui a choisi les joueurs, si c'est le club, le staff technique, l'entraîneur. Ce qui compte, c'est de garder un entraîneur longtemps, et de prendre des joueurs en fonction de ses idées à lui, en espérant qu'il ait de grandes idées. Mais bon, en Italie, il y a peu de patience. On part toujours du fait que le football est un sport défensif. Mais les inventeurs l'ont pensé comme un sport d'attaque ! On pense aussi que c'est un sport de spécialités, toujours individuel. C'est impossible, il y a onze personnes qui jouent ensemble, cela ne peut pas être un sport individuel ! Malgré tout, en Italie, on a une vertu : nous voulons gagner. Parfois même sans mérite, mais on veut vraiment gagner. Et on arrive à trouver en nous une certaine capacité agonistique, une concentration, une détermination. Et avec cette volonté de gagner, de quelque façon que ce soit, même non méritée, cela nous porte à être plus concentrés que les autres, plus déterminés.

En ce sens, quelle équipe est la plus italienne selon vous ?
Par exemple, le Napoli est une équipe à l'italienne, très italienne, qui se base sur la force, la grinta, la détermination. C'est un football où l'individu et la force physique ont la prépondérance sur le reste. Un football italien bien fait, avec un entraîneur très bien préparé, qui sait prendre les joueurs les plus aptes pour lui. Mais c'est un football qui n'a rien à voir avec celui pratiqué par le Bayern, le Barça ou même le Borussia, qui a pourtant une qualité infiniment inférieure à celle du Napoli, de Cavani ou Hamšík…

Parlons un peu des autres championnats. La Premier League plaît beaucoup, mais n'est-elle pas devenue un championnat atactique, sans idée nouvelle ?
Tactiquement, les Anglais sont encore très, très en retard. Ils font les choses bien grâce à leur extraordinaire professionnalisme, l'engagement qu'ils y mettent, mais l'organisation tactique laisse à désirer. Depuis que les gros investissements sont arrivés, c'est là-dessus qu'elle s'est le moins améliorée. Le championnat anglais a grandi en termes de qualité de ses individualités, avec des joueurs importants, souvent étrangers. Mais elle doit encore faire un saut qualitatif dans la capacité organisatrice si elle veut réussir à faire jouer en Europe onze joueurs comme s'ils n'étaient qu'un. Il est encore là, l'objectif. On peut avoir les meilleurs joueurs au monde, leur production collective sera toujours limitée si ce cap n'est pas franchi. Après, ils ont certains avantages : leur professionnalisme, capacité de tout donner, aussi bien lors des entraînements que lors des matchs. C'est une grande base pour progresser. Il y a la volonté d'organiser le jeu, mais pas la culture. Disons qu'il leur manque une certaine sensibilité.

Vous dites que les idées sont ce qu'il y a de plus important. Est-ce que le fait de ne pas avoir été un grand joueur a influencé cette façon de voir les choses ?
Dans toutes les activités, que ce soit dans le spectacle ou dans le sport… Attends, est-ce que t'as déjà vu un bon film sans un scénario important ? Non ? Bah voilà. Après, tu peux avoir de grands acteurs, mais sans une vraie intrigue, il y aura surtout de la confusion. Sans script, il ne peut y avoir qu'improvisation. C'est ce qu'ont, malheureusement, un tas d'équipes. Après, les scripts peuvent être différents bien entendu…

Vous parlez beaucoup de cinéma, quel est le film préféré d'Arrigo Sacchi ?
Il y en a tellement… Je ne peux dire que merci au football, car cette activité m'a réalisé professionnellement, humainement et même économiquement. Mais bon, avec cette activité, je suis quelque part devenu monothématique : je n'ai suivi que le football. Et quand je faisais autre chose, j'avais l'impression de perdre du temps et de trahir la confiance que l'on m'avait donnée. Mais avant tout cela, j'aimais beaucoup le cinéma. La Dolce Vita, La Bataille d'Alger, même si cela date… Dernièrement, je dois dire que je l'ai moins suivi car à vrai dire, je n'ai pas le temps. Je travaille encore énormément. Demain matin (ndlr, propos recueillis mardi soir dernier) nous jouons avec l'U19 contre le Kazakhstan, l'après-midi je dois être à Coverciano car nous jouons avec la U21. Aujourd'hui, j'ai fait les entraînements du matin et de l'après-midi. Hier, pareil. Dimanche, j'étais à Milan pour commenter les matchs à la télévision. Samedi, je suis allé voir le Cesena en Serie B. Je travaille beaucoup, mais j'ai toujours pensé que quand il y a de la passion, le travail n'est plus qu'une conséquence logique. Et puis je crois que sans travailler, il est difficile de s'accomplir complètement en tant que personne.

