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Super Miranchuk Bros.

Par Mathieu Rollinger
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Super Miranchuk Bros.

La Russie a dans sa manche une arme secrète, ou plutôt une paire d'as. Car les jumeaux Aleksey et Anton Miranchuk tirent leur force autant de leur similarité que de leurs parcours foncièrement différents. Et se rêvent aujourd'hui en Castor et Pollux.

Et si la nouvelle identité russe pouvait se prouver spécifiquement par un changement de paire ? Que l’on s’entende : on ne parle ici que de jumeaux. Pendant quinze années, ce sont les deux tours rugueuses, immuables et intimidantes que sont les frères Berezutski, Alexeï et Vassili, qui ont servi de piliers défensifs de la Sbornaya et du CSKA Moscou. Mais au moment de se refaire une beauté avant sa Coupe du monde, la Russie a mis en selle un autre duo, celui que forment Aleksey et Anton Miranchuk, dont elle espère qu’ils sauront faire fructifier les liens du sang qui les unissent pour prospérer.

Ces deux-là ont vu le jour le 17 octobre 1995 à Slavyansk-na-Kubani, dans le coin de Krasnodar, et ont jusqu’à l’adolescence tout fait ensemble. Repérés par le Dynamo Moscou à 15 ans, qui les jugera finalement trop chétifs, c’est le Lokomotiv qui se décidera à tailler ces diamants. Le moment où les différences entre les jumeaux ont commencé à sauter aux yeux.

Toi, le frère que j’ai failli ne jamais avoir eu

Car s’il s’est pointé à la maternité avec 10 minutes d’avance sur son frangin, Aleksey a clairement creusé l’écart depuis. À 22 ans, il s’apprête à entamer le Mondial dans la peau d’un titulaire, positionné par le sélectionneur Cherchesov en soutien de Fyodor Smolov. Une place acquise grâce à une progression linéaire au Lokomotiv depuis cinq saisons maintenant. D’ailleurs, son coéquipier Jefferson Farfán se régale à ses côtés. « Il est doué pour tout ce qui touche au football, on lui a envoyé un talent d’en haut, soufflait le Péruvien à Sport-Express. J’ai l’impression d’être comme un poisson dans l’eau quand il est proche de moi. » Cadre chez les Cheminots, le golden boy incarne – au même titre qu’Aleksandr Golovin ou Daler Kuzyaev – l’avenir d’une Sbornaya qu’il fréquente depuis 2015. Le bonhomme y a même ouvert son compteur lors de sa première sélection, 12 minutes seulement après son entrée contre le Bélarus. Un destin tout tracé.

Pour son frère Anton, le chemin a été beaucoup plus escarpé. Comme dans les contes, il a longtemps été celui qui restait dans l’ombre de son frère, et donc considéré comme une énigme. Plus grand, plus costaud et même plus technique, il a mis beaucoup plus de temps à émerger. Comme s’il s’était renfermé après avoir nourri un complexe d’infériorité face à un alter-ego devenu plus grand que lui. Et quand Aleksey brillait avec la sélection et l’équipe première, lui restait bloqué en réserve et a même connu un temps l’exil en Estonie, prêté au FCI Levadia. Une expérience qui lui a finalement permis de se découvrir comme individu, et plus seulement comme le frère de. Milieu offensif, autant utilisé à gauche qu’en meneur, il a fini par convaincre son club qu’il y avait la place pour deux Miranchuk au Lokomotiv et donc en sélection.

Station Mir

Leur coach, Yuri Semin, est le premier à penser qu’il ne faut pas opposer les membres de cette fratrie, mais plutôt profiter de leur connexion naturelle, aperçue contre Nice cette saison en Ligue Europa. « Anton Miranchuk a beaucoup de qualités. Je pense qu’il n’est pas inférieur à son frère et ils ont une bonne rivalité, assurait-il à SovSport. La seule différence est que l’un joue mieux avec le pied droit (Aleksei), et le second avec le pied gauche (Anton). » Pile le genre de complémentarité dont la Russie a besoin pour créer rapidement une osmose dans son groupe. Si le pays hôte semble à première vue pouvoir prétendre difficilement à quelque chose dans sa Coupe du monde, il en faudrait peu pour que le déclic se fasse. Et le coup de starter pourrait bien venir de ce duo qui ne demande qu’à mettre en orbite sa sélection. Avant de se faire, à deux, un nom.

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Par Mathieu Rollinger

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