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Noël Le Graët : « Je viens d'embaucher un Diallo »

Avant de décoller en début d'après-midi pour Munich afin d'assister au premier match de l'Euro 2020 de l'équipe de France, ce soir face à l'Allemagne (21h), Noël Le Graët a passé la matinée au siège de la Fédération française de football. Le président de la FFF nous a accordé un entretien qui aurait pu bien se passer, mais qui a tourné au vinaigre.

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Vous nous disiez en préambule être un peu stressé par l’excès de confiance ambiant ?
Stressé, je ne dirais pas ça, si je suis stressé, je stresse les autres. Non, j’ai confiance, mais effectivement lorsqu'on bavarde avec des amis, on a l’impression que c’est un match gagné d’avance. Or je rappellerai quand même que l’Allemagne, ça a toujours été difficile, et que l’excès de confiance peut nuire. Bon, ceci dit, aujourd’hui on a une équipe tellement technique, avec des joueurs qui jouent dans les meilleurs clubs français ou d’Europe, on a peut-être un petit avantage au niveau technique. Mais c’est l’Allemagne.

On a été les derniers à accueillir l’Euro, à l’ancienne, en étant le seul pays organisateur. La configuration actuelle, vous la trouvez sexy ?
À l’époque, quand ça a été annoncé, j’avais trouvé ça très bien. Il y a tellement de pays qui ne peuvent pas l'organiser tout seuls. Aujourd’hui, je regrette qu’on n’ait pas un match, mais bon, je crois que ça a été décidé par Michel Platini depuis longtemps et à l’époque, on était tout à fait d’accord, il était venu discuter ici.

Il y a eu la visite traditionnelle du président Emmanuel Macron à Clairefontaine. Cette dimension politique du foot, c’est une spécificité française ? Sans parler de récupération, on en fait pas un peu plus qu’ailleurs ? On ne serait pas un pays où le politique se mêle beaucoup de football ?
Vous savez, depuis que je suis ici, tous les présidents sont venus, j’ai passé quelques années... Chirac aimait bien venir, François Hollande adorait... Alors Sarko, je ne vous dis pas ! Et puis le président de la République actuelle, il est très heureux de passer aussi. J’ai l’impression que c’est aussi une détente pour eux, parce qu’il y a tellement de difficultés en dehors du foot, donc une journée ou une demi-journée à Clairefontaine... Nous, c’est agréable, parce qu’il est d’abord courtois, ce qui est bien sûr la moindre des choses, et il se met aussi à la place des joueurs, ses mots ne sont pas du tout politiques, plutôt presque ceux d'un dirigeant.

Pour la Coupe du monde, il avait dit en gros : « Quand on y va, c’est pour gagner » , et là, il a dit que l’équipe avait « le pouvoir de faire du bien au pays » ...
Non, mais même si lui ne le dit pas, c’est vrai. On sait très bien que dans cette période qu’on vient de vivre, beaucoup de familles ont été touchées, beaucoup de gens qui sont plutôt négatifs, de par les difficultés de l’emploi, l’équipe de France qui gagne, le Tour de France qui va arriver, tout ça ce sont des événements qui donnent du bonheur aux gens qui en ont besoin actuellement. Donc ce n'est ni décalé ni déplacé.



Puisqu’on parle de la dimension politique du foot, on peut revenir sur la chanson de Youssoupha. Cette chanson qui accompagnait le clip d’annonce de la liste des 26. Vous avez dit qu’elle avait été annoncée comme l'hymne de l'équipe de France pour l'Euro 2021, et qu’elle ne l’était pas, et finalement vous avez déploré un peu une erreur de casting en précisant que vous l’aviez découverte en même temps que tout le monde. C’est étonnant, quand même.
Bah parce que ça n’a jamais été décidé par la fédération, c’est quelque chose qui est passé sur les réseaux, je le dis avec beaucoup de sincérité, avec nos jeunes des équipes commerciales, on n’a aucun contrat, on n’a pas d’ « hymne » pour l’équipe de France. C’est sorti le jour de l’annonce des 26. Pour moi, c’est un non-événement.