Avez-vous déjà retrouvé cette idée d'osmose du football total dans le cinéma ou un autre art ?
(Il réfléchit longuement) Non, pour être honnête, je n'ai jamais fait le parallèle. Dans le football, c'est vrai que l'essentiel se résume à la capacité de savoir profiter du travail de tout le monde, de trouver une synergie. Ainsi, on trouve le bon placement et on réussit à donner une impression de bloc-équipe compact. Là, la connexion s'améliore, la synergie intervient, qu'elle soit petite, moyenne ou grande, et enfin les possibilités de succès d'une équipe se multiplient, tout comme les capacités personnelles des joueurs. Regarde, qui est le meilleur, entre Robben et Messi ? Moi, je réponds toujours : cela dépend de qui sera dans quel rôle ! Si le jeu est aux mains de l'autre équipe, Messi pourra difficilement s'exprimer... Je sais que c'est un discours déjà difficile à comprendre pour beaucoup de monde. Mais regarde, pour imager : durant une guerre, imagine qu'il se présente la possibilité d'avoir un canon de très longue portée. Tu as du potentiel, mais si les munitions n'arrivent pas, tu ne peux pas tirer. Dans le football, c'est la même chose. Ce soir (ndlr: propos recueillis mardi soir dernier, après Bayern-Barcelone, et donc avant Borussia - Real...), le Barça n'a pratiquement pas réussi un seul tir cadré. Même avec Iniesta, Xavi, Sánchez, Pedro, et Messi… On a plus vu leurs défauts qu'autre chose. Ce qu'il s'est passé, c'est que l'autre équipe lui a pris l'initiative – donc les munitions – l'autre équipe s'est démontrée plus organisée, plus rapide, plus déterminée, et aussi dans de meilleures conditions. De l'autre côté, il y a un Barça qui, en ce moment, semble être fatigué physiquement et surtout mentalement. Le football est quelque chose de si complexe que seuls les ignorants peuvent penser que c'est la chose la plus simple au monde.

Vous parlez de cinéma, de musique. Vous utilisiez déjà toutes ces références lorsque vous entraîniez ?
Oui, on utilisait ces thèmes car nous voulions gagner tout en méritant de gagner. D'où l'idée de mélodie, de plaisir, d'harmonie. Pour nous, une victoire sans mérite n'était pas une victoire. Je me souviens d'une victoire 2-0 contre Pescara, après laquelle j'avais le nez long. Galliani vint me voir et me dit : « Dai Arrigo, on a le droit aussi, pour une fois, de gagner sans bien jouer » . La satisfaction la plus grande, je l'avais quand il y avait cette osmose avec le public, quand on sentait que le public était très reconnaissant de ce que nous lui offrions. Et dans un pays habitué à ne pas surprendre, ou changer… Pour nous, il ne s'agissait pas de chercher à surprendre, mais de faire les choses de la meilleure des manières.

Quels ont été les meilleurs moments de votre carrière ?
Je retiens deux moments particulièrement exaltants. Le premier a eu lieu avec Parme, quand à l'avant-dernière journée, nous perdons à Cremone et nous ne montons pas en Serie A. Car malgré l'échec, les tifosi m'ont quand même porté en triomphe. Et le deuxième est arrivé quand on perd le championnat en 1990 avec Milan, et que les tifosi, à nouveau, me portent tout de même en triomphe. Dans un pays qui avait toujours et qui reconnaît encore aujourd'hui seulement la victoire, à ces moments-là nous avions compris que nous avions réalisé quelque chose d'important.

Avez-vous des regrets, par exemple pour la finale de 1994 ?
Non, absolument pas. J'ai toujours été très exigeant avec moi-même, et donc aussi avec les autres. Mais il est évident qu'aujourd'hui, je peux bien évaluer ce qui allait, et ce qui n'allait pas. Et mon opinion n'a pas changé pour autant. Après la finale, j'avais vu que cette équipe, notre Squadra Azzurra, avait donné tout ce qu'elle aurait pu donner en plus de ce qu'elle aurait déjà pu donner. Et pour moi… (il s'arrête) Je fais une parenthèse, malgré tout, cette finale est un grand résultat : je souhaite à tout le monde, dans sa propre activité, d'être deuxième au monde. Je pense que cela doit rester un motif de satisfaction pour moi et pour mon pays.

