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Renato Paiva : « PSG-Botafogo, c’est clairement le match de ma vie »

Le Paris Saint-Germain champion d’Europe n’a eu besoin que de 20 jours pour redescendre sur Terre. La faute au Botafogo de Renato Paiva, victorieux de la bande de Luis Enrique à la Coupe du monde des clubs en juin dernier (1-0). Pourtant, si le technicien portugais de 55 ans a fait un sale coup au PSG, c’est lui qui a fait de Gonçalo Ramos un buteur ou lancé Willian Pacho dans le grand bain. Entretien "mode d’emploi".
Où en êtes-vous depuis votre départ de Fortaleza en septembre 2025 ?
En ce moment, je me repose ! Cela faisait presque 21 ans que je n’avais pas vraiment eu de vacances. Alors je récupère. Je fais des bilans de ce qui a fonctionné, de ce qui a moins fonctionné, avec mon staff. Il faut maintenant attendre que certaines offres se présentent. Il y en a eu quelques-unes, mais aucune qui me tente au point d’aller plus loin. Je regarde beaucoup de matchs. Soit ceux des équipes d’entraîneurs dont j’aime le travail, soit ceux de championnats où je pense que je peux exercer en cas d’offre, pour pouvoir être prêt.
La Ligue 1 fait-elle partie de ces championnats que vous suivez attentivement ?
La Ligue 1 est un championnat que je suis de près pour différentes raisons. D’abord, parce que j’ai un de mes grands amis, qui a été mon premier adjoint à Benfica, Filipe Coelho, qui est aujourd’hui adjoint à Strasbourg. Ensuite, parce qu’au PSG, il y a Gonçalo Ramos, João Neves et Willian Pacho que je connais personnellement et Luis Enrique dont j’adore le travail. Il y a aussi Paulo Fonseca à Lyon, un entraîneur dont j’ai toujours aimé analyser le jeu lorsqu’il était dans d’autres équipes. Il y a aussi un de mes anciens joueurs, avec qui je m’entends très bien, Tiago Gouveia, qui est arrivé cette saison à Nice.
La Ligue 1 est un championnat qui reste incertain. N’importe qui peut battre n’importe qui et ça offre, selon moi, un bon spectacle.
Ça vous donne envie de vous y frotter ?
Ça peut évidemment m’intéresser de pouvoir y travailler. Quand on regarde l’effectif du PSG, on pourrait penser qu’il y a un championnat pour eux et un championnat pour les autres. Mais il y a aussi souvent des équipes qui parviennent à lutter. Le Monaco de Leonardo Jardim a par exemple réussi à être champion face au PSG. C’est un championnat qui reste incertain. N’importe qui peut battre n’importe qui et ça offre, selon moi, un bon spectacle.
Comme carte de visite à la L1 et au monde, il y a cette victoire au Mondial des clubs face au PSG aux manettes de Botafogo à l’été 2025. Comment avez-vous préparé cette rencontre ? J’avais un avantage pour ce match : je connais très bien le PSG. Je regardais presque tous les matchs en direct ou en différé, pour pouvoir identifier certains aspects du jeu de Luis Enrique et j’avais donc une idée très claire de leur façon de jouer. Ensuite, à l’approche du Mondial, j’ai observé très attentivement quatre matchs : la finale de la Coupe de France ; les deux matchs contre Arsenal en Ligue des champions, parce que je savais qu’il y avait là des choses auxquelles le PSG n’est pas habitué ; et la finale de la Ligue des champions contre l’Inter. J’ai fait des montages en fonction du scénario du match, le PSG avec ou sans ballon, le PSG en contre, le PSG en phase de construction, etc. Puis, j’ai analysé le premier match du Mondial des clubs contre l’Atlético de Madrid (4-0). Nous avons eu trois séances pour préparer le match. Notre grande réussite a été de convaincre nos joueurs que l’exploit était possible.

Comment ?
