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Sébastien Lebailly : « France-Brésil, une affiche de rêve »

L'équipe française de football des amputés (EFFA) se prépare à affronter le Brésil, dans la nuit de jeudi à vendredi (1h), en huitième de finale de la Coupe du monde. Après avoir terminé à la 2e place d'un groupe composé de l'Italie, l'Argentine et le Ghana, les Bleus espèrent franchir l'obstacle brésilien pour atteindre les quarts de finale. Sébastien Lebailly a accepté de nous parler avant le grand match. Le défenseur de 38 ans nous raconte sa compétition, se confie sur son histoire personnelle et s'interroge sur la place de sa discipline en France, sans manquer d'humour. Entretien avec un mec qui a les pieds sur terre.

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Salut Sébastien, comment se passe cette Coupe du monde au Mexique ?
C’est un moment assez unique, magique, surtout dans notre discipline. Personnellement, c’est mon troisième Mondial, mais pouvoir vivre ça, c’est exceptionnel. En plus, on est dans un pays à la mentalité sud-américaine, il y a une vraie culture foot, une ferveur. On sent une communion autour de la discipline, ça fait plaisir.


Tu dis que c’est ta 3e Coupe du monde. Comment s’étaient passées les précédentes éditions ?
Ma première, c’était en 2010 en Argentine. Si je ne me trompe pas, on avait terminé vers la 15e place sur 18 équipes, donc ce n’était pas terrible comme résultat. Mais on n’avait pas encore beaucoup de joueurs et j’en garde un super souvenir, c’était une découverte. En 2014, c’était déjà au Mexique et on s’était arrêtés en huitièmes de finale. Il faut avoir un gros budget pour pouvoir organiser ce genre d’évènement.

Credits photos : Facebook officiel de l'EFFA

Du coup, vous voilà encore une fois en 8es de finale cette année. Un nul contre l’Argentine (1-1), une défaite contre l’Italie (1-2) et une victoire par forfait contre le Ghana. Finalement, ton pion contre les Italiens a été très utile.
(Rires.) Ouais, tout à fait. C’est mon but à l’arrachée dans le temps additionnel qui nous permet de terminer à la 2e place du groupe. C’est marrant parce que sur les deux matchs, on me demande généralement de rester derrière, vu que je suis défenseur. Sur cette action, mon pote Jean-Louis qui a tiré le coup franc m’a dit : « Monte, je te la mets sur la tête ! » Et il a trouvé ma tête, c’était parfait. (Il se marre.)



Et maintenant, place au Brésil pour aller chercher les quarts. Quand on parle de foot, le Brésil a cette réputation d’être très fort. C’est un gros morceau qui vous attend ?
Ils viennent de remporter la Copa América contre l’Argentine, donc on peut dire que c’est un gros. Ils n’étaient pas hyper impressionnants il y a quatre ans, mais on les a vus jouer cette année et c’est du lourd. Au moins, c’est une affiche de rêve, France-Brésil, c’est magique. Avant que je parte au Mexique, mes potes m’ont dit : « Seb, démerde-toi, on veut un France-Brésil ! » Et bah, ils l’ont !

Comment ta famille vit-elle la compétition ?
Tous les matchs sont filmés en direct cette année. Ma femme et mes enfants se sont levés pour regarder celui contre l’Italie, mes potes aussi. Ils m’ont dit que c’était un truc de dingue. Il y a des vrais commentateurs qui hurlent « Goooooooool ! » quand on marque. Et maintenant, France-Brésil ? (Il souffle.) C’est le destin, je te le dis, il y a quelque chose à faire, on va y arriver.

Quelles sont les ambitions de l’EFFA pour cette Coupe du monde ?
On voulait déjà passer les poules, c’est fait. Si on joue un quart de finale, c’est assez exceptionnel. Car derrière, il y a du très, très lourd, des nations qui sont professionnelles comme la Turquie ou la Russie. Il y a aussi des équipes comme la Pologne, l’Angleterre ou Haïti qui sont très fortes.