C'est ce que vous aviez dit dans les vestiaires après le match ?
Oui, c'est ce que je leur ai dit. Parce qu'avant de partir aux États-Unis, j'avais demandé aux joueurs à partir de quel résultat ils seraient satisfaits de leur Mondial, et la majorité m'avait répondu : « À partir des quarts » . Seuls quelques-uns avaient osé parler de demi-finale. Au bout du compte on arrive en finale… Et on perd aux tirs au but, ce qui ne revient pas exactement à « perdre » .

Youtube


À lire : La suite du top 100 des entraîneurs Propos recueillis par Markus Kaufmann
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Note : 7
Tu penses t'y connaître en foot, t'écoutes Arrigo Sacchi, et tu t'aperçois que t'as encore beaucoup à apprendre.
Note : 5
Bof bof bof... j'trouve la plupart des comparaisons foot-cinema-guerre foireuses, discussions qu'on peut entendre dans nimporte quel PMU. Il explique rien en profondeur , tactiquement pourquoi les anglais sont en retard ?? C'est d'la branlette intelectuelle ou du sucage integral de teub cet article.
Note : 8
Quand y en a plus, y en a encore ! Merci pour cette double interview qui clôt en beauté le classement ! C'est quoi le prochain le top 100?

Sacchi est très intéressant, je mettrais juste un bémol au fait qu'il semble placer sa conception du football comme le dogme par excellence...et dévaloriser des équipes qui s'appuient sur d'autres forces que les siennes. ce n'est pas parce qu'on ne joue pas un football total qu'on ne peut pas être une grande équipe ! Si la tactique était le seul moteur du jeu, ça se saurait.
La vidéo avec Ibra... Chaud!
Note : 3
Message posté par alfadir
Quand y en a plus, y en a encore ! Merci pour cette double interview qui clôt en beauté le classement ! C'est quoi le prochain le top 100?

Sacchi est très intéressant, je mettrais juste un bémol au fait qu'il semble placer sa conception du football comme le dogme par excellence...et dévaloriser des équipes qui s'appuient sur d'autres forces que les siennes. ce n'est pas parce qu'on ne joue pas un football total qu'on ne peut pas être une grande équipe ! Si la tactique était le seul moteur du jeu, ça se saurait.


c'est juste un entraineur italien...peut etre le plus grand donc il défend fièrement son foot, ses valeurs, ses racines (lippi dit le meme genre de trucs).
personnellement, je ne vois pas de dévalorisation de l'autre, sans doute un peu de conservatisme mais essentiellement beaucoup de fierté pour ce qu'est "leur" chose.
Note : 3
Ils devraient interviewer Sacchi chez Canal+ pour faire la promo de la Premier League hahaha. Un bon spectacle mais rarement du bon football.

Sinon propos très intéressants à mon goût, que l'on peut retrouver de manière plus détaillée dans d'autres interviews. Ce que certains ne saisissent pas c'est qu'il a fait passer le football dans un autre aire, il y a un avant et un après Sacchi, et lorsqu'on a connu uniquement l'après Sacchi (pour beaucoup ici je pense), on ne saisit pas forcément bien l'intérêt de sa vision du football.
Note : 4
"Le Borussia a une qualité infiniment inférieure au Napoli"

Ça lui arrive de dire des conneries aussi. Un peu trop centré sur son Italie pour le coup.
Lebowski-The BIG one- Niveau : DHR
Note : 1
Juste pour info, c'est pas les tifosi de parme sur la photo, c'est la CurvaNord Interiste.
milanello44 Niveau : CFA
Note : 3
Arrigo, c'est bon la vie, pour les grands et les petits!!!
nononoway Niveau : CFA
Rho les salauds*, vous aviez du rab' !
Note : 4
La comparaison tient quand même parce que, la plupart du temps, l'auteur qui fait le choix d'écrire ses dialogues pour l'acteur, il a choisi cet acteur parce qu'il pense qu'il convient à l'idée qu'il a déja en tête pour le rôle.
Message posté par Chriswillow
C'est la que tu te dis que le mec à un recul de fou pour juger avec une telle aisance et intelligence le football d'aujourd'hui.

