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Le PSG est le chouchou des arbitres, vraiment ?

Depuis le retour à Munich, on entend et voit partout des appels au scandale, comme quoi le Paris Saint-Germain serait avantagé par l’arbitrage. Mais qu’en est-il vraiment ? Pourquoi est-ce que la pièce tomberait du bon côté pour les "grandes équipes" ?
« L’arbitre portugais sait très bien qu’il joue sa carrière sur le match », pose Saïd Ennjimi, ancien arbitre de Ligue 1 et aujourd’hui consultant pour L’Équipe TV. Avec cette victoire face au Bayern Munich, le printemps européen du Paris Saint-Germain est une réussite, place à la finale. Mais ce succès, entaché par des « erreurs » arbitrales pour certains, des broutilles pour d’autres, des fameuses « zones grises », pourrait coûter cher à João Pinheiro, l’homme au sifflet de la rencontre qui officiait son 15e match de C1. « Le Bayern joue sa saison sur un match, mais, pour l’arbitre, c’est une carrière qui est en jeu. Soit tu rebondis après parce que tout le monde salue ta prestation, soit tu passes à travers et on n’est pas près de te revoir à un tel niveau. » Pas certain que le Bayern Munich pousse pour son retour.
Jeu de main, jeu de…
Konrad Laimer chope un cuir rebondissant et voit son coéquipier partir en profondeur dans le dos de Nuno Mendes. L’Autrichien lâche la balle, mais le bras du Portugais stoppe le ballon. Carton jaune pour Mendes ? Deuxième jaune pour Mendes, averti plus tôt, surtout ! Les Bavarois s’empressent de le faire savoir à Monsieur Pinheiro. Côté parisien, personne ne bronche, le calme règne. Finalement, l’arbitre indique que Laimer avait également touché la balle de la main : remise en jeu pour Paris.
Ça me fume parceque avant la main de Mendes il a même la posture de quelqu’un qui siffle main pour Bayern même les joueurs parisien à deux mètres ne demandent rien pic.twitter.com/121imn88hP
— M (@mcisse712) May 6, 2026
De quoi encore plus exciter le Bayern, ce qui, selon Ennjimi, aurait encore plus influencé les futures décisions arbitrales : « L’arbitre reste un homme. Donc, quand il est contesté en permanence, ça ne joue pas en faveur de l’équipe contestataire. Je ne suis pas devin, je ne suis pas Madame Soleil, mais j’ai l’intime conviction que le bon comportement des joueurs du PSG leur est favorable. Ce n’est pas une question de faveurs mais plutôt de bon comportement, d’une équipe qui se tient bien. Est-ce que quand tu contestes, tu obtiens ce que tu veux ? Non. » À ne pas dire à des manifestants…
La loi du plus fort
En Ligue 1, même complot : le Paris Saint-Germain serait le chouchou des arbitres, on ne pourrait pas les toucher, bla-bla-bla… Oui, Paris est l’équipe qui s’est pris le moins de cartons jaunes cette saison (34, le second est Angers avec 48), mais, si on suit le raisonnement de Madame Soleil (enfin… d’Ennjimi), c’est aussi parce que le PSG joue au gendre parfait. Et puis, cette hiérarchie de cartons s’appelle « le classement du fair-play », ce n’est peut-être pas pour rien. Contester, Paris n’en a pas besoin, explique Bruno Derrien, arbitre aux 152 rencontres de Ligue 1 (et une de Coupe Intertoto entre le Deportivo La Corogne et le Budućnost Podgorica, tout de même !) : « Le PSG est tellement fort dans son jeu, domine tellement ses adversaires, qu’il n’a pas besoin de râler sur l’arbitre. »
Les gros sont avantagés, on connaît la musique. « On disait pareil pour Marseille et Lyon quand ils gagnaient à l’époque », démystifie Derrien. Paris est tellement gros, écrase si fort le championnat, que les 17 autres équipes sont minuscules à côté. En exposant les richesses des clubs de Ligue 1, L’Équipe expliquait qu’« à lui seul, le club de la capitale a un budget plus élevé que les cinq autres clubs les plus riches du championnat réunis… ou que les 13 clubs les moins riches ». Les David contre Goliath.
Il serait dangereux pour un arbitre de favoriser le gros contre le petit. Très souvent, le contexte global apprécie la petite équipe.
Si le PSG est le grand, appelons les autres les petits, alors. Moins blessant que « minuscule », mais tout comme, honnêtement. Comme au cinéma, ce que le public aime, ce sont les underdogs, ceux qui tuent le géant, renversent le pouvoir. Alors on les soutient. « Il serait dangereux pour un arbitre de favoriser le gros contre le petit, commence Ennjimi. Très souvent, le contexte global apprécie la petite équipe. Par exemple, en Coupe de France, le petit Poucet, le public et les médias le soutiennent. » Alors, on en viendrait à espérer de la clémence envers ces petits et, dans le cas contraire, « honte aux arbitres » ! Ne voulait-on pas un arbitrage clean ?

Faire pression sur l’homme aux cartes, tout le monde le fait. Que ce soit les médias, les clubs, les stades. Mais l’arbitre ne doit pas se laisser avoir. « Quand t’es arbitre de haut niveau, il faut résister à toute sorte de pression, ou alors tu t’en sors pas », détermine Derrien. Pour devenir arbitre, il faut faire le dos rond et être déter’, mine de rien… « Dans tous les stades, il y a une grosse ambiance, partout ! Après, les arbitres restent des hommes… Mais au plus haut niveau, il faut gérer la pression. Sinon, il faut vite changer de boulot. » Un travail qui, en cas de trop forte suspicion d’avantage donné, « s’arrête immédiatement », affirme Ennjimi qui donne les principaux objectifs d’un arbitre : « Plutôt que d’avantager une équipe ou non, l’arbitre va surtout faire en sorte qu’on ne parle pas de lui après le match. » Pour João Pinheiro, c’est raté.
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