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Les défenseurs au cœur du PSG-Bayern  : un débat central

Par Julien Faure
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Les défenseurs au cœur du PSG-Bayern  : un débat central

Au terme d’une rencontre exceptionnelle où neuf buts ont été inscrits, la première intuition serait de dire que les défenses ont été débordées dans des proportions rarement atteintes à ce niveau de compétition. Pourtant, les perdants magnifiques de derrière ont autrement participé à une partition, où les fausses notes font partie du récital.

On a tous déjà entendu ce pote, un peu borné, un peu têtu, très compétitif. Celui qui lorsqu’il cale 3h au marathon, n’arrive pas à se satisfaire de ne pas être allé chercher les 2h50 en bout de course. Et puis, finalement, il relativise, réalise et accepte de se satisfaire de sa performance. Mardi soir au Parc des Princes, on pourrait parier tout notre argent qu’aucune des deux formations n’avait prévu d’aller autant récupérer le ballon au fond de ses buts, les défenseurs centraux encore moins.

Pourtant, il flottait dans l’air comme une forme de fatalité, mais aussi de satisfaction et d’admiration envers les quatre mecs de derrière. Pourquoi ? Parce qu’avec ce foot d’un autre genre, le central signe un nouveau pacte avec le jeu, il accepte parfois de perdre pied, d’être débordé, de sortir du carcan, d’étendre sa fonction et surtout, de briller tout en sachant qu’il ne pourra pas tout nettoyer.

Personne n’est parfait

On aurait pu faire la même chose l’an dernier pour Inter-Barça. Lorsqu’une pluie de buts avait déjà illuminé une double confrontation du dernier carré. Mais finalement, n’en était sorti que Gérard Martin, homme normal dans le paranormal. Cette fois-ci, ce ne sont pas des joueurs normaux dont on parle. D’emblée, excusons-nous auprès de Nuno Mendes, Achraf Hakimi, Josip Stanišić, Alphonso Davies ou Konrad Laimer, à la débauche d’énergie folle.

Il faut ici s’intéresser au fabulous four des centraux. Dayot Upamecano, Jonathan Tah, Willian Pacho et Marquinhos auront certainement un petit arrière-goût amer en bouche à l’heure de se remémorer cette inoubliable partie. D’autant qu’ils n’y ont pas tout réussi. S’ils sont repartis avec la victoire, on pourrait même dire que les deux Parisiens sont ceux qui ont le plus tangué au Parc. Bien que propres dans les duels aériens, l’Équatorien et le Brésilien cumulent ainsi un vilain 5/16 dans les duels, un carton jaune pour Marquinhos, encore terrorisé par Luis Díaz, et un penalty pour Pacho, inhabituellement paniqué.

De l’autre côté, les chiffres sont plus clinquants, avec 5 duels gagnés sur 8 cumulés et un Upamecano en maître intercepteur (3) et tacleur (3/3). Surtout, dans une rencontre d’une telle intensité, le Français et son compère allemand se sont signalés avec… aucune faute sifflée à leur encontre. L’international tricolore a pourtant eu chaud quand son pied a cogné contre celui de Khvicha Kvaratskhelia, lancé vers le but en pleine surface, quand Tah a eu beaucoup de mal à gérer les dézonages incessants. Pris à revers comme rarement, à l’image de son équipe, qui aura concédé un but sur chacun des tirs cadrés adverses, le Bayern et ses centraux n’ont pas su éteindre les feux malgré leur prévention.

Marquage total

Dans un match où le marquage individuel s’est étendu à l’intégralité du rectangle vert, nos amis les centraux se sont aventurés aux quatre coins du terrain. Pacho a dû s’éloigner bien loin de sa surface pour titiller un Harry Kane voltigeur, Marquinhos s’est exilé sur les côtés pour chercher à attraper Díaz, à l’image d’Upamecano sur Kvaratskhelia ou de Tah, qui alternait entre Désiré Doué et Ousmane Dembélé. Partout, mais surtout pas agrippés à leur surface de réparation, épuisés par le pressing incessant de tous les attaquants, eux qui ont souvent l’habitude de préparer tranquillement la relance vers le bas contre des oppositions qui les craignent, les costauds ont dû faire preuve d’une concentration extrême pendant 90 minutes.

