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  1. // Euro 2020

Cet Euro dans 11 pays différents est-il si polluant que ça ?

Organiser une compétition à travers l’Europe était, selon l'UEFA, la garantie que la fête soit plus folle. Mais n’est-ce pas aussi faire sa fête à la planète ? On fait le bilan (carbone) calmement.

Pour Anne, l’Euro est une joie, mais aussi un beau casse-tête. Au sein des Irrésistibles, elle a la lourde tâche de gérer les déplacements de l’association de supporters de l’équipe de France. Cette année, ça sera un aller pour Munich, en avion ou en bus, c’est selon. À partir du second match de poule, la suite se corse un peu : certains vont rentrer sur Paris, puis aller à Budapest, d’autres vont relier directement Munich à Budapest. Comme l’équipe de France a terminé première de son groupe, elle s’est déplacé à Bucarest, mais elle aurait pu aller à Londres en cas de seconde place et à Budapest en étant troisième. S’ils avaient été qualifiés en quarts, les Bleus auraient donc joué à Bakou, Rome ou Saint-Pétersbourg. Et si elle avait été plus loin encore ? Direction Londres. Un beau bordel logistique... et écologique. Dans le monde d’avant, Anne avait misé sur un mode de déplacement vert, mais surtout économique, le train, pour se rendre au premier match à Munich. Après le décalage de l’édition d’un an, le prix des billets de train a flambé, et les Irrésistibles ont dû changer de braquet. Anne se rassure comme elle le peut face à cette situation ubuesque : « Durant la phase de poules, les Suisses vont jouer à Bakou, à Rome et enfin, à nouveau à Bakou. Ce sont des distances énormes, et puis, il faut être fortuné ! » De ce point de vue-là, les Suisses devraient pouvoir survivre.

Ce premier Euro à travers l’Europe devait rendre la fête encore plus largement partagée que si elle avait été restreinte à un seul pays. « Mais cela a aussi un coût, les supporters devant parcourir des distances plus grandes pour voir leurs équipes jouer » , avait concédé un Aleksander Čeferin lucide sur les polémiques écologiques à venir, en septembre 2019. Cela n’a pas manqué : cette nouveauté introduisant un bilan carbone transport jamais vu dans l’histoire de cette compétition a fait jaser. Un point noir que l’eurodéputée écologiste et présidente de la Commission transports au Parlement européen Karima Delli n’a pas manqué de fustiger auprès de l’AFP en février 2020 : « Cela relève d'un non-sens environnemental le plus total. On veut soi-disant montrer l'unité de l'Europe avec cette nouveauté, mais on oublie qu'il y a une urgence climatique. »

6000 kilomètres entre Bakou et Séville


Soulevée par quelques observateurs çà et là, la problématique n’a pas pollué la tenue de l’événement. Une preuve de plus que si l’écologie fait son chemin dans de nombreux pans de la société, la prise de conscience du ballon rond n’est pas encore de mise. « Le football a une quinzaine d’années de retard par rapport aux autres entreprises » , assure Antoine Miche, fondateur et président de Football Écologie France, une association qui veut faire du football un vecteur d'écologie populaire. À ce retard, il faut ajouter le fait que cette édition ait été choisie en 2012, époque où l’écologie était un sujet encore moins prégnant qu’aujourd’hui. Toujours est-il que ces 51 matchs répartis dans 11 pays différents ont évidemment multiplié les polluants déplacements des supporters qui, comme nos Irrésistibles, ont baroudé à travers l’Europe pour supporter leur équipe préférée.

Déterminer précisément à quel point un événement peut être dévastateur, ou pas, pour l’environnement est un sport de combat. Et l’Euro n’y fait pas exception. Didier Lehénaff, concepteur des Eco-Games et président de SVPlanète, en sait quelque chose. Les facteurs à prendre en compte sont multiples, comme les transports qui représentent de « 50 à 90% émissions selon les voyages » . Et avec les distances entre les villes hôtes de cet Euro, « on ne peut pas faire plus éclaté, vraiment sur ce point, la compétition mérite un zéro sur vingt » . Bakou et Séville remportent la palme de la distance avec 6000 kilomètres de route. « Le fait que l’Azerbaïdjan accueille des rencontres, c’est d’abord une affaire de gros sous et non d’écoconception » , se désole Didier Lehénaff.

Sauvé par le coronavirus ?


Ces distances rappellent les plus belles heures des mondiaux aux USA en 1994 et au Brésil en 2014. De ce côté-ci, la prochaine édition au Qatar n’aura pas grand-chose à se reprocher. Mais pas sur l’autre point noir de l’impact écologique des compétitions internationales : la construction des stades. Sur ce versant, cet Euro est plutôt vertueux puisqu'il s’appuie sur des infrastructures préexistantes. L’UEFA a même eu la bonne idée de choisir des stades où l’écoconception était prise en considération. Mais manque de bol pour le climat, celui de Bilbao, plutôt bon élève, a été remplacé par celui de Séville en avril. Quand Didier Lehénaff dresse le bilan, il souffle : « Les institutions footballistiques sont de mauvais élèves en matière d’écologie. Même les sports mécaniques font plus d’efforts ! » Sauf que l’UEFA pourrait être sauvé par un invité imprévu : le coronavirus. Cette compétition en pleine crise sanitaire aura le mérite écologique de faire se déplacer moins de supporters et donc, probablement, de sauver le bilan carbone de cet Euro singulier. Les capacités d’accueil ont été revues à la baisse, avec 25% de la capacité totale des stades d’Amsterdam, de Bucarest, de Copenhague, de Glasgow, de Londres et de Rome. L’équation est simple : moins de supporters entraîne moins de pollution. Didier Lehénaff n’en fait pas un motif de satisfaction, car cela est dû à un aléa sanitaire et non une volonté politique, mais il reconnaît tout de même les bienfaits écologiques de la situation : « S’il n’y avait pas eu de Covid, ça aurait été probablement l’une des pires éditions. Des stades qui ne sont pas pleins, forcément, ça fait moins de pollution que prévu. Ça pourrait finalement être une des éditions qui polluent le moins. »