Par contre, pas entièrement d'accord avec le parallèle qu'il fait avec le ciné. Certains reals, au contraire de ce qu'il avance, pense parfois avant toute autre chose à l'acteur principal et écrira le script en fonction de lui uniquement.


La comparaison tient quand même parce que, la plupart du temps, l'auteur qui fait le choix d'écrire ses dialogues pour l'acteur, il a choisi cet acteur parce qu'il pense qu'il convient à l'idée qu'il a déjà en tête pour le rôle.
Note : 8
"Le football est quelque chose de si complexe que seuls les ignorants peuvent penser que c’est la chose la plus simple au monde."

Cette phrase vaut tout son pesant d'or.
vinnyroma Niveau : CFA2
Note : 2
ce qu'il dit est très discutable finalement dans le fond et fout même un peu les boules.
Pour lui l'entraineur doit tout maitriser et empêcher les individualités de s'exprimer.

Sa comparaison avec le cinéma est intéressante car si l'écriture est importante, on peut faire de bons films sans vraie histoire, sans vrai scénario finalement en laissant de la liberté aux acteurs, profitant d'une situation improvisée, d'une lumière, d'un paysage bref en ne maitrisant pas tout de A à Z.

la seule question un peu gênante de sofoot était la meilleure: vous n'avez pas été un grand joueur donc vous croyez à la toute puissance de l'entraineur et de la tactique!

Contrairement à ce qu'il dit(monsieur le prétentieux), le foot italien est tombé dans le trop tactique à un moment au détriment du spectacle et Sacchi ne pas nous faire croire que son football était super offensif et super spectaculaire quand même, il fut globalement offensif mais quand avec des limites. On peut reparler de l'Italie 94 assez terne malgré le talent incroyable de ces joueurs, sans doute il est content car son schéma tactique a fonctionné, le spectacle et la victoire passe après.

Oui la grinta, le fighting spirit, l’enthousiasme sont aussi importants que le collectif et la tactique.

Les meilleurs entraineurs ne sont pas des idéologues comme Sacchi, des idées oui mais pas ce fanatisme.
d'ailleurs les joueurs du Milan n'en pouvaient plus et ont trouvé la vie douce sous Capello c'est dire.

Sacchi était aussi prétentieux quand il était consultant, un type insupportable de certitutes.
benbecker
Note : 3
"On croit toujours que le jeu naît des pieds des joueurs. Mais non, le football doit naître de l’idée ! Un bon film n’est jamais né d’un acteur. Il grandit dans la tête d’un réalisateur, d’un scénariste, dans leurs idées."

C'est ce que je me suis dit en 1990 quand j'ai vu la prestation des Pays-Bas au Mondial.
- Un décor Idéal: Giuseppe Meazza
-Des acteurs magnifiques: Gullit (Oscar du Meilleur acteur en 87), Van Basten (2 oscars de Meilleur acteur 88 et 89), Rijkaard ( 2 oscar de pour ses prestations de second rôle aux côté de Van Basten)...etc
-Un réalisateur Nullissime: Léo Benhaker

TOTAL FIASCO!

chacun trouvera son propre exemple de déception.
Message posté par Tato
Ils devraient interviewer Sacchi chez Canal+ pour faire la promo de la Premier League hahaha. Un bon spectacle mais rarement du bon football.

Sinon propos très intéressants à mon goût, que l'on peut retrouver de manière plus détaillée dans d'autres interviews. Ce que certains ne saisissent pas c'est qu'il a fait passer le football dans un autre aire, il y a un avant et un après Sacchi, et lorsqu'on a connu uniquement l'après Sacchi (pour beaucoup ici je pense), on ne saisit pas forcément bien l'intérêt de sa vision du football.


