S’abonner au mag
  • France
  • Stade brestois 29

Brest, fauché comme Le Blé

Par Nicolas Kssis-Martov

La belle histoire du Stade brestois 29, potentiellement européen, risque d’avoir un goût amer pour les supporters. L’UEFA n’a en effet pas donné l’autorisation pour que le club breton évolue dans son enceinte, du moins avec sa configuration actuelle. Énième illustration que les considérations économiques l’emportent désormais sur tout le reste.

Brest, fauché comme Le Blé

Brest est la sensation de cette saison, même si ses derniers résultats et son prévisible coup de mou vont peut-être le priver de la Ligue des champions dans le sprint final, avec néanmoins la perspective quasi assurée d’une Europa, voire d’une Conférence au pire. La modestie respectable de son palmarès et de son histoire dessine clairement un joli conte de fées de l’invité surprise sur la scène européenne, davantage que Lens l’an dernier. La France aime tellement ce type de profil et de narration, entre soucis d’égalité et lutte des petits contre les gros. Dans une Ligue 1 écrasée par le monstre financier qu’est le PSG, cette éclaircie venue du bout du monde, dans un breizh football généralement écartelé entre Rennes ou Nantes, a suscité beaucoup de sympathie, un vieux fond de romantisme et une infinie bienveillance.

L’UEFA est venue, en toute cohérence, doucher les illusions égalitaires. Pour cette multinationale du ballon rond, la dimension culturelle sociale ou même strictement sportive importe peu. En effet, selon les informations de L’Équipe, l’instance, qui avait visité le stade Francis-Le Blé, a appliqué strictement son règlement. Son charme d’antan qui avait séduit les chefs déco du film Les Seigneurs, ses immeubles donnant une vue imprenable sur la pelouse, ses virages à l’anglaise ne sont visiblement pas au goût des décideurs de Nyon. En résumé, soit le président Denis Le Saint trouve une autre enceinte habilitée pour accueillir ses rencontres (Rennes, Guingamp, Nantes ont été évoqués), soit il faudra réduire la voilure à 5000 places, autrement dit priver une grande partie des supporters et des habitants du coin de la joie de voir évoluer les grands noms d’Europe à domicile.

Le tout sécuritaire de l’UEFA

L’argument s’avère sur le papier imparable : la sécurité. L’UEFA refuse les tribunes dites tubulaires, qui représentent les trois quarts de la capacité (15 000 places) de Francis-Le Blé. Ces infrastructures démontables étaient entrées tristement dans l’histoire lors du drame de Furiani en 1992, surtout en raison d’une survente de billets et de l’entassement du double de spectateurs normalement prévus. Aujourd’hui très réglementée, cette solution permet à de nombreux clubs de Ligue 2, voire de National, aux comptes fragiles, d’augmenter leur billetterie à moindres frais (le siège coûte cinq fois moins cher). Le SB29 répond par sa taille économique et ses habituelles performances sportives à ces contraintes. L’UEFA a de son côté d’autres contraintes. Elle met en avant son angoisse du drame humain qui pourrait ternir l’image de ses compétitions et elle vit dans la hantise de la gestion des « fans » (fumis, jet d’objets, etc.). La réalité très pragmatique d’un club qui vit avec 48 millions de budget se fracasse sur la logique de la C1 en 2024. Il n’a absolument aucune raison ni même droit, selon les préceptes de l’UEFA, d’y apparaître. À défaut de pouvoir l’en exclure, pour le moment, il lui sera rappelé quelle est sa place à la table des hautes instances, si possible dans l’arrière-cour.

Il serait néanmoins erroné de résumer cette problématique à l’échelle du Vieux Continent. Le Red Star, qui remonte en Ligue 2, avait dû par le passé s’exiler à Beauvais pour évoluer à ce niveau, son mythique Bauer ne répondant pas aux exigences de la LFP (ce qui est désormais possible après d’onéreux travaux). On se souvient également de Luzenac qui ne put accéder également à l’échelon supérieur, faute d’une « maison » aux normes. Le foot n’est plus seulement un sport. Une expression telle que « seule la vérité du terrain compte » perd de plus en plus de son sens. C’est un spectacle, et l’UEFA ne partage pas notre affection pour le foot d’antan.

À 35 ans, Paul Lasne met un point final à sa carrière de footballeur

Par Nicolas Kssis-Martov

À lire aussi
Articles en tendances
30
Revivez la finale Atalanta-Leverkusen  (3-0)
  • C3
  • Finale
  • Atalanta-Leverkusen
Revivez la finale Atalanta-Leverkusen (3-0)

Revivez la finale Atalanta-Leverkusen (3-0)

Revivez la finale Atalanta-Leverkusen (3-0)
12
Revivez Olympique Lyonnais - PSG (1-2)
  • Coupe de France
  • Finale
  • Lyon-PSG
Revivez Olympique Lyonnais - PSG (1-2)

Revivez Olympique Lyonnais - PSG (1-2)

Revivez Olympique Lyonnais - PSG (1-2)
Logo de l'équipe Atalanta
Lookman au triple galop
  • C3
  • Finale
  • Atalanta-Bayer Leverkusen (3-0)
Lookman au triple galop

Lookman au triple galop

Lookman au triple galop

Votre avis sur cet article

Les avis de nos lecteurs:

Dernières actus

12
Revivez Olympique Lyonnais - PSG (1-2)
Revivez Olympique Lyonnais - PSG (1-2)

Revivez Olympique Lyonnais - PSG (1-2)

Revivez Olympique Lyonnais - PSG (1-2)

Nos partenaires

  • Vietnam: le label d'H-BURNS, Phararon de Winter, 51 Black Super, Kakkmaddafakka...
  • #Trashtalk: les vrais coulisses de la NBA.
  • Maillots, équipement, lifestyle - Degaine.
  • Magazine trimestriel de Mode, Culture et Société pour les vrais parents sur les vrais enfants.
  • Pronostic Foot 100% Gratuits ! + de 100 Matchs analysés / semaine

Actus C1

Ligue Europa

30
Revivez la finale Atalanta-Leverkusen  (3-0)
Revivez la finale Atalanta-Leverkusen (3-0)

Revivez la finale Atalanta-Leverkusen (3-0)

Revivez la finale Atalanta-Leverkusen (3-0)

Brest

France