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L’aura Fabián

Par Julien Faure
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L’aura Fabián

Longtemps blessé cette saison, Fabián Ruiz a ressurgi comme une fleur au printemps et pourrait bien finir par être titulaire en finale de Ligue des champions. Ce choix ne soulèverait finalement pas beaucoup de contestations, tant l’Espagnol sait se montrer essentiel à ce PSG et répondre de la meilleure des façons lorsqu’on fait appel à lui.

Depuis bientôt deux ans, Warren Zaïre-Emery et Fabián Ruiz ont souvent joué à « à toi, à moi » dans le onze parisien. Aux côtés des inamovibles Vitinha et João Neves, ils ont souvent dû se partager la dernière chaise disponible dans l’entrejeu du PSG. Barré par des performances de haut niveau pour l’un, touché par une blessure pour l’autre, chacun sa saison, les deux compères pourraient bien tous les deux démarrer la finale de Ligue des champions face à Arsenal. Sans pour autant voir l’un des deux Portugais s’asseoir sur le banc de touche.

Un choix contraint plus qu’autre chose, puisqu’Achraf Hakimi pourrait se montrer trop juste pour démarrer face aux Londoniens, mais qui, finalement, n’attiserait pas forcément la crainte des supporters parisiens. Parce le titi a appris à rassurer son monde et à assurer dans le couloir droit, et surtout, parce que le retour de Fabián Ruiz a confirmé que l’Espagnol savait se rendre indispensable à ce PSG.

La présence qui rassure et qui assure

À 30 ans, et alors qu’il n’a jamais été un monstre physique, ses 16 matchs manqués consécutivement cette saison ont longtemps interrogé. Sur un retour à son meilleur niveau, mais aussi sur sa réelle volonté de prendre des risques physiques à quelques mois de la Coupe du monde. D’autant que comme annoncé précédemment, Zaïre-Emery a retrouvé le niveau qui lui avait permis de se montrer essentiel lors de ses premières saisons. Après « WZE » en 2024-2025, c’est donc au tour de Ruiz de se faire passer devant sur le terrain. Sauf que la blessure de Hakimi rebat largement les cartes et que voir Ruiz au milieu ressemble désormais à la solution la plus logique.

Logique car depuis son retour, il a été bon sur le terrain, déjà. Ensuite, parce qu’il a cette capacité à se démultiplier et à enchaîner les tâches, sans afficher ses lacunes physiques, de moins en moins criantes. Très bon dans son registre face au Bayern, il présente le profil parfait pour affronter Arsenal, qui risque d’imposer de longues séquences de possession au PSG. Il faudra alors piquer en contre, où l’Espagnol raffole de ballon en mode quarterback pour lancer les transitions rapides.

La triple menace

Passé les considérations autour de ce retour en grâce presque inespéré, le retour au premier plan de l’Andalou offre de sacrées options à son entraîneur. Le numéro 8 parisien sait tout faire, et surtout bien. Avec sa démarche de faux lent, l’ancien Napolitain est capable de prendre la profondeur de fort belle façon et attire les défenseurs à lui. L’un des exemples les plus marquants ? Pas plus loin que l’an dernier, en demi-finales… contre Arsenal. Sur le seul et unique but du match aller à l’Emirates, c’est sa course vers l’axe qui avait ouvert le chemin du but aux Parisiens. Khvicha Kvaratskhelia s’en était retrouvé avec le champ libre côté gauche, avant de servir Dembélé pour l’ouverture du score.

Ruiz court pour les autres et ça change tout. Ses déplacements, tantôt profonds, axiaux ou dans l’entrejeu, ouvrent des brèches et souvent des espaces dans le dos de la défense, qui ont aussi parfois tendance à l’oublier. Si bien que lorsqu’il est touché, il peut aussi ouvrir le jeu avec sa qualité de passe. Pour son retour comme titulaire sur la scène européenne en demi-finales retours face au Bayern, il ne lui a pas fallu deux minutes pour déclencher, en une touche, une passe parfaite pour le Géorgien, pour un quasi copié-collé du but inscrit un an plus tôt à Londres. Le genre de caviar qu’il a d’ailleurs pris l’habitude de distribuer sous les couleurs rouge et bleu et qu’il a beaucoup utilisé pour combiner avec Bradley Barcola et désormais Kvaratskhelia, avec des ballons de l’extérieur vers l’intérieur, mais toujours dans la profondeur.

Mais ce ne sont pas les seuls venins du père Ruiz. Encore face à Arsenal en 2025, lors du match retour, s’il a planté pour la première fois de sa carrière en Ligue des champions, l’Espagnol a surtout piqué depuis l’extérieur de la surface, un de ses péchés mignons. Si ses deux buts de la saison l’ont paradoxalement été depuis l’intérieur de la surface de réparation, il n’en reste pas moins une sacrée menace à distance. Face à un bloc londonien qui devrait protéger sa surface comme la prunelle de ses yeux, la capacité de frappe de l’Espagnol pourrait être un atout non négligeable pour forcer Arsenal à venir le chercher plus haut, et donc ouvrir des brèches dans son arrière-garde, au risque d’aller chercher le ballon au fond de ses filets. Voilà qui commence donc à faire beaucoup d’atouts dans la manche de Ruiz, de ceux qui permettent d’aborder une finale de Ligue des champions sans pression mais avec beaucoup de confiance. Il y a fort à parier que cette carte, Luis Enrique soit prêt à la dégainer.

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Par Julien Faure

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