Qu’est-ce qui vous dérangeait dans cette chanson ?
Très franchement, rien. Non, lui ou un autre, ce n’est pas du tout parce que c’est un rappeur, on n'a discuté avec personne, on n'a eu aucune réunion à la fédération pour savoir ce qu’on faisait. Le vrai hymne c’est La Marseillaise, point barre.

Avec du recul, est-ce que vous regrettez de vous être désolidarisé des jeunes salariés du service commercial ? Ils ont pu le prendre comme un désaveu...
Oh vous savez, c’est la vie de tous les jours, j’ai beaucoup de respect pour eux, et l’inverse est vrai. C’est passé uniquement sur leur site, franchement, ça n’a aucun intérêt.

Cette chanson, on a entendu Michel Platini, Roselyne Bachelot et Roxana Maracineanu lui apporter leur soutien. Pour vous, quel est le problème de cette chanson ? Pourquoi avez-vous estimé que c’était une erreur de casting ?
Parce que ça n’a jamais été discuté au COMEX (comité exécutif) que c’était un hymne pour l’équipe de France, ça n’a même pas existé, on n’y a jamais pensé. Mais ce n’est pas un discrédit pour le chanteur, faut faire attention à vos questions. C’est pas du tout un discrédit, c’est sorti le jour de la présentation de l’équipe de France, je croyais que c’était suffisant.

Mais nous, dans le timing, dans la manière abrupte dont vous l’avez discréditée, c’est arrivé pile après que Jordan Bardella, vice-président du RN...
Non, mais écoutez, ne me lancez pas là-dessus si vous voulez bien. Ce n'est pas parce que le Front national l’a critiquée... La décision, elle a été prise ici. Je ne sais pas où vous allez chercher ça, ça n’a jamais été question que ce soit l’hymne de l’équipe de France pendant la compétition. Nulle part. Personne.

Vidéo

On entend bien...
Non, non vous ne m’entendez pas, excusez-moi. Ça a duré une demi-journée, c’est tout. Après, que Bachelot l’adore, bah bravo, moi j’aime beaucoup Mme Bachelot. Que certains critiquent, tout ça, ça m’est égal. Il n’a jamais été question que ce soit l’hymne de l’équipe de France, mais jamais, je ne sais pas où vous êtes allés chercher ça.

Sur le timing : on ne peut pas faire abstraction que ce soit les gens du Rassemblement national qui ont manifesté leur...
Je ne sais pas ce qu’ils ont dit, ça m’est égal.

« Y a encore combien de questions sur le Front national ? Sinon on fait une émission politique, et je vous jure que j’adore la politique. »

C’est un peu ce qui...
Y a encore combien de questions sur le Front national ? Sinon on fait une émission politique, et je vous jure que j’adore la politique. On fait une émission politique quand vous voulez. Je croyais que c’était pour me parler de foot. Bon voilà, alors pour moi, c’est un non-événement, qui a été classé en peu de temps, qui n’a rien à voir avec la politique ni la qualité du chanteur. Rien.

Bah si on peut parler politique, on parle politique alors.
Si vous voulez.

Ça ne vous a pas échappé que Jordan Bardella...
Si, ça m’a échappé, je m’en fous.

Il a dit que la Fédération de football avait « cédé à une partie racaille de la France » . Il n’a pas utilisé cette rhétorique par hasard, c’était le retour de Benzema (qui avait dit de Deschamps qu'il avait « cédé à une partie raciste de la France » , NDLR), donc en vous désolidarisant...
Je ne sais pas, en général, je n’écoute pas ce genre de propos.

On entend. Mais on ne comprend pas pourquoi c’était si important de se désolidariser de cette chanson, si finalement...
Parce qu’il n’a jamais été question que ce soit l’hymne de la France.

Mais personne ne l’a pris comme l’hymne de la France.
Bah si, ça a été ça tout l’après-midi, dans la presse, à la radio.

