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Quand le Bayern Munich redescend sur terre

Défait ce mercredi par le Borussia Dortmund en demi-finale de Pokal, le Bayern Munich, déjà éliminé en Ligue des champions, n'a plus que la Bundesliga pour se réconforter. Une maigre consolation pour un club qui s'imaginait faire le triplé et qui, à la place, va devoir se remettre en question.

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Cette dernière semaine n'a pas vraiment été celle du FC Bayern Munich. Éliminé de façon plus ou moins honnête par le Real Madrid en quarts de finale de Ligue des champions, le Rekordmeister a ensuite enchaîné par un match nul contre Mayence en championnat samedi dernier, puis une défaite mercredi soir face au BvB en demi-finales de DFB-Pokal. En l'espace de huit jours, le Bayern a donc dit adieu au triplé, mais aussi au doublé. Une déception immense pour un club qui attendait beaucoup de Carlo Ancelotti à son arrivée. « Je ne pense pas qu'on puisse déjà dresser le bilan de cette saison, puisqu'il nous reste la Bundesliga à aller chercher » , a déclaré avec prudence l'entraîneur italien hier en conférence de presse.


Mais au vu de sa mine déconfite, Carlo Ancelotti sait que ses prochains rendez-vous avec Karl-Heinz Rummenigge et Uli Hoeness ne seront pas agréables. Le passage de Pep Guardiola, pourtant couronné de trois titres de champion et de deux Coupes d'Allemagne, est encore vu en Bavière comme un semi-échec. Suivant ce théorème, la première saison d'Ancelotti sur le banc du FCB, même si elle se termine par l'obtention d'un nouveau Meisterschale, ne sera certainement pas considérée comme un succès. Telle est la dure loi à Munich où le plus difficile est, comme l'expliquait Oliver Kahn dans So Foot, « de continuer à gagner  » .

Un effectif vieillissant et épuisé


Pour tout gagner cette saison, le board du Bayern Munich avait donc choisi de faire confiance à Carlo Ancelotti, « l'homme qui murmure à l'oreille des Coupes  » , mais aussi et surtout à son effectif. L'idée n'était pas de défaire ce qui avait été fait lors des saisons précédentes, et ce, malgré des défaites systématiques en demi-finales de C1. Le groupe n'a donc pas connu de profondes modifications. Un choix qui avait été salué cet été : en effet, pourquoi acheter des dizaines de joueurs moyens, lorsqu'on peut se contenter de deux excellentes recrues ? En chipant Mats Hummels au Borussia Dortmund dès le mois de mai 2016 et en recrutant le grand espoir portugais Renato Sanches, le Bayern avait effectué, sur le papier, le recrutement parfait, le tout sans directeur sportif. Seulement, la saison a prouvé que le FCB avait sans doute eu un peu trop foi en son effectif vieillissant. Et les blessures n'ont pas épargné le Rekordmeister : Manuel Neuer a enchaîné deux opérations coup sur coup ; Robert Lewandowski, qui n'a toujours pas de suppléant, a joué pendant des semaines en étant blessé à l'épaule ; quand Jérôme Boateng et Mats Hummels ont eux aussi connu des derniers jours difficiles.


Auteur du deuxième but bavarois, l'ancien capitaine du BvB est sorti du terrain épuisé mercredi soir, au point d'être incapable de marcher droit. Au-delà des blessés, Ancelotti a dû composer avec des joueurs en grande méforme. Cette année, tout le monde s'est demandé ce qui arrivait à Thomas Müller. Ce dernier a souvent répondu qu'il « n'en savait rien » , qu'il était juste « fatigué » . Dans cette fatigue, il a été accompagné par David Alaba. Méconnaissable depuis un an, l'Autrichien évolue bien en deçà de son niveau habituel. Thiago Alcántara, si précieux pendant une grande partie de la saison, a lui flanché mentalement dans le sprint final. En mettant tout cela bout à bout, le Bayern est apparu comme une entité friable. Très friable. Pour la première fois depuis 17 ans, le club bavarois vient d'enchaîner cinq matchs consécutifs sans victoire. Au plus mauvais moment de la saison.

L'avenir déjà en préparation ?


Est-ce que cette fin de saison difficile signe la fin de l'ère Robben/Ribéry/Lahm, comme le titre Bild ce jeudi ? Sans doute. Car pour revenir à son meilleur niveau, celui où il colle chaque semaine des 7-0 dans le gosier de ses adversaires, le Bayern va devoir se réinventer. Si Philipp Lahm et Xabi Alonso partent bien à la retraite dans quatre matchs, les autres vétérans sont toujours sous contrat. Théoriquement, il revient donc à Carlo Ancelotti de prendre la responsabilité de les faire moins jouer la saison prochaine et de laisser un peu de place à la nouvelle génération. Théoriquement, car le Bayern semble déjà préparer son départ et donc l'avenir. Présent dans les tribunes de l'Allianz Arena pour la seconde fois de la saison, Julian Nagelsmann, le jeune coach d'Hoffenheim, est tout indiqué pour prendre la suite de Carlo en 2018.


« Je vais être honnête, évidemment que nous suivons Julian Nagelsmann de près  » , avait avoué Uli Hoeness au micro de Sport1 en février dernier. En attendant sa probable arrivée et le début officiel d'une nouvelle ère, quelques joueurs vont venir rajeunir l'effectif du Bayern l'an prochain. Sebastian Rudy (27 ans) et surtout Niklas Süle (21 ans) vont rejoindre la Bavière. Julian Brandt (20 ans) devrait lui aussi suivre le même chemin. Ces arrivées, conjuguées à la construction d'un nouveau centre de formation, marquent déjà une envie de renouveau. Ne reste plus qu'à retrouver cette exigence qui les caractérise, et qui leur a un peu fait défaut cette année, pour que le tour soit (probablement) joué.

Par Sophie Serbini
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