Évidemment, ils savaient ce que représentait le PSG. Mais j’ai voulu leur faire comprendre, pendant plusieurs réunions individuelles et collectives, quels étaient les secteurs où le Paris Saint-Germain était très fort, avec et sans ballon, mais aussi là où il était moins fort, ce qui n’est pas évident puisqu’il n’a pas beaucoup de points faibles. La stratégie a été, sans ballon, de fermer le couloir central. Nous avons défendu en 4-3-3, avec un triangle devant – Igor Jesus en pointe haute, Jefferson Savarino et Artur sur les côtés – pour bloquer la relance à trois que le PSG aime beaucoup faire. Derrière, il y avait 2 milieux, Allan et Marlon Freitas, plus Gregore en pointe basse, dans un triangle inversé. Ces joueurs devaient s’occuper du couloir central pour rendre la vie de Vitinha et João Neves (finalement remplaçant au coup d’envoi, NDLR) difficile et les pousser à passer par les côtés. Et quand le jeu basculait sur les ailes, il n’y avait qu’un homme libre côté PSG et mes latéraux (Alex Telles et Vitinho, NDLR) devaient jaillir pour les bloquer, avec l’aide des milieux évidemment. Quand les latéraux sortaient, Gregore entrait immédiatement dans la ligne de défense. L’espace entre le latéral et le central adverse, que le PSG adore exploiter pour ensuite combiner et faire des centres en retrait, était donc toujours bloqué. On avait toujours quatre joueurs en phase défensive.
Le PSG est l’une des équipes qui centre le moins en Europe, entre 8 et 9 centres en moyenne par match. Il fallait donc les amener à aller dans ces zones de centres qu’ils n’aiment pas exploiter.
Ça veut donc dire que vous vous exposiez à des centres ?
Oui, mais ce que j’ai dit à mes joueurs, c’est que le PSG est l’une des équipes qui centre le moins en Europe, entre 8 et 9 centres en moyenne par match. Il fallait donc les amener à aller dans ces zones de centres qu’ils n’aiment pas exploiter, parce que nous, nous allions bloquer le couloir central en étant agressifs. Durant les 15 premières minutes, nous savions que nous allions souffrir et que nos latéraux allaient être exposés, Kvicha Kvaratschelia a posé beaucoup de problèmes à mon latéral droit Vitinho, mais avec l’aide de ses partenaires, il a tenu.
Devant, il y avait quand même Gonçalo Ramos qui sait exploiter ces centres, même peu nombreux.
J’ai travaillé avec lui pendant trois ans et demi à Benfica, donc je le connais comme ma poche. J’ai expliqué à mes centraux (Alexander Barboza et Jair Cunha, NDLR) comment le marquer. Les deux sont très forts physiquement, dans le jeu aérien, alors j’étais assez serein sur ce plan. J’ai dit à mes joueurs de croire en ce travail défensif, en fermant le couloir central et en les agressant sur les côtés pour qu’ils n’aient pas d’espaces à exploiter.

Et offensivement ?
J’ai clairement expliqué à mes joueurs que l’on n’aurait pas beaucoup la balle, au contraire de ce dont nous avions l’habitude en championnat. À la perte de balle du PSG, il fallait sortir le ballon de cette zone en une ou deux touches, parce que la réaction du PSG à la perte est très agressive. Je leur ai dit de vite sortir le ballon et d’être vertical ensuite. C’est ce qui s’est passé sur le but. Si vous arrivez à être dans la verticalité, très bien, sinon, essayez de conserver le ballon et de construire progressivement comme on en a l’habitude.
Tout le monde a adhéré à votre plan ?
Au-delà de cet aspect tactique, j’ai pris les joueurs individuellement pour les motiver, leur dire que c’était possible, qu’ils pouvaient être aussi bons que les Parisiens sur ce match-là, que le monde entier allait les regarder. Notre principale victoire en tant que staff, c’est qu’à la fin de la troisième séance de préparation avant le match, on a vu que le plan fonctionnait. Avant le début de la rencontre, les joueurs ont parlé entre eux, sans nous. Et là, j’ai dit à mon staff : « On ne va peut-être pas gagner ce match, mais on a réussi à convaincre les joueurs qu’il est possible de gagner, qu’il y a un petit pourcentage de chance d’y parvenir en suivant notre plan. » Ils ont suivi les instructions à la lettre.
Je leur ai rappelé qu’en gagnant ce match, ils allaient être champions du monde pendant trois jours !
Et le résultat vous a donné raison, finalement.