Mais entre dire que ce n’est pas l’hymne de la France et dire que c’était une erreur de casting, il y a une différence...
Il n'y a aucun problème en ce qui concerne le chanteur, même s’il a eu soi-disant dans le passé des mots qui n’étaient pas très agréables pour la France, à ce qu’on m’a dit.

Mais après c’est pareil : est-ce que les sympathisants du Rassemblement national sont les mieux placés pour faire des analyses des textes de Youssoupha ?
Non, je parle de copains, de gens de la fédération. Il n’y a pas de Front national ici, je crois tout au moins.

Mais les salariés du service commercial, ils ont un peu de réflexion, ils savent aussi de qui il s’agissait.
Donc pour moi, non-événement, l’affaire est classée.

Et les joueurs, ils ont bien vécu ce rétropédalage ?
Ils s’en foutent complètement, ils s’entraînent, ils ont envie de gagner.

Parce que probablement que certains sont fans de Youssoupha...
Bah tant mieux, on n’a rien contre lui.

Vous avez par le passé dit sur le racisme dans le sport et dans le football qu’il n’existait « pas ou peu » . À So Foot, c’est un sujet auquel on s’est beaucoup intéressé, et la vérité c’est que c’est un sujet, le racisme dans le foot.
J’ai déjà dit je ne sais plus dans quelle émission : dans nos écoles de foot, c’est l’un des seuls sports qui admet sans difficulté les gens de race, religion, couleur différentes. Et quand on regarde nos équipes, dire que la fédération ne protège pas un certain nombre de jeunes, c’est vraiment méconnaître complètement ce qu’elle fait. N’importe qui peut aller dans une école de foot et aucun dirigeant ne lui dira : « Ne signe pas une licence chez nous parce que tu n’es pas né à Paris ou à Guingamp ou ailleurs. » C’est faux. C’est pour ça, je dis bien sûr qu’il y a du racisme, un peu dans toute la population, mais le foot est peut-être le sport qui rassemble le plus. Et de loin. Et regardez nos équipes nationales : les espoirs, les moins de 19, les moins de 17, ou nos centres de formation, on est accueillants, et heureusement.

La fédération - les instances de façon générale -, elle ne ressemble pas trop à l’équipe de France en matière de mixité.
Bah, tout le monde peut être candidat partout, c’est des élections, il y a 100 districts, un par département, je n’ai pas l’impression qu’il y ait des barrages, y a même un service ici vous pourrez l’interviewer, ce serait bien d’aller voir notre responsable... C’est des querelles inutiles. Je réponds sans problème, et avec gentillesse. Parce que très franchement, je suis sûr de moi. Il peut y avoir évidemment, comme partout... Mais moins dans le foot. Le sport en général rassemble. Et dans le foot, personne ne peut faire le reproche, les gamins qui veulent s’inscrire à l’école de foot peuvent s’inscrire.

« Attends, moi je suis chef d’entreprise, j’ai des salariés, jamais... Même ici, ma secrétaire, allez voir sa couleur de peau. »

Il y a un grand équipementier – et ce n’est pas la première fois – qui fait du marketing avec la problématique du racisme, et un joueur phare de l’équipe de France en tête de gondole. C’est marrant que le racisme soit un sujet dans la publicité, mais pas dans les instances...
Attends, moi je suis chef d’entreprise, j’ai des salariés, jamais... Même ici, ma secrétaire, allez voir sa couleur de peau. Et le directeur que je viens d’embaucher, un Diallo. Tout ça, ce sont des querelles inutiles.

Mais on ne vous fait pas un procès...
Si. Si c’était signalé à la fédération, j’imagine que le dirigeant en question qui refuserait la signature d’un petit... quelqu’un qui n’a pas notre couleur de peau, il entendrait parler du pays. Alors dans les instances, il faut des candidats. Entraîneur, il faut des candidats, il y en a un certain nombre quand même, mais il n’y a pas de barrages, bien au contraire, on est plutôt très accueillants.