L’Euro 2020 a-t-il plus ou moins pollué ? S’il ne fait aucun doute que le poids écologique du football est conséquent, il est difficilement quantifiable. Pour pouvoir comparer l’impact d’un événement sur la planète... encore faut-il le calculer de manière juste. « L’UEFA et la FIFA établissent des mesures d’empreintes carbone sur les grands évènements, mais sans prendre en compte la construction des stades. Les transports des joueurs et des supporters ont logiquement atteint 80% de l’empreinte carbone de la dernière Coupe du monde. Mais en réalité, c’est plus complexe » , raconte Antoine Miche, pour qui le débat est stérile tant qu’il n’y aura pas de mesures indépendantes, certifiées et comparatives. D’autant que les paramètres sont nombreux : « Si l’on prend une voiture, 80% de son impact, c’est sa construction. Ce n’est pas pareil avec les stades, qui ont une durée de vie très longue qui peut être rallongée par des rénovations. »

Le fondateur de Football Écologie France milite donc en faveur d’études plus globales, ne se basant pas uniquement sur l’empreinte carbone, qui se résume aux émissions de gaz à effet de serre. Pour bien comprendre l’impact écologique d’un Euro, il faudrait également prendre en compte les particules volatiles, la biodiversité... Et aussi le social, un des trois piliers, souvent oublié, du développement durable. Et en la matière, pas sûr que cet Euro soit le plus équitable. Billets d’avion achetés à la dernière minute, tests PCR et autres dépenses accentuées par cette compétition disséminée aux quatre coins de l’Europe en pleine situation sanitaire en font une édition particulièrement chère pour les supporters. « L’idée de Platini de base était sympa pour les petits pays qui vont enfin accueillir l’Euro, mais elle l’est moins pour les supporters » , dénonce Anne.

L’UEFA lave plus vert que vert


Quand on cherche à en savoir plus sur la prise en compte, ou pas, de l’impact environnemental de l’Euro, l’UEFA renvoie vers son programme de compensation carbone. Un programme pour lequel l’organisme « s’est donné comme objectif de compenser la quantité estimée de 405 000 tonnes de carbone produites par les supporters et le personnel de l’UEFA lorsqu'ils se rendront à des matchs de l’Euro » et se targue d’avoir monté « le tournoi de l’UEFA le plus respectueux de l’environnement à ce jour » . Le projet est flou, mais devrait, entre autres, fournir des fourneaux dans des zones rurales du Rwanda et permettre de planter 600 000 arbres dans les pays hôtes.


Sauf que l’astuce ne prend pas vraiment. « On ne peut pas faire du greenwashing avec des initiatives comme la compensation ou celle de la Juventus qui promet de planter des arbres à chaque but, pointe Didier Lehénaff de SVPlanète. Il faut d’abord avoir une stratégie d’évaluation et de réduction de l’impact d’un événement, et, dans un second temps, chercher des moyens de compenser. C’est un problème de riche : on ne veut pas chercher des solutions, alors on compense. » Un constat partagé par Antoine Miche, qui donne des pistes d’amélioration, comme l’introduction de quota carbone impliquant les acteurs, instances, clubs et supporters, dont la LFP et la FFF pourraient être les régulateurs au niveau national, et l’UEFA et la FIFA au niveau international. Si une des parties prenantes fait mieux que prévu, elle aurait des quotas carbone à revendre à son voisin qui n’a pas réussi à atteindre ses objectifs, et ainsi, les bons élèves seraient récompensés. Son association Football Écologie France promeut également le concept « d’écosupportérisme » . « Ceux qui organisent une activité ont cette responsabilité de savoir l’impact et doivent donc être les premiers à se mouiller, estime Antoine Miche. Mais les supporters doivent aussi avoir des réflexes plus écolos dans les loisirs, comme ils en ont au travail ou à la maison. Aller voir un match, ce n’est pas neutre. L’écosupportérisme, c’est une idée pour que chacun fasse sa part, même les supporters, sans pour autant les culpabiliser. Mais ça ne fonctionnera que si les instances se réveillent sur ces sujets. »

Pour convaincre les sceptiques, Antoine Miche rappelle les basiques : « Il faut s’enquérir des conditions de jeu du football pour pouvoir y jouer. C’est une réalité. Des pays ont déjà des problèmes de canicules extrêmes, et contrairement à ce qu’on pense, en France, on n’est pas protégé non plus de ce type de phénomène. » En bref, si on veut pouvoir continuer de vibrer devant de trépidants Lorient-Angers, il va falloir se préoccuper un peu plus de l’impact du foot.

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    Par Vincent Bresson
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