Passons un peu à ton histoire personnelle. Qu'est-ce qui t'est arrivé pour avoir à subir une amputation ?
J’ai eu un accident sur un chantier de contremaître en 2008, je me suis fait arracher la jambe. J’ai immédiatement su que j’allais être amputé. Alors j’ai enchaîné 15 opérations et des mois en centre de rééducation. C’est un gros coup dur dans la vie. Surtout que la veille de mon accident, je buvais le champagne parce que ma fille venait de marcher... Et le lendemain, je ne marchais plus.

Et du coup, comment on se retrouve dans cette équipe de foot ?
« Ils dansaient en béquilles les mecs, je pensais que je n'y arriverais jamais. Et j’ai fait un premier déplacement à Manchester, j’ai accroché et ça fait 9 ans que j’y suis. »
J’ai vécu 1998 et 2000, je suis un mordu de foot, je jouais milieu gauche avant mon accident. En centre de rééducation, je portais toujours un maillot. Un jour, un monsieur est venu rendre visite à un autre patient, il m’a vu avec mon maillot et il m’a dit : « Ça t’intéresse de jouer au foot ? » Au début, je n’ai pas compris, je me suis dit : « Il se fout de ma gueule le mec ? Qu’est-ce qu’il me raconte ? Il ne voit pas que je n’ai qu’une jambe ? » Puis, il m’a pris dans une bagnole, c’était le fondateur de l’EFFA. Il m’a emmené voir des entraînements, je suis arrivé devant une bande de copains et ils m’ont raconté leur Coupe du monde. Je me suis dit : « Mais putain, c’est incroyable leur truc, là. » Ils dansaient en béquilles les mecs, je pensais que je n'y arriverais jamais. Et j’ai fait un premier déplacement à Manchester, j’ai accroché et ça fait 9 ans que j’y suis. C’est vraiment comme une seconde famille.

Comment ça se passe au début ? Le passage du foot classique à celui en étant amputé, ça ne doit pas être facile...
Houla, au début on se casse la gueule tout le temps. (Rires.) On n’ose pas aller trop vite. Il faut apprendre à faire un mouvement de balancier avec son corps pour pouvoir tirer. En plus, certains ont perdu la bonne jambe, d’autres non. Pas de chance pour moi, j’étais droitier. (Rires.) Bon, je jouais des deux pieds avant, mais j’ai dû tout réapprendre avec le pied gauche.



Est-ce qu’on peut considérer que c’est une sorte de thérapie ?
Bien sûr. Dans le handicap, on se donne plein de combines, des conseils. On a tous une histoire différente à raconter, certaines sont plus glauques que d’autres. Mais généralement, ça se termine par un bon gros fou rire. (Rires.)

Et ça vous arrive de vous marrer en balançant des blagues du genre « Ça nous fait une belle jambe » ?
Tout le temps ! Quand on va boire une mousse entre nous, il y a toujours un mec qui va lâcher : « Oh les gars, on ne va pas partir sur une jambe, on va en boire une deuxième ! » Ou alors un truc comme : « Pourquoi je râle ? Je me suis levé du pied gauche. » Il y en a plein. Toute la journée, on s’amuse de nos handicaps. Et franchement, ça passe beaucoup mieux, il faut se marrer. D’ailleurs, le slogan de l’EFFA, c’est Tous sur un pied d’égalité, ça veut tout dire. (Rires.)

Puis, ça doit bien vous arriver de vous moquer des joueurs pros devant un match en disant qu’il faut être estropié pour rater un but tout fait, non ?
(Il se marre.) Ouais souvent ! Ça peut arrive qu’on se dise : « Putain, même nous en béquilles, on la met celle-ci ! » Mais bon, on sait bien qu’ils ont deux jambes, deux appuis, c’est très différent. Après, chez nous, on a des mecs qui courent très vite avec leurs béquilles aussi, attention !