Quand on parlait d’un équipementier qui inonde la télévision de pubs en prenant le levier de l’antiracisme pour vendre des baskets, c’était juste pour dire qu’on met le curseur où on le veut en matière de marketing, de communication.
(Le directeur de la communication de la FFF intervient : « Justement, on ne fait pas de marketing, on travaille sur le fond, on a fait une opération marketing "valeur exemplaire" au printemps avec l’équipe de France qui s’est engagée, c’est une opération qu’a souhaitée le président, mais on ne fait pas de marketing, on travaille sur le fond. » )
Faut pas nous accuser de tous les maux, c’est pas gentil.

Vous ne faites pas de marketing, mais vous faites de la communication.
Y a peut-être plus de racisme dans... Faites le tour de vos potes, vous allez voir.

Mais avec Youssoupha, vous avez le choix de le désavouer ou de soutenir que c’était une bonne idée. Et vous le désavouez, vous ne le soutenez pas.
Allez, vous avez raison.

Vous êtes bien placé pour savoir que tout est communication.
Je suis là depuis pas mal de temps, donc je ne vais pas me battre avec vous ni sur cet artiste ni sur le racisme.

La conséquence, c’est que Marine Le Pen et Bardella ont applaudi des deux mains en disant : « C’est bon, on est débarrassés de Youssoupha. »
Vous croyez qu’on ne souhaitait pas que Benzema revienne, à titre personnel ?

On ne voit pas le rapport.
Bah si, vous venez de le citer.

Citer qui ?
Vous venez de parler du retour de Benzema.
(Le directeur de la communication : « Honnêtement, vous ne voulez pas enchaîner ? Parce que l’objet, c’était l’Euro quand même. Là franchement... » )

Ces sujets font partie de l’Euro.
Il n’y a aucun problème, à condition que vous soyez vous-mêmes sérieux. Si vous êtes partis avec des idées préconçues... Vous savez, le journalisme, c’est aussi écouter les réponses. Si c’est pour dire : « Je viens, j’écris ce que je veux et je n'écoute pas ce qu'il me dit » ... Je reste stoïque et bien élevé. Donc continuez, allez-y.

On vous parlait communication, vous nous parlez Benzema. Donc le retour de Benzema participe d’une opération de communication ? Puisqu’on parle, parlons.
Benzema, c’est parce que c’est sûrement actuellement l’un des meilleurs joueurs du monde.

Il l’était déjà il y a trois ans.
Peut-être un peu moins. Je parle des qualités du joueur. Parce que tout le monde disait à l’époque : « Il doit tout à Ronaldo. » Et il a prouvé que, Ronaldo parti, il est devenu l’attaquant vedette reconnu par le monde entier.

C’est ça qui explique son retour donc ? Il était tellement meilleur qu’il y a trois ans que...
Je pense qu’il vient de faire la meilleure saison de sa carrière.

Il y a trois ans, il avait déjà ses 4 Ligue des champions.
Oui, mais pas tout seul. (Silence) Parce que si vous ne cherchez que des querelles... Je réponds gentiment tout le temps.

On dit juste que Benzema était déjà très fort il y a trois ans.
Les deux dernières années et surtout la dernière année, il a été au-dessus du lot dans son club. C’est sa meilleure saison et de loin. Et les spécialistes du foot écrivaient à l’époque : « C’est Ronaldo le patron du Real qui fait jouer Benzema. » J’étais assez fier que Ronaldo quitte le Real et que Benzema prenne cette place de leader. Ça en a surpris peut-être plus d’un.

Il y a des pays comme la Belgique où tout l’Euro est visible par le plus grand nombre, sur une chaîne publique. En France, moins de la moitié des matchs seront diffusés en clair pendant l’Euro.
Ce sont des appels d’offre qui sont faits par l’UEFA. On a deux chaînes en clair, TF1 et la 6 qui ont acheté 61 ou 62% des matchs, beIN a le reste. Je crois, hein. Mais ce n’est pas nous, hein, c’est l’UEFA.

On sait, on sait.
Déjà, avoir autant de matchs en clair, je suis ravi. J’aimerais bien que nos chaînes en clair soient plus vaillantes, même pour d’autres appels d’offres.