Au point de craquer parfois, il est vrai. Mais aussi d’empêcher le tableau d’affichage d’afficher des proportions encore inconnues. Chacun leur tour, les centraux ont sauvé leur équipe, de sorte à rehausser la copie, avant de retomber dans l’oubli de l’avalanche de buts. Que se serait-il passé si Marquinhos n’avait pas viré la gonfle d’Olise de la ligne juste après l’ouverture du score ? Quel serait l’état d’esprit parisien si Pacho n’avait pas sorti la dernière tête de Joshua Kimmich sur l’ultime occasion bavaroise dans un sauvetage qui rappelle Birmingham ? Le Bayern se serait-il relevé si Dayot Upamecano n’avait pas lâché une course monstrueuse de vitesse et d’intimidation devant Dembélé, parti seul au but pour le 3-1, ou s’il n’avait pas lui-même inscrit le but du 5-3 ? De son côté, le but sur corner de João Neves ferait presque oublier le bout du pied décisif de Tah devant l’équilibriste Doué.

Good defense, better offense

Biberonné à un football rugueux et d’un autre temps dans le nord de l’Angleterre, Jamie Carragher lui-même s’est attelé à défendre ses confrères sur le plateau de CBS : « D’habitude devant un match comme ça, je me dis que la défense n’a pas été assez bonne ou que ça n’a pas été dans les standards nécessaires. Mais il faut dire que chaque attaque sur le terrain, c’était un 8 ou 9 sur 10. »

Quand vous regardez les centraux, jouer au milieu, en attaque, sortir au loin défendre sur des ailiers, il faut leur donner du crédit.

Harry Kane, admiratif

Effectivement, que pouvait faire Jonathan Tah devant Désiré Doué, qui enchaîne feinte de passe du pied gauche puis extérieur du pied droit dans la même foulée pour servir Dembélé sur le but du 5-2 ? Comme disent les Américains, « good defense, better offense » (bonne défense, meilleure attaque). C’est même à se demander si ce football total, rempli de duels en un contre un, ne suit pas la même trajectoire que la NBA, plus tournée vers l’offensive que jamais. Un débat pour plus tard certainement.

Reste que Harry Kane, tortionnaire des uns, serviteurs des autres ne voyait pas d’autre lecture à ce match lui non plus au micro de Prime Video UK. « Même s’il y a eu neuf buts, je pense que la défense a été incroyable dans le match, a ainsi balancé l’Anglais. Il y a eu beaucoup de duels en un contre un. […]  Quand vous regardez les centraux, jouer au milieu, en attaque, sortir au loin défendre sur des ailiers, il faut leur donner du crédit, parce que c’est un travail super dur et c’était remarquable aujourd’hui. » Un dernier pour la route ? Même Vincent Kompany, illustre central s’il en est et frustré d’en avoir pris cinq, a tenu à souligner les « bonnes défenses » du soir.

Le poste de défenseur central a peut-être pris un coup de bambou ce mardi soir, où l’exigence physique et la vitesse auront été indispensables au poste. À respectivement 30 et bientôt 32 ans, Tah et Marquinhos vont certainement mettre plus de temps à se remettre d’un tel match que les deux autres. Leurs corps, usés, pourraient bien avoir besoin d’être plongés dans du riz, comme on y cale un téléphone qui a pris l’eau. Après le match, les principaux concernés avaient déjà oublié qu’ils venaient de passer proche de la baignade pendant une heure. Quand Marquinhos parlait d’un « vrai plaisir » sur le terrain, Tah affichait lui une « confiance totale » avant le retour. Quand on a pris respectivement 4 et 5 buts, on s’attend à d’autres types de déclas. Sauf que voilà, le foot, il a changé.

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Par Julien Faure

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