Nous n’avons pas seulement gagné, notre gardien n’a quasiment pas eu d’arrêt à réaliser. À la pause, nous menions. J’ai essayé de rester équilibré, de ne pas tomber dans les éloges faciles, mais de ne pas non plus évoquer la peur de la réaction du PSG. Je les ai félicités d’avoir suivi le plan de jeu à la perfection en première période et je leur ai dit qu’ils devaient être prêts parce que le PSG allait réagir, faire entrer du sang frais, pourquoi pas ajouter un autre n°9, qu’ils devaient être courageux et continuer à y croire. Je leur ai rappelé qu’en gagnant ce match, ils allaient être champions du monde pendant trois jours ! Les joueurs ont souscrit à nos idées. C’est clairement le match de ma vie en matière de préparation et d’exécution. Ce qui m’a rendu le plus fier, c’est que l’on n’a pas fait que subir, on a perdu un peu de notre identité étant donné la qualité de l’adversaire, mais on n’y a pas totalement renoncé puisqu’il y a des moments du match où nous avons réussi à avoir la possession. On a réussi à être dans le camp du PSG en possession.

Au-delà de ce grand moment, comment c’était de travailler avec John Textor ? Si vous suivez les informations, une instabilité totale règne aujourd’hui à Botafogo. Le club a été interdit de recruter par la FIFA, pour retard de paiement dans le transfert de Tiago Almada depuis Atlanta United. Les supporters de Botafogo ne savent pas ce qui va arriver. Le club est évidemment reconnaissant pour le titre de champion de Serie A et la victoire en Copa Libertadores en 2024, c’est un fait. Mais ce sont des montagnes russes en matière d’émotions. C’est la gestion émotionnelle d’un homme, un seul. C’est John Textor.
Après la rencontre contre Palmeiras, John Textor est venu à l’hôtel avec nous, il m’a embrassé, m’a encouragé, m’a dit de continuer à bien travailler le samedi. Il est reparti. Et le dimanche, il a demandé à ses directeurs de me virer.
Quelle relation aviez-vous avec lui ?
C’est lui qui me vire. Pas directement, mais c’est lui qui donne l’ordre aux directeurs de le faire. Nous avons perdu un match contre Palmeiras le samedi (0-1, AP, en 8es de finale de Coupe du monde des clubs, NDLR). Après la rencontre, il est venu à l’hôtel avec nous, il m’a embrassé, m’a encouragé, m’a dit de continuer à bien travailler le samedi. Il est reparti. Et le dimanche suivant, il a demandé à ses directeurs de me virer. Après la victoire contre Paris, il m’a embrassé en direct à la télévision. Il savait ce qu’il faisait, c’est un showman, mais il s’est dévoyé, car il m’a remercié sept jours plus tard… Cette gestion émotionnelle est très mauvaise dans le milieu du football. Nous, techniciens, ne pouvons pas nous laisser aller à ce genre d’instabilité émotionnelle. Les dirigeants non plus en temps normal.
Vous avez l’air encore sonné par ce licenciement.
Après mon licenciement, j’ai reçu des appels de journalistes français, égyptiens, hongrois, chinois qui voulaient comprendre ce qui s’était passé, si j’avais fait quelque chose de spécial qui pouvait expliquer mon licenciement. Les gens ne comprenaient pas cette attitude. Quand nous sommes partis pour les États-Unis et le Mondial des clubs, Botafogo restait sur huit victoires de rang, était invaincu à domicile, à 6 points du leader du championnat, Flamengo. Nous étions la meilleure défense du championnat derrière Flamengo. On n’avait pas perdu de derbys. Les joueurs étaient valorisés, on ne parlait que de ventes. Le travail en interne était bon. Tout le monde pensait au Brésil que Botafogo allait perdre tous ses matchs au Mondial des clubs dans le groupe de la mort. Notre travail a été mis en cause, mais pourquoi ? Pour une élimination face à Palmeiras, une des meilleures équipes du Brésil ces dernières années, en prolongation ? Évidemment, nous avions mal joué, je l’admets volontiers, mais ce match aurait pu basculer d’un côté comme de l’autre. Cette gestion dictatoriale et les tentatives d’ingérence évidentes dans mon travail, je ne les admets pas. J’écoute toutes les opinions, mais je prends mes décisions en fonction de ce que mon staff et moi voyons au quotidien à l’entraînement et de mon expérience. La manière dont j’ai été licencié montre la personne qu’il est et pas mon travail en tant que professionnel.