Que vous inspire le fossé entre le prestige de l’équipe de France dans le monde et cette forme de déliquescence de notre championnat par rapport aux autres gros, avec cette symbolique des droits télé ?
Notre championnat... Est-ce que le championnat est moins bon que les autres ? Le PSG est tout le temps dans le dernier carré. Lille, c’est incontestable, vient de faire une saison qui la place comme l’une des meilleures équipes d’Europe au niveau du jeu. On n’a pas à rougir. On veut toujours se dévaloriser. Or c’est faux, on a une formation exceptionnelle. Nos jeunes joueurs de 18-19 ans sont titulaires dans les grands clubs allemands. C’est un travail formidable qui est fait par la fédération et par les centres de formation. Je vois des matchs de championnat, ils ne sont pas tous exceptionnels. Notre championnat, il est ce qu’il est. Il ne faut pas le dévaluer bêtement. Il y a des équipes qui sont plus ou moins fortes. Il y a moins d’argent. Que vous le vouliez ou non, vous faites souvent les classements par l’argent. Il y a des pays qui ont un peu plus d’argent. Les Anglais ont je crois 3 milliards ? Deux milliards et demi ? Nous, on se battait pour 500 millions.

On a eu un milliard, mais malheureusement...
Oui, on l’a eu, mais il nous est passé sous le nez.

Ça, ça dit quelque chose quand même. C’est à la fois un mauvais signe pour les années à venir...
(Il coupe) Écoutez, peut-être, vous avez raison, ça va être catastrophique dans les années à venir.

...
Je dis que notre championnat, en valeur, n’a rien à envier à la plupart, sauf aux Anglais, qui ont aujourd’hui pris les meilleurs joueurs d’Europe pratiquement, mais que la France reste un pays qui joue son rôle, surtout le PSG qui est toujours là.

Ce n’est pas notre avis à nous. C’est une question d’offre et de demande. La valeur sportive, on veut bien tout entendre, mais...
Peut-être qu’il n’y a pas de concurrence suffisante pour acheter les matchs.

On n’est pas un bassin de population inférieure à d’autres pays comme l’Espagne qui engendre beaucoup plus d’argent par exemple. Du coup, où est le problème ?
Vous parlez de quoi ? De télé ? De public ?

Beaucoup d’argent viennent des droits télé aujourd’hui, donc quand...
(Il coupe.) Je pense que je disais la même chose, j’ai un peu l’impression. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, les appels d’offres qui ont été faits en France – à un moment avec un partenaire qui est très présent en Espagne puisqu'il s’agit de Mediapro – a plombé la ligue après quelques matchs. Donc on est arrivés à un chiffre concurrentiel par rapport aux autres pays. Là, il y a à nouveau un décalage.

« J’étais vachement bien ce matin et avec vos questions tristes, j’ai le blues. L’équipe de France est bien organisée, on a un service médical qui est bien. »

Après le drame Eriksen, certains joueurs ont déploré le fait qu’alors qu’ils étaient très à chaud dans l’émotion, l’UEFA leur ait donné le choix entre reprendre le match le soir ou jouer le match le lendemain. Certains regrettent que la question leur ait été posée à eux alors qu’ils étaient un peu inaptes à se décider là-dessus et que ce n’était pas leur préoccupation principale. Le père de Kasper Schmeichel a aussi laissé entendre qu’on a dit aux joueurs que s’ils ne reprenaient pas, c’était tapis vert. Si cela était arrivé en équipe de France, comment...
Je ne suis pas au courant de ce que vous dites. J’ai l’impression qu’ils étaient volontaires pour rejouer, mais je n’en sais pas plus, alors je ne vais pas risquer de dire une contre-vérité. Mais je crois que les joueurs, en dehors d’un seul, semblaient vouloir reprendre la compétition.