Est-ce qu’il y a des tacticiens à la Pep Guardiola dans votre discipline ? C’est quoi les différents systèmes de jeu ?
« De notre côté, on joue en 3-3 en phase défensive, voire en 3-1-2, et le système se transforme en 2-3-1 en phase offensive. En gros, il y a un latéral qui monte. »
Sur le terrain, on est 7 joueurs dans chaque équipe, dont un gardien. De notre côté, on joue en 3-3 en phase défensive, voire en 3-1-2, et le système se transforme en 2-3-1 en phase offensive. En gros, il y a un latéral qui monte. Mais ça va dépendre aussi des équipes en face, si elle est plus faible, on joue direct en 2-3-1 et si elle est balèze, on va jouer en 3-3 afin de rester solides. Par exemple, contre l’Argentine, on a joué en 3-3 et on a fait un super match. Je pense que notre erreur contre l’Italie, ça a été de commencer en 2-3-1, on était perdus et asphyxiés en défense. À la pause, on est repassés en 3-3 et c’était un autre match. Et on retrouve d’autres équipes qui vont jouer dans différents systèmes, c’est vraiment très tactique.

Et c’est quoi le quotidien d’un joueur de l’EFFA ? Il y a des entraînements ?
Personnellement, j’ai toujours mon métier, je suis conducteur de travaux, je bosse plutôt dans les bureaux maintenant. Je joue avec une équipe féminine à côté de la maison, les filles sont généralement moins agressives et moins rapides que les mecs, donc on peut trouver notre place en béquilles. Je fais deux entraînements par semaine avec elles et vu que j’habite près d’Annecy, je fais beaucoup de sport à côté pour le renforcement musculaire et l’endurance en béquilles. C’est une moyenne de 3 ou 4 fois 1h30 par semaine. Je vais au stade et je vais faire 20 ou 25 tours de course. Quant à l’EFFA, on arrive à se réunir une fois par mois pour des stages.

Vous n’avez pas le droit de vous appeler équipe de France des amputés – d’où l’EFFA – car la FFF ne vous reconnaît pas. Votre discipline n’est pas assez structurée en France ?
« Quand je vois les valides, champions du monde, qui m’ont encore fait rêver et ce que la Fédé met à leur disposition... Tant mieux pour eux, hein ! Mais nous, on voudrait juste 0,2% de ce qu’ils ont... Et avec ça, laisse tomber, on pourrait faire un vrai championnat avec 5 ou 8 équipes. »
Aujourd’hui, on a trois équipes : celle du Nord, celle du Centre et celle du Sud. On arrive à se faire un tournoi au moins une fois par an et on est seulement 40 licenciés. On manque un peu de visibilité, on a du mal à recruter des joueurs. La FFF ne nous reconnaît pas parce qu’on n'a pas de championnat. Je ne connais pas tous les détails, mais quand je vois les valides, champions du monde, qui m’ont encore fait rêver et ce que la Fédé met à leur disposition... Tant mieux pour eux, hein ! Mais nous, on voudrait juste 0,2% de ce qu’ils ont... Et avec ça, laisse tomber, on pourrait faire un vrai championnat avec 5 ou 8 équipes.

Comment vous vous débrouillez pour financer vos voyages et vos rassemblements ?
On recherche des partenaires chacun de notre côté, ramener des sponsors. Cette année, on a récolté environ 24 000 euros, mais les compteurs vont être remis à zéro parce qu’on est partis au Mexique. On a pu prendre en charge l’avion, les tenues et sur place, c’est le pays organisateur qui nous loge et nous offre la nourriture, sachant que c’est 1500 euros l’inscription. Quand on va rentrer, il va de nouveau falloir se battre pour nos futurs tournois et nos stages. Mais ça a déjà bien évolué, il y a 8 ans, on donnait 300 à 500 euros par tête pour voyager.

Et toujours pas de Jeux paralympiques pour votre discipline ?
Non, elle n'est pas encore reconnue pour l'instant. Mais apparemment, les fédérations turques et russes poussent pour que ça soit le cas. D'après eux, le football des amputés sera représenté en 2024 à Paris, donc on peut avoir bon espoir que la discipline y soit en 2028.

Bon, est-ce que vous allez ramener la Coupe à la maison ?
(Rires.) Il y a notre gardien qui adore cette musique et il nous a fait un remix avec nos noms pour déconner. Mon couplet ça donne : « Qui contrôle le terrain... Seb Lebailly hey ! Avec lui on est serein... Seb Lebailly hey ! » (Il se marre.)

Qu’est-ce qu’il va falloir pour battre le Brésil ?
La chatte à Deschamps !

Propos recueillis par Clément Gavard
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