Durant ce match contre le PSG, vous avez retrouvé Gonçalo Ramos que vous avez dirigé dans les catégories de jeunes et en réserve à Benfica. Comment jugez-vous son évolution depuis ? Je savais déjà qu’il ne resterait pas longtemps à Benfica. Gonçalo est un buteur. Même s’il n’est pas titulaire au PSG, Luis Enrique ne peut pas s’en passer et je comprends pourquoi. On ne peut pas se priver d’un buteur. Si tu lui donnes 5 minutes de temps de jeu, Gonçalo va jouer comme si c’étaient les 5 dernières minutes qu’il allait jouer de sa vie, il met tout sur le terrain comme s’il n’y avait pas de lendemain. C’est pour ça qu’il arrive souvent à marquer des buts décisifs malgré son faible temps de jeu. Gonçalo a un savoir-faire spécial dans la surface. Quand j’ai commencé à entraîner Gonçalo en U17 à Benfica, il était milieu relayeur. Mais il marquait beaucoup et comme il n’avait pas forcément le bagage technique pour être un super milieu de terrain et qu’il avait une qualité de finition extraordinaire, j’ai demandé une réunion au conseil technique de Benfica pour avoir l’autorisation de l’utiliser en n°9, d’autant que nous n’avions pas énormément de solutions à ce poste à ce moment-là. Le conseil a accepté. Gonçalo est donc passé devant.
Les coéquipiers de Gonçalo Ramos le chambraient en lui disant qu’il avait un pacte avec le ballon : même quand ses frappes étaient moches, elles faisaient toujours mouche.
Votre décision a-t-elle fait tout de suite effet ?
Les partenaires de Gonçalo le surnommaient O Bruxo (le sorcier, NDLR). C’était impressionnant, dès que Gonçalo frappait au but, cela finissait toujours par entrer, même si le ballon était contré par un pied, une cheville adverse, s’il ratait sa tête et prenait le ballon de l’épaule, ça finissait quand même en but. Ses coéquipiers le chambraient en lui disant qu’il avait un pacte avec le ballon : même quand ses frappes étaient moches, elles faisaient toujours mouche. Il est un 9 très moderne, car il a gardé de son époque de milieu sa capacité à défendre. Les entraîneurs ont besoin de ça. Gonçalo, avec ou sans ballon, donne tout. Même s’il n’est pas un premier choix dans l’esprit d’Enrique, avec Ousmane Dembélé Ballon d’or devant lui, je suis sûr qu’il ne veut pas le voir partir, parce qu’il est ce joker qui t’assure toujours des buts. Je comprends pourquoi il ne joue pas plus, mais je suis content de le voir entrer et répondre présent. Cela montre le caractère de ce garçon qui mérite le meilleur pour son humilité, sa capacité de travail, sa passion pour le jeu, sa capacité à mettre totalement son ego de côté. Gonçalo est comme ça et il mérite tout ce qui lui arrive. C’est un garçon extraordinaire.
Vous avez également retrouvé Willian Pacho, que vous avez lancé dans le monde professionnel à l’Independiente Del Valle. L’imaginiez-vous atteindre un tel niveau aussi rapidement ? J’imaginais que Willian deviendrait un grand central en Europe, assurément. Quand nous sommes arrivés à l’Independiente Del Valle avec mon staff (en janvier 2021, NDLR), il n’avait jamais joué avec l’équipe première, mais il faisait partie du groupe. Pendant les 15 premiers jours d’entraînement, je vois un garçon de presque 2 mètres, gaucher, super rapide, très bon balle au pied avec une tranquillité hors du commun. Je disais à mon staff : « Il n’y a que moi qui vois ce que ce petit fait aux entraînements ? » On s’est rapidement dit que l’on devait miser sur lui, même s’il y avait un problème : il était très léger dans les contacts pour un central. Il avait des sautes de concentration, parce qu’il était facile balle au pied, mais c’était normal vu son âge. Je savais, vu mon parcours à la formation avec les jeunes, que cela allait s’estomper avec l’âge, l’accumulation des matchs et l’expérience. Nous l’avons donc lancé et il a fait un championnat incroyable.

Son adaptation à l’Europe vous surprend-elle ?
C’est un garçon très introverti, qui parle peu, c’est un de ses axes de progression en tant que central. Je voyais ce petit arriver en Europe et briller parce qu’il réunissait beaucoup de critères d’excellence. C’est un gamin fantastique, extraordinaire. Il est venu me féliciter après le match au Mondial des clubs, il m’a fait la surprise de m’offrir son maillot dans les vestiaires. On a discuté, on avait les larmes aux yeux. C’est un petit qui vient de nulle part et mérite ce qui est en train de lui arriver.