Et si c’était arrivé en équipe de France, qui aurait pris la décision de jouer ou pas et quelle aurait été votre position ?
Ce n’est pas arrivé en équipe de France, alors arrêtez de parler de malheur ! J’étais vachement bien ce matin et avec vos questions tristes, j’ai le blues. L’équipe de France est bien organisée, on a un service médical qui est bien. Comme celui des Danois d’ailleurs, heureusement que c’est arrivé avec des gens compétents qui se sont occupés du cas très vite, avec un joueur exceptionnel qui a senti la difficulté immédiatement. J’espère que le joueur sortira vite de l'hôpital. De ce que j’entends, il sortira demain ou après-demain.

Si l’équipe de France gagne l’Euro, va-t-on faire un match amical contre notre alter ego champion d’Afrique ? Est-ce qu’on va enfin le faire ce France-Algérie ?
Je partage complètement votre souhait. J’ai toujours envie de le faire, mais c’est la politique qui m’empêche de le faire.

C’est encore dans les tuyaux ? Parce que vous étiez proche d’y arriver, mais finalement rien...
Ce n’est pas la France, c’est l’Algérie... Parce que moi, je souhaite aller là-bas. Jouer le match ici, on peut le faire, ils viendraient. Mais j’aimerais bien aller là-bas parce que ça fait quand même cinquante ans... C’est le seul pays du monde qu’on ne peut pas rencontrer. J’ai reçu Gianni Infantino hier ou avant-hier, on en a reparlé, on ira peut-être là-bas ensemble un de ces jours, pour voir plutôt le côté politique et sécurité. Mais oui, j’aimerais bien faire ce match.

« Moi, j’ai envie d’aller jouer en Algérie parce que ce serait un signe fort. Les faire venir à Paris, aucun problème, on remplit le Stade de France, on se fait du fric, ce n’est pas le problème. Mais j’ai envie de jouer là-bas. »

Et pour donner le bon exemple et que l’Algérie invite la France en retour, pourquoi ne pas en refaire un ici ?
Parce qu’ils sont déjà venus.

Ça fait un moment quand même...
Écoutez, vous me posez la question. Votre avis ne m’intéresse pas. Moi, j’ai envie d’aller jouer en Algérie parce que ce serait un signe fort. Je vais en Algérie souvent, et là-bas, sur les écrans, ils regardent les matchs de notre championnat. Les faire venir ici, c’est facile, n’importe où. Je trouve que c’est difficile, non pas d’avoir un refus permanent, mais de ne pas pouvoir aller jouer au foot. Les faire venir à Paris, aucun problème, on remplit le Stade de France, on se fait du fric, ce n’est pas le problème. Mais j’ai envie de jouer là-bas.

Ce n’est pas comme si on les avait joués il y a trois ans en France (le dernier France-Algérie remonte à 2001)...
Mes réponses, elles comptent. Je dis « je veux aller en Algérie » , donc ne revenez pas en arrière.

On a le droit de venir avec nos questions.
(Le directeur de la communication : « Oui bah c’est ce que vous faites et il vous a donné une réponse. » )
Je souhaite aller jouer en Algérie et je ferai tout ce que je peux.

Quand vous nous dites que c’est facile d’organiser le match ici, on a envie de vous dire : « Bah pourquoi pas le faire ? » Et puis si vous nous répondez : « Parce que j’ai envie d’aller là-bas » , on veut bien, mais on trouve ça curieux comme réponse.
Très bien, ben vous noterez ça.

Bon écoutez, on va arrêter. On n’a pas l’impression de poser des questions sorties de nulle part. Qu’est-ce qui pose problème de faire un match France-Algérie ?
(Le directeur de la communication : « Rien du tout, il vient de vous le dire, il veut le faire là-bas. » )
Je vous ai dit que je voulais le faire en Algérie parce que ce serait un signe fort et que je pense que malgré tout, la France est aimée là-bas. Au niveau politique, il y a effectivement des difficultés entre les deux pays. Mais le sport, et surtout le foot, peut arranger les choses.

Parfait.
(Le directeur de la communication : « Plus de question ? » )

Non, c’est bon.
Non, mais allez-y, je pense être correct dans mes réponses. Je n’ai pas employé de mots désagréables, vous me posez des questions, je réponds. J’ai aussi le droit de ne pas être tout à fait d’accord avec votre avis.