Bah justement, c'est quoi la différence entre le avant et le après ? C'est quoi son innovation ? Pour l'Ajax des 70' je vois (pourtant je n'étais pas né), mais pour le Milan de Sacchi j'avoue mon inculture...
Fabrice Del Dongo Niveau : District
Note : 9
Pardon les mecs (et les filles), je vais faire un peu mon pédant, mais je crois que c'est éclairant pour comprendre ce que dit Sacchi. Bon alors, 1-2-3, j'y vais : Claude Levi-Strauss dans La Pensée sauvage, distingue deux figures de production : l'ingénieur et le bricoleur. Bon. L'ingénieur, c'est celui qui a un projet intellectuel, des idées, et qui, à partir de cette conception antérieure, choisis des matériaux et les outils dont il a besoin pour construire ce qu'il a auparavant imaginé. Le bricoleur, c'est celui qui a, dans sa "boîte à outils" (puisque c'est à la mode en ce moment), des instruments, des machins qu'il a récupéré à droite ou à gauche, à tout venant, et qui, avec les moyens du bord, fait face à une situation : il répare une roue de vélo, remet en état une étagère, etc. Bref, en gros, le bricoleur a D'ABORD une situation, et ENSUITE il élabore un projet dans la limite de ses moyens, tandis qu'inversement l'ingénieur a toutes libertés pour concevoir un projet EN AMONT, et DANS UN SECOND TEMPS se donner les moyens de sa production afin de la réaliser. Voilà. Et encore désolé pour mon pédantisme.
Donc, si j'ai bien compris ce que dit Sacchi (vous me direz si vous êtes d'accord), Sacchi appartient plutôt (et même carrément) au genre de l'ingénieur : il a des idées et recrute les joueurs fonctionnels qui souscrivent le mieux à cette conception première. Et c'est là que (avec ma toute petite expérience de foot respectivement à la sienne) j'ai du mal à être d'accord. D'abord, parce que contrairement à ce qu'il dit à propos des acteurs (=les moyens de production, les matières, les instruments : ici les joueurs) et le scénario (=le projet). Il me semble qu'il y a des joueurs qui inspirent, comme le font les acteurs de théâtre ou de cinéma. Sacchi refuse qu'on fixe un projet de jeu à partir d'un joueur (façon Zizou en EdF quoi) et là-dessus on peut dire : "d'accord" ; mais la manière de joueur de certains joueurs contribuent aussi à former l'esprit tactique de l'entraîneur. Ensuite, difficile, sinon impossible, de bâtir une équipe de toutes pièces ex nihilo (même dans le cas du PSG) : il y a toujours quelque chose de donné antérieurement, une situation (autrement dit avant tout des joueurs) à laquelle un entraîneur doit s'adapter, parce qu'il n'a pas les moyens illimités pour entièrement faire sortir de terre une équipe composée de tous les joueurs dont il rêve. Il me semble donc que les idées ne sont pas aussi importantes que le dit Sacchi, et que tout bon entraîneur est au moins autant ingénieur qu'il est bricoleur : certes il a un projet de jeu, qui est indispensable au succès de son équipe, mais enfin il doit s'adapter sans cesse. Comme d'autres l'ont dit, je trouve donc que toutes les comparaisons sur le cinéma sont douteuses. Mais elles sont compréhensibles : l’entraîneur de fait mousser en affirmant qu'il est un intellectuel du football qui réfléchit en amont à ce que va être son équipe, laquelle ne sera donc que la fidèle interprète de la géniale conception du coach. Bref il diminue le rôle des joueurs.
Cela dit, il n'empêche que Sacchi est sans aucun doute possible l'un des entraîneurs qui a donné le plus d'importance au projet de jeu, lequel s'est avéré qui plus est révolutionnaire. Son propos ne perd donc pas de cohérence avec mes petites "objections". Sacchi est simplement un grand ingénieur du football, comme Deschamps pourrait être un exemple connu de bricoleur de football (et ce, sans aucune connotation péjorative). Mais aucun d'eux ne se réduit à ce rôle-là : tous deux sont un peu ingénieur, un peu bricoleur, dans des proportions différentes et avec des projets différents.
Message posté par Calmos


Bah justement, c'est quoi la différence entre le avant et le après ? C'est quoi son innovation ? Pour l'Ajax des 70' je vois (pourtant je n'étais pas né), mais pour le Milan de Sacchi j'avoue mon inculture...