Mettre Bernardo ailier, voire faux ailier, pour moi, c’est un crime pour le football.
Vous avez vu passé beaucoup d’autres talents, dont un certain Bernardo Silva. Quelle était sa particularité ? Moi, j’ai connu Bernardo en U10. Et à chaque tournoi que nous faisions, où que ce soit, en France, aux États-Unis, au Portugal, en Italie, en Espagne, il terminait meilleur joueur. Je rigolais avec lui et je lui disais qu’il devait demander à ses parents de faire une chambre en plus chez eux rien que pour ranger tous ses trophées. C’était impressionnant de voir ce qu’il faisait balle au pied. Sa manière de voir le jeu et de se déplacer était extraordinaire. En U17, Bernardo ne jouait pas beaucoup parce qu’il était plus petit et léger. Fernando Chalana, qui a joué à Bordeaux, était l’adjoint de Bruno Lage. Il ne l’a jamais lâché et l’a surnommé « le Messizinho du Seixal » (soit le petit Messi du centre d’entraînement de Benfica, NDLR). Bernardo explose ensuite. C’est un joueur d’une intelligence hors du commun. Je le place au niveau qu’ont atteint Xavi ou Andrés Iniesta. Ce sont des joueurs qui, à défaut d’être des puissances physiques, sont des puissances cérébrales. Ce sont des joueurs qui pensent le jeu à une vitesse incroyable.
On l’a connu à l’AS Monaco et à ses débuts à Manchester City comme un joueur de côté. Plus récemment, il évolue dans des zones plus intérieures et reculées sur le terrain. Imaginiez-vous cette évolution dans son jeu ? J’imaginais ça oui. Moi, je l’ai toujours utilisé en n°10. Une fois chez les professionnels, il était aligné sur les côtés en raison de son physique, car dans l’axe, il pouvait plus facilement se retrouver dans le trafic et subir les chocs et les coups. Mais moi, c’est là que je le trouvais le meilleur. C’était un maître entre les lignes, un crack au niveau des passes décisives. Moi, je me disais que l’on ne pouvait pas l’éloigner du but adverse. J’ai procédé de la même façon avec João Félix, qui était aussi placé ailier parce qu’il était frêle. Quand Pep Guardiola l’a replacé dans l’axe, cela ne m’a pas étonné. Quand tu as un joueur cérébral, bon dans la prise de décisions, qui marque des buts, tu ne peux pas l’éloigner des zones de décisions du jeu. Mettre Bernardo ailier, voire faux ailier, pour moi, c’est un crime pour le football.
Il y a un autre génie portugais que vous aviez comparé à Andrés Iniesta : Vitinha. On a le droit de tomber amoureux d’un joueur de Porto quand on est à Benfica ? Je suis fier parce qu’à un moment de ma carrière à Benfica, je suis entré dans le bureau du président Luis Filipe Vieira et je lui ai dit qu’il y avait un joueur en fin de contrat dans l’équipe B du FC Porto, qui n’était pas reconnu à sa juste valeur et que nous devrions regarder de près comme une solution d’avenir. Le président a écouté, a demandé à surveiller le joueur, fils d’un ancien pro au Portugal, a creusé le dossier. Et au moment où Porto a eu vraiment peur que Benfica le recrute, il l’a bloqué en appelant son agent Jorge Mendes, a commencé à lui donner l’attention qu’il méritait et a misé sur lui. Il était déjà connu là-bas comme l’« Iniesta du Olival » (centre d’entraînement de Porto). J’envoie encore des messages aujourd’hui au président Vieira pour lui rappeler cette anecdote. Je suis très fier de voir ce qu’il fait au PSG, de la reconnaissance qu’il a. Le voir troisième au classement du Ballon d’or, c’est formidable ! C’est un joueur cérébral, un joueur qui ne saute pas toujours aux yeux. Je suis content que les joueurs intelligents comme lui atteignent ce niveau. Lors du match Botafogo-PSG, au bout d’un quart d’heure, j’ai senti que notre plan fonctionnait quand j’ai vu Vitinha sortir des zones où il est dominant pour venir sur les ailes. Nous avions réussi à le mettre dans l’inconfort.
La rencontre entre Arouca et Benfica perturbée par un incendiePropos recueillis par Alexis Pereira





















