Il n’y a pas de prises de position dans nos questions, donc on ne comprend pas pourquoi vous laissez entendre qu’il y en a une.
(Le directeur de la communication : « plus de question ? » )

On sait que la crise sanitaire a touché tout le monde, y compris la FFF, qui va licencier des salariés. Dans quelle mesure aurait-il été possible d’aller voir Hugo Lloris en tant que capitaine de l’équipe de France et de lui émettre l’idée de limiter la casse en faisant un geste avec leurs primes, comme ils peuvent parfois le faire au sein de leurs clubs ?
Déjà, il n’y a plus de primes de match depuis longtemps, ça vous le savez, il y a des primes uniquement sur la Coupe du monde et le championnat d’Europe. Et les chiffres, vous pouvez les trouver, il suffit de taper sur internet. Non, il se trouve qu’il y a des services qui ne fonctionnent plus. Le temps passe, et comme dans toutes les boîtes, les métiers changent. On a décidé de se séparer de quelques personnes en le faisant de manière très loyale. Ce n’est jamais marrant, mais il y a aussi des gens qui voulaient partir, on ne va pas se raconter d’histoires. Les temps changent, et il y a parfois besoin de renouveler. Ça arrive partout, hein. Je ne sais pas si c’est le cas chez vous, je touche du bois pour votre journal. Mais quand je reçois L’Équipe ou France Télévisions, je n’ai pas l’impression que ce soit très brillant.

Merci.
(Tout le monde se lève.)
Vous savez quand même qu’il y a l’Euro qui démarre ?

Oui pourquoi ?
Non, c’était juste pour savoir.

« Vous savez quand même qu’il y a l’Euro qui démarre ? Non, c'était juste pour savoir. »

Pourquoi ?
Parce qu’on n’a pas parlé d’Euro.

Si, on a posé des questions sur la compétition au début et vous avez déjà dit dans d’autres médias qu’il fallait tel résultat pour que l’Euro soit considéré comme réussi pour les Bleus. On ne va pas poser des questions qui vous ont déjà été posées. Vous auriez aimé qu’on vous pose quoi comme questions ?
(Le directeur de la communication : « C’est pas la question. Déjà, j’ai dans mes mails les questions qui devaient être posées, j’ai les thèmes et ce n’est pas ce qui était prévu. Après, le président a l’habitude de répondre à n’importe quelle question, il ne ferme jamais la porte, qu’elle soit positive ou négative. Mais là, il y a manière et manière de les poser. » )

On a posé des questions que plein de gens se posent. Il y avait bien le sujet Youssoupha dans la liste des thématiques qu’on vous avait envoyée ?
(Le directeur de la communication : « Oui et Youssoupha, il n’y a aucun problème, le président vous a répondu. » )

Qui dit qu’il n’a pas répondu ?
(Le directeur de la communication : « Eh bah alors ? » )

Mais vous vouliez qu’on vous parle de quoi autour de l’Euro ? De la stratégie de la Belgique ?
C’est quand même un événement pour la France actuellement, beaucoup de Français l’attendent.

De quoi on va parler alors ?
(Le directeur de la communication : « Je ne sais pas, de foot par exemple. Ça n’exclut pas les autres questions, mais on aurait pu aussi parler de foot. » )

Ce n’est pas Didier Deschamps qu’on est venus interviewer. Vous vouliez qu’on parle tactique ?
(Le directeur de la communication : « Il n’y a pas que la tactique. Enfin je ne sais pas, bref... » )

On a parlé de quoi d’autre que de choses qui concernent les affaires du président ? On a parlé de communication, de signaux à envoyer...
Mes affaires se portent bien.

On tombe un peu des nues par rapport à votre manière de penser qu’il y a eu un traquenard ou que nos questions n’étaient pas intéressantes.
(Le directeur de la communication : « Ce n’est pas un traquenard. C’est juste que vous avez une manière de ne pas recevoir certaines réponses à certaines questions. » ) Propos recueillis par Matthieu Pécot et Vincent Riou