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Quand l’appétit va, tout VA

Par Pierre Mounier
4' 4 minutes
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Quand l’appétit va, tout VA

Des buts, du spectacle, de l’amour et un entraîneur porté sur l’offensive, Valenciennes régale depuis le début de saison. Mais quelle est donc la recette de VA (5e de Ligue 1 et meilleur attaque du championnat) ? Daniel Sanchez apporte un début de réponse.

Ne nous comparez pas au FC Barcelone ! » Un cri du cœur autant qu’une supplication. La flatterie, beaucoup plus vicieuse qu’elle n’y paraît, ne trompe pas Daniel Sanchez. Le technicien nordiste se souvient que la saison dernière les parallèles avec la machine catalane avaient rapidement déréglé le vaisseau de VA, une équipe terminant dans le ventre mou, à la 12e place, mais avec 19 défaites au compteur (seul Dijon avait fait pire). Mais, n’en déplaise au coach, le fantôme de Barcelone plane de nouveau sur Valenciennes (5e de L1) depuis quelques semaines. La faute à un jeu léché, un allant offensif et une cascade de buts qui marque les esprits : 6-1 contre Lorient, 4-1 face au leader marseillais, trois pions inscrits contre Ajaccio, Sochaux et Bastia.

La faute finalement… à Daniel Sanchez. « Le fond de mon discours n’a pas changé » , nous confie l’entraîneur de 58 ans, sur la défensive. « L’an passé, on voulait déjà attaquer. C’est sûr qu’on a l’intention de jouer de manière offensive. Aujourd’hui, la confiance entraîne de la sérénité qui entraîne plus de prise d’initiative et donc plus de réussite. C’est un engrenage ! » , assène-t-il. Un engrenage, un cercle vertueux, un effet boule de neige. Quelle que ce soit l’image choisie, la réalité est bien la même : Valenciennes est de loin la meilleure attaque du championnat (26 buts), sans un Zlatan Ibrahimović ou un Pierre-Emerick Aubameyang dans ses rangs.

Le carré d’as

Le club du président Legrand a misé sur une forme de stabilité dans son secteur offensif, agrémentée par l’arrivée du seul Anthony Le Tallec. Un renfort perçu comme un fardeau par les supporters en août dernier, tant le bonhomme avait galéré à la pointe de l’attaque auxerroise l’an passé. Mais ses cinq buts ont fait taire les sceptiques qui, en véritable girouette, en sont déjà à regretter son absence pour cause de blessure. Finalement, Daniel Sanchez peut s’appuyer devant sur son carré magique depuis quelques semaines. Un quatuor de joueurs au profil identique, à savoir plusieurs années de L1 dans les crampons, sous-cotés et donc revanchards : Gaël Danic (meilleur passeur de L1 avec six caviars), Foued Kadir – auteur d’un doublé de toute beauté sur l’île du même nom à Bastia -, Matthieu Dossevi enfin décisif sur son côté et l’élégant Grégory Pujol, sorte d’Abou Diaby du Nord, bourré de talent, mais au physique douteux.

« Je suis dans le camp de ceux qui veulent marquer un but de plus que leur adversaire, ça c’est sûr » , se justifie Daniel Sanchez. « Car le foot est aussi un spectacle pour ceux qui viennent au stade, qui veulent voir des buts. Et remplir les stades, c’est aussi avoir plus de ressources qui sont nécessaires pour faire de grands clubs. » Pas folle la guêpe. Les finances de VA ne sont pas autant dans le rouge que celles de son voisin lensois, mais les folies ne sont pas permises. Alors autant garnir les gradins du nouveau stade du Hainaut, avec toujours la recherche du fragile équilibre entre jeu et efficacité. « Que vous voulez, je regrette le culte du résultat, mais la finalité du foot est de gagner les matchs. Mais je me dis que si je joue bien, je me donne plus de chances de gagner que si je ne joue pas bien » , glisse l’ancien entraîneur de Tours.
Ce samedi, c’est Montpellier et sa horde de psychodrames qui se déplacent dans l’antre de Valenciennes. Montpellier et sa fébrilité défensive. Le carré d’as se pourlèche les babines à l’idée de pilonner Geoffrey Jourdren, tout juste réhabilité par René Girard. Tiens, d’ailleurs, VA n’a pas encore quitté son enceinte cette saison avec le goût amer de la défaite dans la bouche. Tout comme Barcelone. De là à dresser un parallèle entre les deux formations…

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Par Pierre Mounier

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