@Calmos:

Un très bon article sur les cahiers du foot
http://www.cahiersdufootball.net/article.php?id=2709
Note : 3
Sauf si je l'ai raté, mais Aimé aurait pas mérité d'y être?
Non parce qu'un mec qui est champion du monde (voir d'europe indirectement) avec Karembeu, Leboeuf, Boghossian et Guivarc'h? il a pas le droit d'y être?
Un mec qui a les couilles d'envoyer chier des mecs ultra talentueux parce qu'il a un "projet" autour justement d'une équipe.
Si y'a bien un mec qui a mis l'équipe au-dessus des individualités, qui a vulgarisé le concept (ben oui, rendre accessible à tous, c'est plutôt positif en fait, surtout quand dernière on fait un article pour dire que le foot c'est mieux que le rugby car vraiment "populaire), qui a relancer la "passion" du foot en France?
Il s'est mis 60millions de personnes à dos parce qu'il avait compris qu'il fallait mieux des mecs besogneux "potes" et intelligents que des têtes de cons qui dribblent 15 joueurs?
Alors oui il avait la chance d'avoir aussi un numéro 10 hors du commun, mais un sélectionneur qui dit "merde" à tout le monde, va au bout de ses idées, transcende la notion d'équipe (j'insiste parce que c'est le titre de cet article), gagne une coupe du monde dans on pays et se barre après, y'en a beaucoup????

Traitez moi de footix, balancez les insultes mais franchement je suis déçu parce que ça fait snobinard de pas l'avoir mis, du genre: "ouh la la, 98 c'est pour les beaufs, nous on aime le foot d'avant, on en parle pas".
Perso, les mes qui tournent leur veste avec chaque équipe "à al mode" et qui "connaissent" le foot parce qu'ils sont sur leur canapé le dimanche soir, ça me gave mais le 12/07/98 désolé j'ai kiffé et j'étais comme un fou
(merci de ne pas tenir compte de ce poste si Mémé était classé ailleurs, quelque soit sa position).
vinnyroma Niveau : CFA2
Note : 1
Message posté par freed
Sauf si je l'ai raté, mais Aimé aurait pas mérité d'y être?
Non parce qu'un mec qui est champion du monde (voir d'europe indirectement) avec Karembeu, Leboeuf, Boghossian et Guivarc'h? il a pas le droit d'y être?
Un mec qui a les couilles d'envoyer chier des mecs ultra talentueux parce qu'il a un "projet" autour justement d'une équipe.
Si y'a bien un mec qui a mis l'équipe au-dessus des individualités, qui a vulgarisé le concept (ben oui, rendre accessible à tous, c'est plutôt positif en fait, surtout quand dernière on fait un article pour dire que le foot c'est mieux que le rugby car vraiment "populaire), qui a relancer la "passion" du foot en France?
Il s'est mis 60millions de personnes à dos parce qu'il avait compris qu'il fallait mieux des mecs besogneux "potes" et intelligents que des têtes de cons qui dribblent 15 joueurs?
Alors oui il avait la chance d'avoir aussi un numéro 10 hors du commun, mais un sélectionneur qui dit "merde" à tout le monde, va au bout de ses idées, transcende la notion d'équipe (j'insiste parce que c'est le titre de cet article), gagne une coupe du monde dans on pays et se barre après, y'en a beaucoup????

Traitez moi de footix, balancez les insultes mais franchement je suis déçu parce que ça fait snobinard de pas l'avoir mis, du genre: "ouh la la, 98 c'est pour les beaufs, nous on aime le foot d'avant, on en parle pas".
Perso, les mes qui tournent leur veste avec chaque équipe "à al mode" et qui "connaissent" le foot parce qu'ils sont sur leur canapé le dimanche soir, ça me gave mais le 12/07/98 désolé j'ai kiffé et j'étais comme un fou
(merci de ne pas tenir compte de ce poste si Mémé était classé ailleurs, quelque soit sa position).



Je suis un supporter italien mais je pense que tu as tout a fait raison, un aimé Jacquet aurait largement mérité de figurer dans les 100 premiers.
C'est une énorme faut de goût de la part de sofoot mais sofoot hélas est plus branchouille que profond et cultivé.

rappelons nous dans quel état il a trouvé l'équipe de France ? israél, Bulgarie..
rappelons nous dans quel état il a laissé l'équipe de France ? championne du monde et une équipe qui allait être la meilleure équipe nationale du monde jusqu'en 2002 environ.

il a fait des choix courageux, avait un projet collectif, a bâti très vite autour de Zidane, le titre de champion du monde à défaut d'être brillant était presque logique et implacable.

mais pour sofoot ce n'est peut être qu'un ringard qui fait des pubs pour les cafeterias casino.

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