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Ocampos, au bonheur d’Amsterdam

Par Adel Bentaha
Ocampos, au bonheur d’Amsterdam

Ce mercredi soir, les supporters de l’Ajax scruteront avec curiosité et joie la deuxième apparition de Lucas Ocampos sous leurs couleurs, face aux Rangers. L’occasion pour l’Argentin d’étaler une nouvelle fois sa puissance de feu sur les ailes et de montrer à ses détracteurs que le costume d’indispensable lui sied désormais à merveille.

Si la progression de Lucas Ocampos tenait en un seul qualificatif, la « fulgurance » en serait le maître mot. L’ailier aura en effet mis du temps avant de montrer son vrai visage, lui le déménageur et joueur tout terrain exposant désormais sa palette aux yeux de la Johan Cruyff Arena, antre du grand Ajax. La reconnaissance individuelle et légitime d’un garçon qui a su imposer son style, partout où il sera passé.

Apprendre à l’aimer

Et pourtant. Lorsqu’il pose ses valises à la Ciudad Deportiva Ramón Cisneros de Séville, le 3 juillet 2019, Ocampos sait le chemin qui reste encore à parcourir, avant d’atteindre une certaine plénitude. Débarqué en Europe très (trop) tôt, à seulement 18 ans, du côté de Monaco, où il regrettera notamment son manque d’attention envers les conseils de Claudio Ranieri, le gamin de River a ainsi dû attendre son arrivée à Marseille afin de se faire un nom. Désiré par Marcelo Bielsa, conscient de la modernité athlétique proposée par son compatriote, il affirme son jeu de couloir fait de courses à répétition et d’âpres duels avec les latéraux adverses. Précaire, le statut du Torito (le petit taureau, en VF) à l’OM s’évapore définitivement, au lendemain du départ surprise d’El Loco. Symbole des difficultés marseillaises version Míchel, l’Argentin perd peu à peu ses repères, régulièrement blessé, tâtonnant un football souvent brouillon et s’attirant les foudres du stade Vélodrome, un brin chambreur. Sa maladresse chronique face au but, son addiction au dribble de trop et sa gestuelle inélégante font de lui un bouc émissaire tout trouvé, pour des supporters ne pardonnant rien à celui que l’on voyait alors comme un incompris.

Le point de bascule arrive finalement, malgré le marasme individuel. Parti s’exiler, et pratiquer un football quelconque au Genoa à l’été 2016, puis dans un AC Milan encore malade à l’hiver suivant (38 matchs cumulés entre les deux clubs, trois buts inscrits), Lucas Ocampos retrouve à ce titre les grâces d’un entraîneur, Rudi Garcia en l’occurrence, lors de la saison 2017-2018. Celle de tous les exploits : «  Quand je suis revenu d’Italie, je ne savais pas si j’allais rester, le club non plus. J’ai fait une bonne préparation et le coach m’a dit qu’il comptait sur moi. J’ai voulu lui montrer qu’il ne s’était pas trompé. Il a été comme un père pour moi à ce moment-là, car il m’a toujours soutenu, même en dehors du football   » affirmait-il dans L’Équipe. Sous la protection de Rudi Garcia, Ocampos affirme de nouveau son impact physique, en dépit d’imprécision techniques, portant offensivement un OM convalescent. Un coffre favorisé par une hygiène de vie drastique, dont la nutrition a été peaufinée avec soin, du côté de Gênes. Pendant de Florian Thauvin à gauche, assistant de Dimitri Payet dans l’axe, et en soutien de Kostas Mitroglou ou Valère Germain en pointe, la puissance du Carrilero détonne, portée par un 4-3-3 idéal, et met (enfin) d’accord virages Nord et Sud. Point d’orgue de cette saison culminée à 53 rencontres (dont 41 comme titulaire), le parcours de champion réalisé en Ligue Europa, ponctué d’un doublé en huitièmes de finale contre l’Athletic Club et d’une prestation rayonnante face à Leipzig, en quarts.

Le style du taureau

Le tableau technique de l’Argentin s’étoffe, lui ouvrant donc la voie de l’Andalousie à l’été 2019. En Liga, cette mentalité « brute de décoffrage » , régulièrement raillée en France, se transforme effectivement en qualité première, permettant d’exploiter au mieux des dons physiques souvent jugés en inadéquation avec ce rôle de percuteur (1,87 m, 85 kilos). Aligné à gauche, en association avec Sergio Reguilón puis Marcos Acuña, ou à droite, en duo avec Jesús Navas et Gonzalo Montiel, Ocampos dessine également son intelligence de placement, déroutant les lignes adverses par ses initiatives et ses duels. Guère étonnant, pour cet assidu des performances d’Ivan Perišić. Des caractéristiques lui offrant les faveurs de Julen Lopetegui (17 réalisations dès sa première saison, notamment), puis celles de Lionel Scaloni, en équipe nationale, dans son 4-2-3-1 préférentiel. Car l’ « évolution Ocampos » tient, en partie, dans cette intégration express en équipe d’Argentine. Récompense ultime pour cet acharné de travail, venu contrebalancer l’esthétisme d’Ángel Di María ou de Lautaro Martínez, encore impensable deux ans auparavant.

Un ensemble complet, clé de son arrivée rocambolesque à l’Ajax cet été, en décalage volontaire avec l’esprit prôné par l’écurie amstellodamoise, tant dans le style que dans le profil. Adepte des petits gabarits sur les ailes (Hakim Ziyech, David Neres, Quincy Promes ou Antony) et de points de fixation sur le front de l’attaque (Klaas-Jan Huntelaar, Lassina Traoré, Sébastien Haller et désormais Florian Grillitsch), le board ajacide a ainsi choisi de miser sur un entre-deux, en enrôlant l’enfant de Quilmes. Un petit taureau par excellence, prêt à dégainer sa garra charrúa pour mettre la main dans le cambouis et à, éventuellement, endosser un rôle de soliste utile, au moment de sortir les siens du pétrin. Relégué en arrière-plan à ses débuts, Lucas Ocampos s’offre donc désormais le choix du roi, siglé d’une étiquette d’indispensable.

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