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Thiago Motta, la sentinelle

Par Mathieu Faure
4' 4 minutes
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Thiago Motta, la sentinelle

Catastrophique pour son retour à la compétition la semaine dernière contre Bordeaux, Thiago Motta aura à cœur de faire taire les critiques avec ce déplacement à Lille. C'est simple, l'international italien est le joueur le plus important du système de Carlo Ancelotti. Si, si.

Thiago Motta Santon Olivares doit avoir les oreilles qui sifflent depuis une semaine. Pour sa reprise contre Bordeaux, l’Italien a eu du mal à trouver la cadence. Revenu blessé après un Euro réussi avec la Nazionale (finaliste avant que sa cuisse ne l’abandonne lors du dernier round, contre l’Espagne), l’ancien milieu de terrain de l’Inter a repris le chemin des prés avec du retard. Il a fallu se soigner, puis se refaire une santé physique pour rattraper les copains qui avaient repris début juillet. Contre les Girondins, le numéro 28 du PSG a perdu une chiée de ballons et a semblé très vite à court de souffle pour sa première sortie de la saison.

Ses 90 minutes ont fait de la peine. Trop pour un joueur de son standing. Derrière, il a dû se coltiner les critiques et les crachats sur sa prestation diffusée en 16:9. Et comme son PSG All Star ne décolle toujours pas, le gaucher sert de réceptacle à crachats aux maux franciliens. Sauf que, c’est oublier la dimension physique dans le jeu de Thiago Motta. Recruté au cœur de l’hiver dernier – un vrai gros coup sportif -, l’ancien du Barça est la tour de contrôle du XI parisien. Celui par qui tous les ballons doivent passer. En théorie, il sert de relais entre la défense et l’attaque. Un mec qui donne de la verticalité au jeu. Pour ce faire, l’homme a besoin d’être en forme. Alors oui, le jeu de l’homme aux Mizuno n’est pas le plus beau d’Europe. De son Brésil natal, il n’a rien gardé. Pas de technique visible, pas de folie, pas de lumière dans le jeu. Thiago, lui, c’est plutôt l’ombre qui l’attire, là où il règne en maître.

Du vice dans le jeu

Un mec besogneux, utile et caché. Le type qui gratte la gonfle, qui ratisse, qui met son crâne dans les duels aériens. Le lascar qui joue des coudes, aussi. Avec lui, le jeu est simple : contrôle – passe. Le plus souvent vers l’avant. Autant que faire se peut, en tout cas. Jamais en retrait. Ça, c’est un truc hérité de sa formation barcelonaise. À l’instar de Lionel Messi, Thiago Motta n’a jamais joué dans son pays d’origine. Très vite, il a traîné sa ganache dans la Masia barcelonaise. C’est ce bon vieux Charly Rexach qui le lancera dans le grand bain à 18 piges. Après quelques années pourries par des blessures, Thiago attend son passage au Genoa pour exploser. Dans la foulée, l’Inter de Mourinho tombe amoureux du joueur. Sous la houlette du Portugais, Motta devient une pièce essentielle de l’Inter auteur du triplé de 2010. Alors qu’à Barcelone, il s’était façonné techniquement, son passage en Italie, et particulièrement à l’Inter, l’a modelé tactiquement, il est vrai, le compartiment le plus subjectif de son jeu. D’ailleurs, d’aucuns trouvent le mec à gerber quand il est sur un pré. C’est moche, mais un mec capable de commettre des fautes de salope à 40 mètres de ses buts pour pourrir une offensive adverse, ça n’a pas de prix.

L’an dernier, Thiago Motta a mis du temps à s’acclimater à l’arbitrage français. À moins que ce ne soit l’inverse. En tout cas, le mec a enchaîné les cartons jaunes et, donc, les suspensions. Des détails qui ont fait de lui une cible de choix pour certains romantiques du beau jeu. De ça et de là, Thiago Motta a été qualifié de « boucher » , de « petite frappe » ou de « joueur débectable » . Pourtant, il y a un peu de Claude Makelele en lui. Un joueur vicieux, au sens sportif du terme, et expérimenté. Un mec qui sait comment remettre les siens dans le droit chemin et pourrir un match. Pourrir pour gagner. Une mentalité qui ne fait pas encore partie du football français. En même temps, ce nouveau PSG n’a plus grand-chose de français. « Au PSG, la langue du vestiaire est l’italien. Comme de nombreux joueurs sont passés là-bas et que l’entraîneur est italien, la langue principale au sein du club n’est pas le français » , a-t-il indiqué, lors d’une interview parue durant son Euro. Ce soir, à Lille, le PSG de Thiago Motta devra faire quelque chose. Et ce, peu importe la langue employée.

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Par Mathieu Faure

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